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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 31 août 2007
Sa note : 9/20

LINE UP

-Dave Battaglia
(chant+guitare)

-Lorenzo Fugazza
(guitare)

-Antonio Ceresoli
(basse)

-Giulio Gasperini
(claviers)

-Manuel Togni
(batterie)

TRACKLIST

1)The Fallen
2)Unfaithful
3)Depths
4)Mother Of All Nightmares
5)In Tenebra
6)The Fallen (Native Lyrics)
7)Acid Tears

DISCOGRAPHIE

In Tenebra (2007)

Aleph - In Tenebra
(2007) - doom metal thrash metal - Label : Fuel Records



Evidemment, les stéréotypes, ça n’est pas beau. Pourtant, tout le monde en joue et aime ça. Alors quand on dit que Aleph est un groupe italien, il ne peut naître dans l’esprit du lecteur que des images de westerns spaghettis, de groupes de metal symphonique au nom brûlant et une quantité assez incroyables de pizzas différentes. Et quand on sait que Aleph est un groupe de dark/doom progressif, on ne peut que tâcher de concilier les deux images : le stéréotype évoqué plus haut auquel on mêle celui du cliché du groupe de doom/gothique tout de noir vêtu, à l’expression faciale qui donne envie de se suicider et véhiculant son lot d’imagerie nocturne, comportant loups, chauve-souris et tout le toutim. Essayez de mélanger les deux, vous verrez, c’est rigolo – et un poil déstabilisant.

Mais Aleph joue plus sur son côté sombre que sur son côté ravioli al dente, il n’y a qu’à voir la pochette et le titre (In Tenebra) pour s’en convaincre. Et pour les sceptiques, écoutez les premières notes de piano en guise d’introduction du premier titre, "The Fallen". Tout de suite, on pense à Anathema et on se dit que bah, si le groupe se contente de repomper avec un minimum de saveur le groupe des frangins Cavanagh, on peut peut-être en tirer quelque chose. Malheureusement, le groupe est atteint d’un mal incurable, redouté de tout musicien qui le fuit comme la peste : l’inspiration. Et plus précisément, le trop plein d’inspiration, ce qui est parfois fatal à la cohésion d’un album.

C’est donc avec une certaine moue de désinvolture qu’on parcourt les sept titres de ce In Tenebra. On a un premier titre qui sonne comme un mélange entre Anathema et Ancient pour la deuxième partie de la chanson. Pour le second, on tire vers le heavy metal technique, toujours sombre, mais accompagné de la voix médiocre de Dave Battaglia, entre hurlement et chuchotement, qui irrite l’oreille au bout de quelques minutes. "Depth", la plage suivante, fait une incursion progressive à grosse saveur d’Opeth, alternance de passages acoustiques un peu planants avec cette fois un chant plus traditionnel mais pas tellement plus réussi. Puis avec "Mother Of all Nightmares", on pense vaguement – entre autre - à Opera IX dans l’ambiance malsaine mise un peu vainement en place et dans les vocaux déchirés.

Déjà quatre titres de passés (dont trois de quasi dix minutes) et l’auditeur ne sait toujours pas trop à quel Saint (ou Démon) se vouer. Une seule chose reste constante, une indéniable technique des musiciens qui relève le niveau globale de l’œuvre, avec des passages qui rappellent Dream Theater, surtout au niveau de la batterie. Mais rien n’y fait, la sensation d’avoir affaire à une espèce d’ersatz d’Opeth qui se serait un peu éparpillé demeure. Le titre "In tenebra", qui se veut conceptuel (guitare/piano/chuchotis) tombe lui aussi à plat de part son côté théâtral vraiment surfait. On assiste ensuite à une reprise de la chanson d’ouverture avec les paroles d’origine (quel intérêt ?) et le dernier titre, "Acid Tears", tire vers le thrash et fait même penser vaguement à Slayer avec un peu d’orgue et une petite ambiance black-metaleuse.


Si on résume, on peut donc citer comme influences Anathema, Opeth, Dream Theater, Slayer, et j’en passe. Dit comme ça, ça a l’air alléchant, mais finalement on se retrouve avec un album trop disparate, incohérent et accompagné d’un chanteur parfois moyen, souvent médiocre, qui n’aide pas la musique d’Aleph à décoller. C’est fort dommage, le talent technique est bel est bien là comme le prouvent à de nombreuses reprises les guitares et la batterie, mais les compositions manquent de tenue. Ecouter cet album, c’est un peu comme, lors d’un dîner, se retrouver en face d’une jolie fille, attirante et élégante, mais qui se comporte comme une sagouin, qui bouffe comme un porc, qui rote et qui rie comme un camionneur : on ne sait pas trop ce qu’on a envie de faire avec elle.


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