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CHRONIQUE PAR ...

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Moumou le hibou
Cette chronique a été mise en ligne le 15 octobre 2012
Sa note : 17.5/20

LINE UP

- Mikko Kotamaki
(chant)

- Markus Jamsen
(guitare)

- Juha Raivio
(guitare)

- Aleksi Munter
(claviers)

- Matti Honkonen
(basse)

- Kai Hahto
(batterie)

TRACKLIST

1) Emerald Forest And The Blackbird
2) This Cut Is The Deepest
3) Hate, Lead The Way
4) Cathedral Walls
5) Hearts Wide Shut
6) Silent Towers
7) Labyrinth Of London (Horror Pt. IV)
8) Of Death And Corruption
9) April 14th
10) Night Will Forgive Us

DISCOGRAPHIE


Swallow The Sun - Emerald Forest and the Blackbird



Un album de Swallow the Sun, c'est un peu comme ce bon vieux pull tricoté par sa mamie, un objet incontournable quand le froid fait son retour. L'originalité n'est pas de mise mais le réconfort qu'il procure permet de traverser plus facilement ces temps où la goutte au nez coule sur les mouchoirs comme les feuilles s'échouent sur le sol (poésie quand tu nous tiens). Alors qu'en est-il de cette offrande? Compagnon idéal de fin d'année ou accessoire démodé?

Les Finlandais ne semblent pas souffrir du manque d'inspiration et proposent ce qu'ils savent faire de mieux sur cette galette. Certes, on ne constate que peu de changement par rapport au précédent opus (le très bon New Moon de 2009), si ce n'est une légère accentuation du côté atmosphérique de leur musique ; cependant, une très grande qualité est au rendez-vous. Le groupe nous livre des compositions émotionnellement riches et très imagées où l'on s'imagine aisément  se perdre sur les sentiers de cette forêt d'émeraude, royaume de l'oiseau noir (rien à voir avec l'aigle de la chanson de Barbara). Dans ce climat forestier (à part sur "Labyrinth of London" qui nous emmène dans le Londres de l'époque victorienne), l'auditeur vagabonde au gré des mélodies tour à tour menaçantes, mélancoliques et même contemplatives par instants. La force de Swallow the Sun réside dans la création d'ambiances sincères et ce sans esbroufe. La sobriété ne fait que rendre plus pures les émotions délivrées.
Musicalement parlant cela se résume à des passages limite ambients contrebalancés par des assauts pachydermiques typiquement doom / death. Parfois cela vire même au black symphonique comme sur le titre "Hate, Lead the Way!" où le groupe irait presque jusqu'à tutoyer les géants norvégiens que sont Emperor. Les instruments accouchent de mélodies et rythmiques de haut vol (même la basse est tout à fait audible, ce qui se fait de plus en plus rare dans ce style) dépeignant avec classe des paysages brumeux, mystérieux, et ce en grande partie grâce à l'omniprésence des claviers (discrets mais remarquablement bien utilisés) et les arpèges de guitare. La batterie n'est pas en reste et déploie un jeu varié, elle est capable de jouer lentement comme de distribuer les coups à la manière de Jésus distribuant les pains en son temps. Les vocaux extrêmes quant à eux impressionnent et sont parmi les meilleurs à l'heure actuelle, que ce soit le growl imposant (le passage de 3"40 à 4"54 sur "Cathedral Walls" qui nous souffle littéralement) ou les hurlements black déchirants (la seconde partie du monstrueux titre éponyme, "Hate, Lead the Way !"), le chant clair est lui simplement touchant.


Au final voici un grand album qui, sans apporter de réelles innovations, réussit à sublimer un genre où les émotions sont à l'honneur. Apparemment on n'est pas prêt de se séparer du tricot de sa grand mère pas plus que de ces Finlandais pour supporter ces deux belles saisons que sont l'automne et l'hiver.


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