5481

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 15 octobre 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Connor Garritty
(chant)

-Brian Harrah
(guitare)

-Craw NeQuent
(guitare)

-Nick Diltz
(basse)

-Skylar Feigel
(batterie)

TRACKLIST

1) Deep Creek
2) When the Sky Falls
3) Suicide Woods
4) The Weak and Wounded (Prelude to Flames)
5) After the Great Fire
6) Bloodguilt
7) The Art of Mourning
8) I Am Wendigod
9) Axe Murder Hollow
10) Ruby Ridge (Every Knee Shall Bow)
11) Judas Cradle

DISCOGRAPHIE


All Hail The Yeti - All Hail The Yeti
(2012) - stoner metalcore - Label : AFM Records



En bon lecteur de Tintin, j’ai toujours cru que le Yéti vivait au Tibet et passait son temps à dormir dans sa caverne, se faire apercevoir de temps en temps au milieu d’une tempête et aller emmerder les moines tibétains. Que s’est-il passé ? A-t-il voulu protester contre l’occupation chinoise ou a-t-il anticipé le changement climatique ? Toujours est-il que le monstre a fait ses valises et est allé s’installer chez l’oncle Sam, en Californie exactement. C’est la seule manière que j’ai d’expliquer que les gars de All Hail The Yeti aient choisi ce nom pour leur groupe parce qu’on ne peut pas dire que leur musique est faite de trompes et de psalmodies rappelant les mantras des correligionaires du Dalaï Lama. Non, le Yéti s’est acheté une maison à Mulholland Drive et a payé des musicos pour qu’ils lui jouent un mélange metalcore et de stoner. Ces derniers s'acquittent plutôt bien de leur tâche d’ailleurs.

Le début de l’album est pourtant un peu insipide : les trois premiers titres ont l’unique mérite d’expliquer à l’auditeur de quoi va être fait cet album, à savoir de gros métal plombé, oscillant entre violence purement core avec ses cris de haine d’usage ("Deep Creek", "Suicide Woods") , et ambiances orientées rock pesant, comme on peut en trouver chez les Baroness, Mastodon et compagnie ("When the Sky Falls"), rock agrémenté de vocaux plus sages et harmonieux. Les riffs et les mélodies proposés sur le début de l’album, sans être nuls, restent assez passe-partout et il faut attendre "After the Great Fire" (et son intro inspirée du film Session 9) pour comprendre que All Hail the Yeti n’est pas le énième groupe à tenter de surfer sur la vague des genres en vogue actuellement. Plus mélodique, proche de ce qu’on pourrait appeler une ballade, même si le groupe envoie du lourd sur la fin du morceau, ce titre allie la puissance inhérente de ce genre de formations avec la finesse de beaux chœurs enfantins.
A partir de ce moment, les morceaux se font bien plus intéressants, la variété de rythmes offerts devient séduisante (le sudiste "The Art of Mourning" et "I Am Wendigod" comportent même des passages en blast contrastant joliment avec la lourdeur générale de l’album) et les alternances entre les hurlements et un chant qui n’aurait pas dépareillé sur des albums de Pearl Jam ou Alice in Chains (sur "I Am Wendigod" en particulier) carrément convaincantes. Le groupe se permet même d’utiliser sur  "Judas Cradle", morceau aussi réussi et mélodique que "After the Great Fire", des claviers aux tonalités légèrement inquiétantes dans un style très Marilyn Manson . On retiendra également comme moment fort de l’oeuvre, le punchy et heavy "Bloodguilt" où les deux types de voix dialoguent sur fond de gros riffs bien savoureux. Tout n’est pas parfait sur cette seconde partie d’album : le heavy "Axe Murder Holow" n’est pas exaltant et on regrettera également que "Ruby Ridge" et ses sonorités type orgue Hammond n’ait pas été plus développé, mais tout de même, All Hail the Yeti arrive à convaincre l’auditoire de ses qualités.


Le premier album des admirateurs de la grosse bebête poilue est globalement à ranger dans la catégorie des réussites, malgré un début poussif et quelques baisses ponctuelles de tension. Les Ricains savent varier leur propos et composer des titres bien souvent accrocheurs. Les inconditionnels de grosses rythmiques metalcore qui décapent sur fond de stoner et de wock and woll peuvent se mettre tranquillement All Hail the Yeti dans les esgourdes, il devrait leur convenir. Les autres membres du peuple métal pourront également se laisser séduire par ce mélange dur à cuire / gros ours au coeur tendre, s’ils savent faire preuve de l’indulgence requise pour un groupe qui vient de sortir son premier album. Si nos artistes savent se montrer plus constants et continuent à faire preuve de ces mêmes aptitudes à composer du lourd et catchy à la fois, un bel avenir leur semble promis.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4