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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 08 octobre 2012
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Josh Middleton
(guitare + chant)

-Alex Bailey
(guitare)

-Carl Parnell
(basse)

-Rob Callard
(batterie)

TRACKLIST

1) Out from Below
2) Fear the World
3) What Dwells Within
4) Behind the Sun
5) The River
6) Monolith
7) Paradox
8) A Dying Vine
9) All Is Not Well
10) Born Anew
11) Enshrined

DISCOGRAPHIE


Sylosis - Monolith



Puisqu'il le faut, allons-y : j'avais presque peur d'écouter cet album, tant la précédente livraison de Sylosis m'avait marqué. Je n'ai pas été le seul, à voir les réactions dithyrambiques engendrées par Edge Of The Earth après sa sortie, à trouver dans ce groupe LE lien quasi-parfait entre metal à l'ancienne et metal moderne. Edge Of The Earth était un album monstre, rempli plus haut que le bord d'excellents morceaux, entouré d'une aura particulière, et imprégné d'une maturité technique et d'un niveau de composition assez bluffant pour un groupe si jeune. Et donc aujourd'hui, Sylosis est clairement devenu un groupe qui compte, le genre de groupe dont les sorties sont scrutées.

L'occurrence de ce troisième opus fut longue pour le fan (alors qu'objectivement, il ne s'est écoulé qu'un an et demi entre les deux sorties, ce qui est finalement assez court quand on voit la durée des deux gros bébés, plus de 75 minutes chacun), mais quel plaisir de l'avoir enfin entre les mains ! Restait alors l'angoisse (« est-ce que ce sera aussi bon? Nan, pas possible... », « putain pitié, gods of holy metôl, faites que ce soit pas une purge ») et la quasi-certitude d'être déçu, à un moment ou à un autre, par ce Monolith. Conséquemment, on ne partait pas dans les meilleures dispositions pour l'écoute et c'est un peu regrettable, mais la barre avait été placée tellement haut (une écoute de "Empyreal" ou de " From The Edge Of The Earth" devrait suffire à vous convaincre) qu'il valait mieux s'attendre à peu et être, à nouveau, soufflé par la puissance de la bande à Josh plutôt que d'espérer le chef d’œuvre de la décennie et se sentir tout déçu de les voir rentrer dans le rang. Qu'on se le dise, Sylosis ne rentrera point dans le rang. Ce Monolith est d'une cohérence magnifique avec son grand frère, reprenant les choses là où elles avaient été laissées, l'expérience du genre en plus. On a donc le droit à une véritable masterclass thrash death mélo sur cette nouvelle galette, encore une fois bardée de morceaux de bravoure, mais sans nul doute un poil plus maîtrisée et variée que son imposant aîné.
Le défaut majeur de Sylosis reste le même que sur Edge : une sacrée tendance à l'éparpillement, puisque Monolith est un album qui porte très bien son nom, soit un foutu gros pavé rempli de morceaux de 6 bonnes minutes en moyenne, dont tous n'accrochent pas autant que les quelques tubes du skeud ("A Dying Vine", "Born Anew"), rendant parfois difficile une écoute attentive d'un seul trait. Tant de riffs, tant de plans, tant de ponts, parfois ça fatigue un peu : un album très exigeant donc. Pour le reste, difficile de laisser passer le lynchage assez général auquel se livrent certains confrères chroniqueurs sur la soi disant indigence vocale de Middleton. Ici, on a envie de répondre que tout est question de style : le bonhomme use d'une voix typique du genre hardcore / metalcore / deathcore, ça plaît ou pas, ça surprend sans doute vu la musique pratiquée, mais dans le style en question il s'en sort parfaitement bien, véhiculant une hargne de tous les instants, tenant la note comme il faut, plaçant très bien sa voix. Alors oui, ça hurle, ça gueule, c'est assez peu nuancé, mais c'est justement en cela, et pas uniquement grâce à ses compos, que Sylosis est un groupe moderne ne se contentant pas de remettre les pieds dans le plat « revival thrash / voix nasillarde / chant aigu crié / hurlé ». Peut-être que le bonhomme rêverait de chanter comme Hetfield et qu'il ne le peut pas, eh bien en l'espèce c'est tant mieux, la solution palliative qu'il a trouvée est excellente.
Pour le reste, le niveau est toujours aussi élevé, même si ce fut un petit crève-cœur que de ne pas retrouver un morceau de la tenue impériale d'un "Empyreal". Si "A Dying Vine", "What Dwells Within" ou encore l'imposante "Enshrined" s'en sortent très, très bien, elles ne parviennent pas assez souvent à atteindre le niveau d'excellence proposé sur Edge. C'est là le second et dernier défaut de cette livraison des gars de Reading : tout marche un petit peu moins bien, et un peu moins immédiatement, que sur Edge, puisque l'effet de surprise est passé. L'usine à riffs de malade tourne toujours à plein régime ("Out From Below", opener parfait, ou "What Dwells Within" et sa concentration de plans géniaux à tous les stades du morceau, notamment dès l'intro), mais elle fait parfois un peu plus difficilement mouche. La section rythmique fait toujours son taff, un très bon taff, mais sans plus, et autant sur le dernier on s'en foutait complètement, autant sur celui-ci il eut été judicieux de les voir prendre un peu plus de risques, surtout avec un beau mix comme celui-ci.


Que dire de plus, si ce n'est une dernière fois saluer le niveau technique bluffant de la paire de six-cordistes, et surtout du désormais bien connu Josh Middleton, lequel se pose définitivement comme un gars dont il serait assez judicieux de suivre l'évolution avec un œil attentif. Le garçon pourrait bien vite devenir un grand nom du genre, d'autant qu'il n'est pas sans rappeler une version plus bourrin et barbue de Matthew K. Heafy (Trivium, devenu un gros poisson sur un créneau assez comparable). Bref, à défaut de dépasser toutes les attentes, Sylosis enfonce le clou avec un album de haute tenue qui ne devrait laisser aucun fan sur sa faim. On attend la suite avec impatience.


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