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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 07 octobre 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Laurent Chaulet
(chant + guitare)

-Stéphane Peudupin
(guitare)

-Sébastien Pierre
(claviers)

-Rémi Depernet
(basse)

-Thomas Rugolino
(batterie)


TRACKLIST

1) Slumber Asylum
2) Born Guilty
3) Grey Eden
4) Apotheosis
5) Another World
6) Regression to Nothingness
7) Self Contempt Kings

DISCOGRAPHIE


Inborn Suffering - Regression to Nothingness
(2012) - death metal doom metal gothique atmospheric doom-death - Label : Solitude Productions



« Maître, maître, je la place maintenant mon accélération mortelle ? - Patience, petit scarabée, patience, la clef atmospheric doom-death, c’est savoir attendre moment juste pour élever légèrement rythme et placer riff qui tue… Si tu précipites, tout tomber à plat, il faut d’abord faire monter sauce… » Il est bien connu que tous les vrais aspirants à la perfection doom-death fuient le monde des vivants et vivent en communauté au sommet d’un montagne grise et pelée où y règne la nuit éternelle. Là-bas, le dernier Grand Maître de l’Ordre du Riff Lourd Et Létal, celui qui possède les 666 degrés de connaissance de la Nappe de Clavier Célestielle y prodigue ses enseignements. Tout comme pour leur première œuvre, sur Regression to Nothingness, les musiciens de Inborn Suffering ont suivi à la lettre tous les conseils du Grand Maître. Et celui-ci est satisfait du travail accompli par ses disciples.

Le Grand Maître est satisfait, et l’amateur lambda de ce mélange de gros death metal et d'atmosphères plus éthérées aussi.  Les Parisiens montrent pendant plus de 70 minutes et sept excellents titres un savoir faire impeccable dans le maniage de riffs plus lourds qu’une douzaine d’éléphants et d’ambiances tantôt très obscures, tantôt lègères ou mélancoliques. Ces dernières, présentes tout au long de l’album, se basent sur les trois éléments classiques du genre :  des nappes de claviers qui, sans être envahissantes, soutiennent sans faillir la section rythmique, des guitares accoustiques ou « noisy » qui prennent par moment le relais sur la grosse artillerie, et enfin une voix claire gothique, légèrement geignard, mais pas trop, qui supplée agréablement les growls death d’usage. Il faut souligner ici  la qualité de ces vocaux, parlés plus que véritablement chantés, qui, au lieu d’évoquer les plaintes plus ou moins réussies des albums du Frost, rappellent, sur des titres comme "Born Guilty" ou "Grey Eden", le gothique romantique d’Endraum,  par exemple. Tous ces ingrédients sont servis par un son « ample » parfaitement adapté, qui rend les titres puissants, la musique paraissant par moments un énorme aigle noir prenant son envol.
Quels titres recommander ? La réponse à la question est assez difficile puisque les morceaux sont tous d’une qualité très homogène. Cette homogénéité et  l’absence d’éléments « catchy » font d'ailleurs qu’il est difficile, au moins pour les premières écoutes, de faire ressortir un moment déterminé de l’œuvre. Mais, au fur et à mesure que l’on écoute l’album, les petites différences entre ces longs morceaux (le plus court étant "Another World" qui dure tout de même 6 minutes) se font jour et l’on conseillera peut-être "Born Guilty" et ses énaauurmes riffs forgés dans l’acier le plus lourd, "Grey Eden" avec sa deuxième partie où vocaux, guitares et claviers ne font plus qu’un, ou encore "Self Contempt King" qui possède une merveille de petite mélodie où perce la nostalgie si typique du style pratiqué. Néanmoins, les autres morceaux méritent aussi le détour :  que ce soit "Slumber Asylum", intégrant des éléments post/ambient, "Apotheosis" et ses guitares hénissantes dans le plus pur style de My Dying Bride ancienne époque, le heavy "Another World" rappelant par moments Mencea, ou "Regression to Nothingness" et ses sonorités très Disembowelment, dans Inborn Suffering, c'est comme dans le cochon : tout est bon.


My Dying Bride, Anathema, Katatonia, MonumentuM, Sadness, Nox Aurea… La musique que nous offrent les Frenchies sur Regression to Nothingness évoque tour à tour plein de grands noms de la musique lente et sombre. L’évocation de toutes ces références implique forcément que les sept morceaux de l’album,  même s'ils sont impeccablement exécutés, ne donnent pas dans l'originalité la plus folle, mais c’est bien là leur seul véritable défaut. Tout amateur de doom-death cherchant un album alignant les points forts de son style préféré devrait se régaler avec cette oeuvre, tout comme il s’était régalé avec le premier travail du groupe. On en viendra à émettre un unique souhait pour le futur : que les gars écourtent le délai entre leurs livraisons, car six ans entre chaque production, ça fait long…


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