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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 04 octobre 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Tommy Karevik
(chant)

-Thomas Youngblood
(guitare)

-Oliver Palotai
(claviers)

-Sean Tibbetts
(basse)

-Casey Grillo
(batterie)


TRACKLIST

1) Manus Dei
2) Sacrimony (Angel of Afterlife)
3) Ashes to Ashes
4) Torn
5) Song for Jolee
6) Veritas
7) My Confession
8) Silverthorn
9) Falling Like the Fahrenheit
10) Solitaire
11) Prodigal Son
12) Continuum

DISCOGRAPHIE


Kamelot - Silverthorn
(2012) - metal symphonique - Label : SPV



Kamelot a intérêt à assurer. Après Ghost Opera et Poetry for the Poisoned placés sous le signe de la déception pour beaucoup, et, surtout, le départ soudain du chanteur norvégien Roy Khan, il fallait du lourd pour consolider tout cela. Nouvelle recrue toujours dans la sphère scandinave (Tommy Karevik de la formation prog' Seventh Wonder), et nouveau brûlot deux ans après le mal-aimé du quintet, Silverthorn porte un lourd poids sur ses épaules.

Miracle, joie, frayeurs dissipées, Kamelot abandonne définitivement son côté sombre pas très réussi de Poetry for the Poisoned et Ghost Opera. Nouvelle qui devrait soulager beaucoup de fans, tant un véritable retour dans le passé s'effectue à l'écoute d'un Silverthorn qui laisse la part belle à beaucoup d'éléments plus symphoniques, qui tendaient à être délaissés (au profit d'un côté plus électronique et froid dans le précédent). Ainsi, on retrouvera quelques traces de The Fourth Legacy / Karma, mélangées à du The Black Halo, pour un cocktail au goût assez prononcé de retrouvailles agréables. Et heureusement, le combo évite de tomber dans la redite et l’appât d'anciens fans déçus, et ce grâce à des compositions inspirées, qui n'ont pas à rougir par rapport au passé de la formation : Kamelot est bien de retour.
Alternant entre des titres un peu plus lumineux ("Ashes to Ashes", "Veritas") et des instants bien plus sombres ("Torn", "Sacrimony (Angel of Afterlife)"), la diversité des atmosphères nous aide à traverser moult tableaux et paysages, sans être décontenancés. Il faut dire que le chant y est pour beaucoup, car le nouveau venu Tommy Karevik (Seventh Wonder), sur qui tous les visages vont se tourner, est un digne remplaçant à son illustre prédécesseur. S'il est parfois très proche de Khan (flagrant sur le single "Sacrimony (Angel of Afterlife)"), il sait imposer son propre registre, avec une voix qui n'a rien à envier à celle de l'ancien chanteur. Il est excellent de bout en bout, montre des ressources inépuisables, sait vous rendre la fin d'un "Prodigal Son" plus qu'épique et une ballade telle "Song for Jolee" (aux paroles un peu niaises) touchante à vous la passer en boucle, juste pour la performance vocale.
D'ailleurs, cette ballade, "Song for Jolee", tient réellement debout par le chant du jeune Suédois qui évite d'en faire des tonnes, apporte une vraie émotion sur un titre très simple (piano-voix avec apparition des grattes à la fin, c'est dur à faire hein…). Mais question beauté de la voix, "Torn" en profite totalement. Déjà, ce titre a un refrain imparable, le genre à vous rester en tête pendant plus de temps que vous ne pourrez l'imaginer. Du pur Kamelot de single, mais pas simpliste pour autant, les lignes de chant n'étant pas si simples qu'il n'y paraît, ni même la structure assez variée. "Prodigal Son" est longue, mais s'en tire avec les honneurs. Sa montée en puissance, les changements de tableaux, la recette a été trouvée pour nous captiver du début à la fin. "Sacrimony (Angel of Afterlife)" a les mêmes qualités que "Torn", et les voix d'Elise Ryd (Amaranthe) et Alissa White-Gluz (The Agonist) trouvent leur place, la première nommée donnant même une excellente prestation.
Bien sûr, tout n'atteint pas la perfection, sinon, cet album aurait figuré parmi les coups de cœur. On peut déplorer le léger manque d'originalité dont faire preuve le groupe américain. S'ils n'ont, pour beaucoup, plus grand chose à prouver, l'impression de se reposer sur les lauriers de leur gloire est présente de temps en temps, ce qui amène à des morceaux beaucoup plus fades : "Ashes to Ashes", "My Confession" et "Silverthorn" sont bien en dessous des "Torn", "Veritas" ou "Solitaire", qui, eux, rayonnent d'autant plus à côté de ces légers faux-pas. Et le regret du sous-emploi d'Alissa White-Gluz qui apporte pourtant quelque chose d'intéressant lors du premier morceau reste un peu présent, tant la demoiselle semble légèrement délaissée par rapport à son homologue scandinave.


Mais pas de méprise : Silverthorn annonce un retour en force de Kamelot, le groupe inspiré que l'on connaît, celui qui sait contenter nos goûts difficiles. Après les deux semi-déceptions des albums précédents, ce nouveau réconcilie le combo avec la qualité, et certainement avec ses anciens fans. Encore faut-il que certains réussissent à accepter ce nouveau chanteur, dont la prouesse vocale est le point fort de cette nouvelle offrande.


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