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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 28 septembre 2012
Sa note : 10/20

LINE UP

-Johan Jacob
(chant + guitare)

-Ronan Chiron
(basse)

-Fabrice Cornille
(batterie)



TRACKLIST

1) Death's Face
2) Dragon Witch
3) Lost Soul
4) Reverse
5) The Thing
6) From the Sky
7) Sleepwaker
8) Monkey Time

DISCOGRAPHIE


Glowsun - Eternal Season
(2012) - stoner - Label : Napalm Records



Je ne sais pas ce qu'il se passe depuis déjà quelques années, mais le stoner semble avoir le vent en poupe. Des combos enfumés et riffus, il en pousse comme des champignons, ce qui, me direz-vous, est plutôt à propos. Ce qui différencie le groupe d'aujourd'hui de la myriade de concurrents ? Lille, bien sûr (bien sûr...) ! Car après la très bonne découverte des Bordelais de Mars Red Sky, c'est sur Glowsun que l'attention de votre serviteur s'est porté. Est-ce le début d'une bataille entre le stoner du sud et le stoner du nord? Les différences d'interprétation sont-elles marquées comme une trace de pneu sur l'A10 reliant nos deux villes rivales? J'en doute.

D'ailleurs, oubliez l'introduction : tous les stoner sont du sud. Tous puent le bitume, la chaleur et la transpiration. Glowsun ne fait pas exception à cette sainte trinité d'une délicatesse absolue. Ne pas faire exception est d'ailleurs le principal problème de Glowsun, qui ne se démarque que difficilement des autres combos misant sur le son ensablé, sur le riff  et sur le groove. Les Nordistes ont dû prendre sur leur pause déjeuner maroille-frites-bières (ha, les clichés !) pour dévorer « Le Stoner pour les Nuls » et Eternal Season en est le résultat. Oh, ce n'est pas dire que les Lillois soient mauvais, loin de là!, seulement, la musique proposée ici est d'un tel académisme que c'en devient franchement décevant. L'ensemble est très bien exécuté, un groove luisant s'écoule de l'objet alors même qu'il tourne dans votre mange-disque, mais tout est définitivement trop prévisible.
Schématiquement, les morceaux s'agencent autour des guitares. Souvent fluides et claires en début de morceau, vient immanquablement un passage où est poussé à fond le potard de gain qui, subitement, rend ces douces cordes grésillantes et abrasives comme de la chaux. A trop jouer ce jeu, Glowsun enfile les bons riffs les uns après les autres. Aucun n'est rééllement mauvais et il faut bien le signaler. Mais là est aussi le problème car, le stoner, s'il accueille avec plaisir les riffs, cherche avant tout LE riff. Celui-qui fait taper du pied, celui qui fait perdre la boule, celui qui explose les murs du voisinage dans un rayon de 500 kilomètres. Et bien ce riff, le mighty-riff, malheureusement, est totalement absent. Et c'est frustrant. Vraiment. Une palanquée de minutes plus tard, après quelques effets de pédaliers et quelques incursions de chant, la fin de l'album déboule et LE riff n'est toujours pas arrivé.


Véritable cas de conscience de votre serviteur lors des semaines passées, Eternal Season est un album tristement quelconque. Pas mauvais, oh non !, mais clairement pas au dessus de la mêlée non plus. Glowsun vient ici de pondre un album parfaitement maitrisé et, du même coup, trop sage. La sueur est quasiment intellectuelle avant d'être passionnelle, ce qui est bien embêtant quand on ne joue pas de post-math-truc-core mais bel et bien du stoner. C'est donc un album passe partout qui vient d'être chroniqué. L'amateur acharné y trouvera néanmoins son compte tandis que la blasé du style ne retrouvera pas la flamme après avoir écouté Eternal Season.


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