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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 16 octobre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-C
(basse)

-J
(batterie)

-A
(guitare)

-D
(voix)

TRACKLIST

1) Part I
2) Part II
3) Part III

DISCOGRAPHIE

Widowmaker (2012)

Dragged Into Sunlight - Widowmaker



Et dire que j'avais envie de calme, de paix, de bonheur... Voilà qu'on m'oblige (bonne excuse pour ma santé mentale ça...) à me pencher sur ce Widowmaker, très gracieusement offert par Dragged Into Sunlight, de jeunes gens de Liverpool. Très vite, une main cadavérique m'aggrippe et m'entraine. Oh, et pas vers la lumière du soleil comme le laisse trompeusement penser le nom du groupe, ça non. Bien au contraire. L'endroit est sombre, froid, nihiliste. L'atmosphère est étouffante... cette chose me veut du mal. Et dire que j'avais envie de calme, de paix, de bonheur...

Dragged Into Sunlight avait fait forte impression dans l'underground à l'occasion de la parution de leur premier album long format Hatred For Mankind. La musique proposée était alors un condensé de saloperies (appelons un chat un chat, ce dernier n'étant pas, lui, une saloperie) mariant avec sadisme le death au doom et le black au sludge. Que du crade dont le mélange avait surpris un certain nombre d'amateur par sa brutalité et son misanthropisme. Trois ans plus tard, en cette chouette année de fin du monde, déboule Widowmaker, dont le propos semble n'avoir guère changé, si ce n'est par l'apport d'un son plus propre. Sans opérer dans le même style (quoique...), Dragged Into Sunlight rapelle l'extremisme musical d'un Anaal Nathrakh. Pour réussir à placer du violon dans un tel foutoir, il faut être au moins aussi fou. Forcément, dit comme ça, le mal est tout de suite plus identifiable. La peur monte, non? Au cinéma, c'est toujours à ce moment qu'on se demande pourquoi on est allé voir ce film. Ici, c'est pareil : pourquoi s'infliger ça ?
La première partie de l'opus ne nous explose pas à la tronche, non. Insidieusement, elle nous traine dans un lieu d'angoisse à l'aide de quelques accords clairement joués par une guitares dont les cordes suintent de rouille. Petit à petit, sans nous violenter, le malaise s'installe. Si le premier tiers de l'album est placé sous le signe de l'ambiance, la suite, elle, est sans pitié. Le mélange maudit est de retour : une espèce de black succède à une espèce de death qui fait lui-même place à quelque chose d'aussi mignon qu'une gélatine de porc moisie depuis un siècle. Et ainsi de suite. Les guitares abrasives altèrent l'âme tandis que la batterie écrase -avec talent- l'étincelle d'espoir qui aurait pu subsister. Et la voix... la voix, écorchée à la manière d'un Attila Csihar sur Black One (Sunn O)))), hurle des sentences qu'il vaut mieux ne pas comprendre. Si le milieu de l'opus se veut relativement rapide, la troisième partie, elle, condense le mal en de rares notes s'étirant encore et encore avant d'accélérer, puis de ralentir de nouveau, puis de.. bref. Tout est sale et moche. La pop elle-même se pervertirait au contact de Widowmaker. Autant dire que certains vont vomir leur goûter. Tant mieux, les autres passeront derrière pour s'en délecter, miam.


Album d'ambiance fait d'un mélange des genres, Widowmaker réussit le projet d'instaurer un climat peu favorable aux pensées légères. Evidemment, un tel album ne peut plaire ni à tout le monde, ni en toutes circonstances. Néanmoins, force est d'avouer que le projet est objectivement réussi, le mérite revenant aux changements de rythmes, aux ambiances malsaines, aux dissonances harassantes... Et dire que je voulais de la légèreté, de l'amour, de la joie, c'est raté. Punaise, vraiment raté. 


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