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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 14 septembre 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Saint Vincent
(chant + guitare + batterie)

-Narcotic
(guiatre)

-AcidJess
(basse)

TRACKLIST

1) TridenT
2) NeutroN ShivA [Fire, Walk with MMe!]
3) Neo.Black.Magic
4) Industrial Temple MysticA
5) Antichrist Ex Machina
6) Order of the Baphomet
7) Empire's Hymn
8) All Seeing Eye
9) Culto al Sol [SolarKult]
10) The Other Side

DISCOGRAPHIE

MachinatioN (2012)

Blacklodge - MachinatioN
(2012) - black metal indus electro nucléaire et chimique - Label : Season Of Mist



Je suis sûr que vous faites parmi des naïfs qui pensent que le plateau du Vercors, c’est un bel endroit vert où l’on peut tranquillement faire du ski de fond l’hiver et des chouettes ballades l’été. Mouhahahaha ! Il n’en est rien ! En réalité, le massif du Vercors abrite dans son ventre un laboratoire où trois dangereux chercheurs evil se livrent à des expériences maléfiques. Saint Vincent, AcidJess et Narcotic, les trois professeurs cinglés, se livrent depuis des années à des expérimentations dangereuses, en mélangeant des substances pas toujours compatibles, comme le black metal, l’indus et l’électro. Le résultat de leurs derniers travaux de laboratoire est MachinatioN, un objet assez effrayant.

Attention tout de même aux premières secondes de l’album : le cyber blast-beat ouvrant "TridenT" peut induire l’auditeur en erreur. Certes, les tempos extrêmement rapides sont nombreux sur tout l’album, qui est tout de même branché sur très haute tension. Certes, "Culto al Sol", (chantée, à priori, en espagnol) est une chanson carrément surpuissante, mais la qualité principale de MachinatioN n’est pas la bestialité à outrance. Dans ce domaine, l’œuvre n’atteint pas les sommets de furie de chansons comme "With No Human Intervention" ou "Genocide, I Am God" du fait, d’une part d’une production qui privilégie le côté « sale et grésillant » black-métallique aux détriments de la puissance, et, d’autre part, de la présence, pas si insignifiante, de mélodies, comme sur "Industrial Tenple Mystica" où la voix de Saint Vincent, tel un Vorph cybernétique, n'est pas qu'un cri de haine. Non, l’ultra rapidité n’est pas le fait marquant de l’album, les tempos accélérés jouant même en la défaveur du titre "Antichrist Ex Machina", qui aurait gagné à être plus posé.

En réalité, la principale qualité de MachinatioN, c’est la combinaison tourbillonante de riffs souvent accrocheurs, d’éléments industriels et électro, parfois ponctuée de sonorités étonnantes, comme sur "Empire’s Hymn" où un son venu de nulle part vient titiller les tympans de l’auditeur. Ressortent du lot, outre le "Culte du Soleil" mentionné plus haut, la force de "Neo.Black.Magic" et son bon gros riff initial, et surtout le sublime "Order of the Baphomet". Sur ce dernier morceau, on jurerait que Blacklodge s’est adjugé les services d’Electric Wizard pour l’intro, de Ministry grande époque pour l’outro à ambiance, et, sur le corps du morceau, le groupe a donné libre cours à son talent malsain à coup de double pédale, de cris, et d’harmonies aussi improbables qu’efficaces. Les autres chansons, "Antichrist… " mise à part, sont d’un bon niveau et offrent même quelques passages très bien vus, les soubresauts rythmiques du refrain de "All Seeing Eye" en étant un bon exemple.


Dans un genre tout de même assez casse-gueule et qui ne compte pas tant d’albums de références que cela, Blacklodge propose sur MachinatioN un travail franchement intéressant. Les ingrédients de base de l’opus n’ont rien de très originaux (ils sont utilisés de puis plus de vingt ans), mais la manière dont ils sont triturés et unis, elle, force le respect. L’album est moins bourrin que ce que les premières minutes pourraient laisser penser et l’on pourrait même le qualifier de « violemment subtil ». Le seul bémol est l’utilisation parfois abusive des blast beats, mais cela n’empêche absolument pas d’apprécier l’œuvre de nos savants fous. Ecoutez MachinatioN et vous ne verrez plus les paisibles montagnes de la même manière…


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