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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Josh Homme
(chant+guitare)

-Nick Oliveri
(basse+chant)

-Mark Lanegan
(chant)

-Dave Grohl
(batterie)

TRACKLIST

1)You Think I Ain't Worth A Dollar, But I Feel Like A Millionaire
2)No One Knows
3)First It Giveth
4)Songs For The Dead
5)The Sky Is Fallin'
6)Six Shooter
7)Hangin' Tree
8)Go With The Flow
9)Gonna Leave You
10)Do It Again
11)God Is In The Radio
12)Another Love Song
13)A Song For The Deaf

DISCOGRAPHIE


Queens of The Stone Age - Songs for the Deaf
(2002) - rock stoner psychédélique - Label : Interscope



Troisième album des Queens Of The Stone Age, Songs For The Deaf est un album-charnière dans la discographie éclairée (Lullabies To Paralyze, tordu à souhait, véritable pied-de-nez à cet album) de ce groupe légèrement hors normes. Pratiquant un stoner rock/metal des plus aboutis, Josh Homme et ses sbires (l'allumé Nick Oliveri à la basse, le fantastique Dave Grohl à la batterie, véritable star de cet album et le rocailleux Mark Lanegan, des Screaming Trees) nous ont pondu, avec cet album vénéneux, un véritable condensé de ce que ce genre assez méconnu, qui fleure bon le Sud Américain, le désert et son groove lancinant (d'ailleurs, les intermèdes hispanisants sont bien là pour le rappeler) porte de meilleur.

Le stoner se résume à cette simple équation : une basse VRAIMENT rutilante, des guitares accordées très bas, ce qui confère à la musique un son très enveloppant, LOURD et une section rythmique par conséquent prépondérante. Et Queens Of The Stone Age d'appliquer cette maxime avec ferveur et application : cet album, impressionnant de feeling et doté d'un sens de la mélodie imparable, est une tuerie, brut de décoffrage (ce qui la différencie invariablement de Lullabies To Paralyze, d'ailleurs, par sa puissance non contenue). De celles qui restent en mémoire bien longtemps après l'écoute. Une véritable collection de tubes - travaillés, car ils défient un peu le schéma classique du tube - défile : "Millionaire" et ses appâts punk dans l'âme (où Oliveri, déjanté et défoncé, hurle à la manière de son groupe, Mondo Generator), le tubesque "No One Knows" et le fabuleux "A Song For The Dead" (qui porte bien son nom, tellement il ferait se lever un mort), où Homme nous fait une démonstration de son savoir-faire (hallucinant) à la guitare, délivrant riff implacable sur riff implacable pour un résultat qui ne peut s'empêcher de faire danser ; "First It Giveth" et sa section rythmique à pleurer, car Grohl nous fait ici un travail sensationnel de maîtrise ; "Go with the flow", idéale pour voyager en voiture (si, si !). Cette chanson est d'ailleurs devenue pour votre serviteur un mètre-étalon dans l'apprentissage de la batterie...

Songs for the Deaf, touffu et abrupt, se révèle d'ailleurs au fil des écoutes. Cet album, malgré son apparente accessibilité (alors que...), possède ce petit quelque chose qui fait grimper le thermomètre d'un degré à chaque écoute de l'album, pour finir dans un total bain de sueur. Collection de riffs originaux, revendiquant un côté purement rock (le feeling et la démarche sont ahurissants), cet album m'a enfin réconcilié avec la rock attitude (écoutez "Six Shooters", keupon à mort et "The Sky Is Fallin'" pour vous en convaincre définitivement). Et ce, malgré un point noir : au premier abord, un apparent yo-yo musical dû à un tracklisting pas assez travaillé (la fin fait un peu tache dans cet amas de puissance primaire), entremêlé d'intermèdes pas très bien placés, qui font retomber la bonne pression au mauvais moment.


En fin de compte, depuis le grunge de Nirvana, jamais groupe de rock n'avait autant été "icônisé" pour une bonne raison. Cet album, décoré de plein de prix différents, mérite assurément son statut de standard. Et ce n'est pas la pochette, décalée et inattendue, qui démentira ceci : Queens Of The Stone Age est diabolique - au second degré - et chaque morceau de cet album est un hymne décalé à la folie et à la débauche. Génial, dans le vrai sens du terme, avec ses défauts (qu'on a foncièrement tendance à occulter, merde) et ses qualités, impressionnantes. J'écoute cet album depuis maintenant trois ans et je ne m'en lasse pas le moins du monde.


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