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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 07 septembre 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Danny Boonstra 
(chant+claviers) 

-Leo Van Leijen 
(guitare) 

-Jos Hindriks 
(guitare) 

-Sander Stegeman 
(basse) 

-Joran Dijkstra 
(batterie) 

TRACKLIST

1) Abecedarium
2) Mediacrity
3) The Art of Clairvoyance
4) Casus Belli
5) Parasites of a Shifting Future
6) Twist of Faith
7) The Architect
8) Shatter Them
9) The Subtile Decay
10) Within the Pain
11) These Scars

DISCOGRAPHIE


Disintegrate - Parasites of a Shifting Future



Certains groupes aiment bien garder une certaine part de mystère dans leur nom, d'autres préfèrent que tout soit bien clair dès le début. Incontestablement, Disintegrate fait partie de la seconde catégorie : avec un nom pareil, il est évident que les Hollandais donnent soit dans le death, soit dans le thrash. Et la réponse est… les deux, mon capitaine ! Les deux certes, mais aussi le black, le gothique, un peu de heavy… Bref une large palette qui aurait pu être un joyeux foutoir sans un minimum de talent.

En plus, il faut rajouter à cet éventail un chant qui donne tantôt dans le growl classique, tantôt dans le style crapaud énervé qu'on retrouve habituellement chez les groupes de black metal. A partir de tous ces éléments, Disintegrate joue au petit chimiste pour arriver à sa propre mixture. Généralement, il se cantonne à la formule 1 morceau = 1 style. On trouve ainsi pas mal de thrash, mais sous plusieurs angles différents : old school ("Twist of Faith"), moderne ("Parasites of a Shifting Future") ou avec une coloration melodeath, à l'instar du dernier Kreator ("Mediacrity), mais aussi du black metal véloce avec "Shatter Them" ou "Within the Pain" et son final aux claviers emphatiques. Parmi toute cette collection, un seul raté : "The Subtile Decay" un morceau gothique bien trop stéréotypé avec son duo façon la Belle et la Bête (à moins que ce ne soit en raison de ma profonde aversion pour ce style, ce qui est tout à fait possible).
Rien qu'avec cette poignée de morceaux, on a déjà quelques belles réussites, mais c'est surtout lorsque le groupe tente des combinaisons qu'il se montre le plus intéressant. Parfois, Disintegrate se contente de mixer des éléments pas fondamentalement éloignés, comme sur "Parasites of a Shifting Future" où le thrash du départ se transforme progressivement en heavy sur le break grâce à un habile changement de jeu du batteur, avant un solo de claviers qui change du sempiternel solo de guitare ; idem avec "These Scars", qui mixe thrash sur le couplet, black atmosphérique sur le refrain avec une ligne de guitare au rendu majestueux et solo hard rock à la Mötorhead. Parfois, le groupe se montre plus aventureux, comme sur "The Art of Clairvoyance" où les Hollandais partent sur du death plutôt brutal avec une petite touche indus' sur le refrain, avant de proposer un break 100% heavy metal mélodique digne de Gamma Ray !
Ceci dit, le plus grand atout de Disintegrate, c'est d'avoir déjà su se forger un embryon d'identité Certes, les Hollandais se sont inspirés d'un autre groupe, mais ils ont eu l'intelligence de s'approprier cette influence plutôt que de le repomper sans vergogne. Et le groupe en question, c'est Samael. En effet, à plusieurs reprises, on retrouve sur cet album des ambiances qui nous ramènent à l'époque bénie de Passage et Eternal, mais dans une veine plus organique, moins froide que le trip cosmique entrepris par les Suisses. Cela peut prendre la forme d'un court passage comme le préréfrain martial de "Twist of Faith", qui rappelle celui de "My Saviour" ou celui de "Parasites of a Shifting Future", mais également servir de base principale à un morceau. C'est le cas de "Casus Belli" par exemple, où la filiation est évidente, et plus encore de "The Architect", avec cette ligne de claviers si caractéristique de l'œuvre de Samael.


Sacrée bonne pioche pour Massacre, qui a eu la bonne idée de rééditer cet album sorti initialement en autoproduction en 2010. Avec Parasites of a Shifting Future, Disintegrate nous délivre un album aux compositions variées grâce à la multitude de styles abordés avec une belle maîtrise. Sachant manier à la fois agressivité et mélodie, les Hollandais s'affirment comme une très bonne surprise et obtiennent haut la main un statut de groupe à suivre. Allez les gars, maintenant, on enchaîne !


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