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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 07 septembre 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Lenny B. 
(chant+guitare) 

-Flo D. 
(guitare) 

-Bene M. 
(basse) 

-Nico R. 
(batterie) 

TRACKLIST

1) Opulence Contaminated
2) Violent Abolition
3) March thru Pain
4) Shattered by Reality
5) Toxic Attack
6)
Into Madness
7) Oblivion
8) Pleasure on Illusion
9) Deviance

DISCOGRAPHIE


Dust Bolt - Violent Demolition
(2012) - thrash metal - Label : Napalm Records



La magie du cinéma, c'est de pouvoir recréer une époque rien qu'avec des décors et des costumes (sans parler des effets spéciaux bien sûr). Cette illusion est tout aussi possible dans le domaine de la musique : si vous passez Violent Demolition dans une soirée de thrashers initiés, il y a de grandes chances qu'un des convives vous demande quel est ce petit groupe inconnu de la Bay Area de la fin des années 80. Certes, sauf que Dust Bolt nous vient tout droit de Bavière, et que ce premier album date bien de 2012.

Magie de la production, Dust Bolt nous ramène bien des années en arrière avec ce son assez cru, notamment au niveau de la batterie, parfaitement adapté au thrash old school pratiqué par le groupe. Pour situer brièvement les Allemands, disons qu'on pense assez fréquemment aux premiers albums de Testament : on a incontestablement affaire à du thrash, véloce, fougueux, parfois sauvage, mais qui ne cherche pas à en faire des tonnes en terme d'agressivité. Ainsi, Lenny B. (et non pas Benny B) dispose d'une voix virile, mais ne se laisse que très rarement aller à beugler. Dans le même ordre d'idées, la paire de guitaristes est adepte de riffs saignants, mais ne crache sur les plans mélodiques de temps en temps, surtout en soutien des nombreux solos disséminés sur Violent Demolition. Ce sont d'ailleurs les plans instrumentaux qui font la différence, comme l'impeccable plan final de "Toxic Attack", et l'on regrette de ne pas en retrouver davantage, car cela aurait été bien utile pour distinguer plus facilement les morceaux qui, disons-le franchement, ont une fâcheuse tendance à se ressembler.
C'est peut-être le seul reproche qu'on pourra faire à cet album, mais il est tout de même assez ennuyeux. Individuellement, pas grand-chose à redire sur les 9 morceaux de l'album : tous tiennent la route, rien n'est à jeter, pas de problème là-dessus ; le hic, c'est qu'ils sont tous d'un classicisme absolu, jusqu'à en paraître fade au bout d'un moment. Comme dirait le jury de Masterchef, ça manque d'assaisonnement. Du coup, difficile de ressortir tel morceau plutôt qu'un autre, car aucun ne s'impose comme un classique en puissance, notamment parce que les refrains ne sont pas franchement marquants à part peut-être "Violent Abolition", qui se montre un peu plus percutant que les autres. A l'arrivée, on retiendra plus facilement "Violent Abolition" pour la bonne poussée d'adrénaline sur le break ou "Toxic Attack" et "Pleasure on Illusion" pour la qualité des parties musicales… et puis c'est tout ou presque. Le reste s'écoute sans déplaisir, s'apprécie sur le moment, puis s'oublie rapidement, faute de la touche personnelle ou du grain de folie qui aurait pu prolonger l'ivresse.


Difficile de défoncer un tel album : c'est bien joué, bien composé, on ne peut rien reprocher à Dust Bolt sur l'exécution. Maintenant, on a l'impression que le groupe a potassé à fond le manuel du bon thrasher et qu'il a du mal à dépasser les fondamentaux du style. Le côté ultra-classique finit par prendre le pas sur la qualité intrinsèque des morceaux, qui sont loin d'être mauvais. Alors pour la prochaine fois, que diable, un peu de hors piste, ça ne fera pas de mal ! Quand on voit les bonnes idées que renferme l'album, on sait que les Allemands en sont capables…


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