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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 07 septembre 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Nick "Necroskull" Ruskell
(chant+guitare)

-Emily Witch
(basse)

-David Wilbrahammer
(batterie)

TRACKLIST

1) Aurora Atra
2) God Curse Us
3) Masters of Nothing
4) Ab Antiquo
5) Megiddo
6) Breaking the Lore
7) Den of Serpents

DISCOGRAPHIE

Witchsorrow (2010)
God Curse Us (2012)

Witchsorrow - God Curse Us
(2012) - doom metal stoner enfin le stoner, à petite dose - Label : Rise Above



« Boum……… tchak……..boum……..tchakatchakaboum ». Ah, le doom metal ! Si ennuyeux pour certains, si envoûtant pour les initiés… Mine de rien, teinté de death metal ou non, le genre a acquis au fil du temps un certain nombre de références. Forest of Equilibrium de Cathedral est incontestablement l’une d’entre elles et je parierais volontiers quelques sous que les Anglais de Witchsorrow ont écouté cet album pas mal de fois dans leur jeunesse. God Curse Us, second album du combo natif du Hampshire, est clairement d’obédience Cathedralienne, avec un petit côté evil en plus et les flûtes de Forest… en moins. Arrive-t-il au niveau de ce dernier ? Soyons clairs, non.

Non, mais tout n’est quand même pas à jeter sur cet album. L’option de composition favorite de nos artistes semble être la formule « je plombe mes morceaux au départ et je m’énerve un peu à la fin », puisque des six véritables titres, cinq ont cette structure. Sans s’étendre sur la sensation de répétition que cette similitude de construction peut engendrer, on pourra dire que ce mélange de riffs éléphantesques délivrés à deux kilomètres heure et de passages plus nerveux fonctionne à merveille sur "God Curse Us" : les musiciens ont su donner une teinte maléfique très efficace à ce titre, notamment sur le passage plus rapide. Un peu comme si Electric Wizard avait revisité "Ebony Tears". Le mélange fonctionne assez bien sur l’initial "Aurora Atra", mais aussi sur  "Den Of Serpents" où la montée en puissance se fait plus progressivement. Ces deux morceaux répondent aux standards de qualité du morceau de doom correct.
En revanche, cela fonctionne moins bien sur les trois quarts de "Megiddo", qui maintient tout de même une certaine qualité grâce à une fin de morceau plus agitée, où la haine transpire à grosses gouttes, et sur "Masters of Nothing", titre ennuyeux de bout en bout. Heureusement "Breaking the Lore", unique composition, si l’on excepte l’intermède "Ab Antiquo", à ne pas suivre le modèle décrit précédemment, est un morceau stoner nerveux et bien fait qui permet à l’auditeur de ne pas sombrer dans l'ennui. Witchsorrow montre d’ailleurs avec cette chanson-là un certain savoir-faire dans le genre cousin du doom, et l’on ne saurait que trop conseiller aux musiciens d’utiliser un peu plus cette facette de leur répertoire, histoire d’effacer le côté un peu roboratif de l’œuvre et la sensation mitigée que laisse finalement God Curse Us après plusieurs écoutes.


Avec cet album, Witchsorrow a pondu une œuvre correcte, ne s’extirpant pas de la masse des productions doom, mais ponctuée de moments intéressants. De plus, les musicos ont apparemment la capacité de pouvoir alléger (si j’ose dire…) l’atmosphère par le biais de bonnes compositions stoner. God Curse Us possède néanmoins un certain nombre de temps faibles où même les fans invétérés de doom peuvent courir le risque de s’ennuyer. Au final, le bilan est quand même plutôt positif et le groupe semble armé pour varier un peu plus son style et créer dans le futur des albums d’une qualité plus constante.


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