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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 02 septembre 2012
Sa note : 6.5/20

LINE UP

-Cristina Scabbia
(chant)

-Andrea Ferro
(chant)

-Christiano Migliore
(guitare)

-Marco Biazzi
(guitare)

-Marco Coti Zelati
(basse)

-Christiano Mozzati
(batterie)

TRACKLIST

1) Fragile
2) To the Edge
3) Our Truth
4) Within Me
5) Devoted
6) You Create
7) What I See
8) Fragments of Faith
9) Closer
10) In Visible Light
11) The Game
12) Without Fear
13) Enjoy the Silence

DISCOGRAPHIE

Lacuna Coil (1998)
In A Reverie (1999)
Half Life (2000)
Unleashed Memories (2001)
Comalies (2002)
Karmacode (2006)
Shallow Life (2009)
Dark Adrenaline (2012)
Broken Crown Halo (2014)
Delirium (2016)

Lacuna Coil - Karmacode
(2006) - néo metal chiant - Label : Century Media



Dire d'un groupe aujourd'hui qu'il fait du Lacuna Coil-like, c'est devenu presque insultant. Passant d'une formation connue pour sa grande qualité et la beauté de ses atmosphères a un groupe ayant cédé aux sirènes du commerce, désormais réputé pour sa facilité et son indigence, ça fait mal. D'où provient un tel changement de réputation dans la musique de la formation italienne ? (qui déchaîne encore les foules, une énigme pour votre chroniqueuse, et sûrement pour l'équipe entière). La réponse se résume à un album : Karmacode.

Avant, la formation jouait du côté obscur de la force : un groupe nous évoquant Tiamat de l'époque Wildhoney parfois, mais aussi pas mal de touches de The Gathering ou Paradise Lost, avec un beau chant féminin. Ça donne envie n'est-ce pas ? Déchantez. Maintenant (et ça vaut tout autant pour leurs derniers étrons), le combo se gave de Korn et Evanescence, et nous le fait musicalement savoir. Sans obtenir les pleurnicheries (...les atmosphères) du second nommé, la repompe massive du premier est flagrante. Rythmiques néo bêtes et méchantes sans originalité ni même efficacité (presque tous les titres retombent comme un soufflé), titres bateaux et plats, refrains creux et pauvreté du début à la fin, vous obtenez une tambouille vomitive, difficile à digérer et qui inspirera même certaines formations par la suite (on pensera à UnSun ou The Murder of My Sweet).

Vous voulez sauver quelque chose là-dedans ? Le chant. Cristina Scabbia est une excellente chanteuse, encore et toujours, et même si son aura n'est plus aussi imprégnée de magie et de mysticisme que dans les superbes Comalies et Unleashed Memories, elle continue de chanter comme une reine. Sur "Our Truth", les petites lignes de chant typées orientales permettent de mettre en valeur correctement la voix de la belle. Et il y a la bête, Andrea Ferro, toujours aussi irritant, avec un chant peu maîtrisé et plat. On se demandera encore et toujours la raison de sa présence dans la formation, tant sa voix est oubliable, et pollue la musique de Lacuna Coil. Enfin, heureusement que Cristina se taille une plus belle part, sinon, même le chant serait à foutre à la poubelle.

Car le cauchemar s'étend sur treize longs morceaux, trop longs en dépit de leur courte durée. C'est bancal, c'est poussif, c'est peu inspiré, et ça pue le réchauffé (mais bordel, le groupe qui a fait Comalies ne peut PAS avoir pondu des titres aussi répugnants que "Devoted", "Closer" ou "In Visible Light" ?!). On vomit Lacuna Coil, on maudit le combo italien d'avoir accouché d'un bébé aussi laid, aussi difforme, et pourtant, sur lequel un public avide va se jeter. Car tout pue tellement la visée du marché américain qu'on ne peut même plus parler d'authenticité à ce prix là : "Fragile", "Our Truth" et la reprise chiante de Depeche Mode "Enjoy the Silence" ont une mention commerce écrit gros sur le front. Et ça, la formation ne pourra même pas le nier, tant c'est flagrant et, surtout, superficiel (le meilleur mot pour décrire Karmacode).

Bon, dans cette mixture d'Evanekorn sans personnalité ni âme, il faut bien sauver autre chose que le chant. Alors on va dire que "What I See" dispose d'un refrain tout à fait potable, catchy, attirant, et se place ainsi au beau milieu d'un opus difficile à digérer. En somme, c'est un peu le pansement qui soigne les tympans, avant de se détacher en retombant dans l'horreur par la suite ("Closer" … pas de commentaire sur ce titre et son clavier immonde, sinon la chroniqueuse va devenir folle). Bon d'accord, il y a un deuxième bon titre : "Without Fear" a le bon goût d'être chantée dans la langue maternelle des musiciens, et surtout de ne pas se ratatiner en crêpe neo. Avec une vraie ambiance et une Cristina au top, voilà de quoi se mettre encore quelque chose sous la dent.

Malice disait dans sa chronique de Dark Adrenaline que celui-ci est meilleur que Shallow Life qui est meilleur que Karmacode, les trois étant mauvais. Je dois exprimer mon désaccord là-dessus. Si Karmacode est un amas de pistes neo infectes, lourdes et chiantes, rassurez-vous : Shallow Life est encore pire. Si si, ils ont réussis. Même si le dernier remonte à peine le niveau (ça vaut la moyenne pas plus quoi …), Lacuna Coil est devenu un combo à enterrer. Si encore leur neo metal était inventif, sympathique, mais non, même pas ! Alors autant se consoler sur l'époque où le groupe était encore bon ...


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