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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 02 septembre 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Liv Kristine
(chant)

TRACKLIST

1) Interlude (Intro)
2) Solve Me
3) Silence
4) Vanilla Skin Delight
5) Panic
6) Paris Paris
7) Wait for Rain
8) Love Crime
9) Libertine
10) Meet Me in the Red Sky
11) The Man with a Child in His Eyes

DISCOGRAPHIE

Libertine (2012)

Liv Kristine - Libertine
(2012) - pop rock - Label : Napalm Records



Liv Kristine… Cette Norvégienne est plutôt respectée dans le milieu du metal, considérée comme étant l'une des pionnières du metal gothique de la belle et la bête, puis ensuite par la qualité des brûlots de Leaves' Eyes. Aucun doute, elle a sa petite renommée et elle file le parfait amour avec le chanteur d'Atrocity, Alexander Krull. Mais la chanteuse scandinave est bien moins respectée dans sa carrière solo, qui n'est pas du tout orientée vers le même type de public, autant être franc là-dessus. Et si Libertine accentue davantage les guitares, les metalleux purs et durs ne trouveront pas leur bonheur.

Car ce nouvel essai solo de la Scandinave est un pop / rock un peu mielleux, mais plutôt rafraîchissant et mignon, surtout si on apprécie le fait d'entendre la voix de Liv sur un registre autre que celui du folk / metal sympho. Et même dans cet aspect pop direct et catchy, les mélodies sont très bien ficelées, avec quelques airs entêtants. Rien que le premier vrai morceau (l'ouverture étant une demi-intro avec quelques lignes de chant), "Solve Me", annonce la couleur : un opus un peu à la Everything is Changing de la néerlandaise Anneke Van Giersbergen, où une guitare rock côtoie des mélodies pop, pour un ensemble qui n'est pas trop chargé, ni prise de tête. Liv pense à faire plaisir, et sûrement à se faire plaisir, avec des refrains qui fonctionnent bien.

Liv semble d'ailleurs plutôt à l'aise sur ce genre de registre, même si, comme d'habitude, elle ne peut s'empêcher de faire quelques vocalises mielleuses. Sur "Solve Me", ou sur "The Man With The Child In His Eyes" (reprise pas très réussie de la grande Kate Bush), sortez les violons, elle y va à fond sur le sucre. Et parfois, c'est assez ennuyeux de l'entendre vouloir plaire à tout prix, comme sur ce dernier morceau justement, cette reprise, qui ne plaît pas, trop commune, fade, et la voix de Liv en fait des caisses inutiles. Tout serait passé bien mieux si la chanteuse jouait dans un registre plus simple, plus naturel. Même si tout francophone aura un sourire aux lèvres en l'écoutant, sa performance sur "Paris Paris" est bien plus respectable.

Parlons de cette piste, "Paris Paris", hommage à la capitale française. Et avec l'utilisation de la langue de Molière, combinée aux paroles un peu clichés (la cocotte minute, etc …) et à l'accent norvégien de la demoiselle, comment ne pas rire ? Pourtant bien construit et au refrain efficace (ouhlalaaaa … oui, ça va vous rester longtemps ça !), le titre fera passer un bon moment, surtout pris au second degré. "Vanilla Skin Delight" est un autre bon morceau, où le duo entre Liv Kristine et Tobias Regner est très bien conçu, les deux vocalistes se complétant très bien. Et si l'on reprochera au brûlot de manquer un peu de pistes marquantes (certaines comme "Love Crime" ou l'éponyme sont bien moins inspirées), la première partie est très bonne, "Panic" en étant une réelle preuve. En gros, de "Interlude" à "Paris Paris", rien n'est à jeter. On fera le tri ensuite.


Libertine est un album plutôt convaincant, où la Norvégienne nous montre qu'elle sait chanter. Même si, question de carrière solo, elle n'atteint pas encore la grandeur d'Anneke, Liv prouve qu'elle a plus d'un tour dans son sac. Il manque cependant à ce disque encore un peu d'audace et d'originalité pour pleinement nous démontrer l'étendue du talent de Liv Kristine. Alors, une fois ces défauts corrigés, la suite de la carrière de la chanteuse en solo, dans ce pop / rock sympathique, pourrait bien plaire encore davantage. En attendant, si vous faites écouter ce disque à vos amis non-fans de metal, nul doute qu'ils apprécieront.


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