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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 29 août 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-G.
(chant)

-S.
(chant)

-A.K.
(guitare+claviers+chant+programmation)

-N.
(batterie)

TRACKLIST

1)  Où se trouve la mort ?
2)  The End of a Sub-Elitist Addiction
3)  Art or cancer
4)  The other rat
5)  Mother and whore
6)  Static involution
7)  L'indécision d'être
8)  Keeping the structure

DISCOGRAPHIE

Inhibition (2012)
Rebellion (2015)
Escape (2018)

Decline of the I - Inhibition
(2012) - black metal - Label : Agonia Records



Voilà, la France a encore frappé, serait-on tenté de penser à la vision de l'arrivée soudaine d'une entité black metal mystérieuse opaque et fumeuse se voulant porteuse de post black metal. Ca oui, depuis quelques années, il semblerait bien que notre pays de chaumières et fromages se soit fait une spécialité d'engendrer plus de 2,01 enfants par femme mais également des troupes de black metal mystiques et voulant aller de l'avant, en tout cas, se réclamant d'une telle mouvance.

Decline of the I débute avec un nom de groupe tout à l'avenant de cette mission mystique et poétique dont il s'affuble. Decline of the I, le déclin du je si l'on s'en tient à une traduction directe dans notre belle langue. Ajoutez à cela un concept très clairement affiché de sortir 3 albums sur nos 3 réactions au monde : souffrance, rebellion et effacement. A chacun de ces états correspondra un album doté d'une ambiance musicale appropriée. Inhibition traite donc de la souffrance et pour cela fait appel selon les propres dires du groupe au côté lourd, oppressif et neurasthénique de la musique. La voie choisie est le metal d'obédience noire, faisant référence ainsi à Burzum et Code, mais également à Neurosis pour le côté plus aventureux. Il faut avouer que cette description n'est pas totalement dénuée de fondement. On sent bien le côté tribal et décadent d'un Neurosis, le cri de déchirement de Burzum. Le côté Code m'ayant échappé pour cause de non-connaissance du groupe.
Vous pouvez y ajouter un petit aspect Athanor pour ceux qui ont connu, groupe de black français malheureusement boursoufflé à en être ennuyeux, ayant adoré faire parler des personnages dont le diable, on l'entend ici. Le son proposé par ce Inhibition est très ancré dans le post black justement, froid et plutôt sec, il ne rechigne pas à une batterie organique. Il ne faudrait toutefois pas oublier les compositions qui in fine sont la partie la plus importante d'un album. Elles n'hésitent pas à s'étendre en longueur et fort heureusement à varier les rythmes et les riffs. Jamais proche du blast beat, la batterie passe de rythmes appuyés à quelques lenteurs lourdes qui se marient à l'ambiance de l'album avec bonheur. La guitare délivre des riffs diversifiés, sachant lécher le black metal tout en zigzaguant autour d'un post plutôt core décadent. Décadence d'ailleurs, voilà le maître mot de cet album dont l'ambiance est maîtresse. Vous ne headbanguerez pas sur une telle musique, soyez en certains.
Comme pour se crédibiliser en tant qu'entité mouvante et contemporaine, Decline of the I introduit régulièrement des beats plus techno. Ils sont forts heureusement bien intégrés et peuvent faire penser à l'utilisation qu'en ont fait récemment Aborym et Abigor. Néanmoins, le groupe souffre de quelques tares. Tout d'abord, la plus grande et quasi impardonnable est de s'embourber dans de longues déclamations de paroles qui se veulent poétiques beaudelairiennes mais qui finissent par irriter plus qu'autre chose. Ce n'est pas souvent, en ouverture du disque et sur l'insupportable "Mother and Whore", mais ça agace et c'est ce qui reste malheureusement le plus en tête. Pourquoi le plus alors que c'est minoritaire ? Car malgré une ambiance touffue et des compositions qui sentent bon le dégoût de l'existence, le rythme qui manque se fait sentir et impose un flou artistique, finalement assez répétitif, qui fait virer malheureusement le poète décadent en parisien hautain. Loin d'être un jugement de valeur, c'est une description qui sied à la musique ici présente.


Cela nous donne une situation quelque peu paradoxale d'un album densément peuplé de grisaille morne et de poésie apocalyptique qu'on aimerait apprécier comme la nouvelle révélation black romantique mais qui finit par pencher vers l'essai raté trop pédant d'un groupe qui donne l'impression de se voir trop beau. Le prochain album est censé représenter la rebellion et donc user de plus de violence. A voir ce que ça peut donner si Decline of the I réussit à conserver cette atmosphère décadente qui mérite d'être utilisée à plein. A l'heure actuelle, on se contentera de donner un « j'aime »pour soutenir la démarche du groupe qui intrigue et qui possède sa patte l'air de rien, mais pas plus.


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