5387

CHRONIQUE PAR ...

87
Malice
Cette chronique a été mise en ligne le 28 août 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Ilpo Paasela
(chant)

-Jussi Hämäläinen
(guitare+chant)

-Kimmo Tukiainen
(guitare+chant)

-Pekka Loponen
(guitare+chant)

-Mari Jämbäck
(claviers)

-Markus Forsström
(basse)

-Roope Sivén
(batterie)

TRACKLIST

1) Outlines
2) Spectral Light
3) Riverbed
4) The Black Corner
5) Ocean Speaks
6) Distant Drums
7) My Kin
8) Regret

DISCOGRAPHIE

A Healing Place (2012)
New Haven (2014)

The Chant - A Healing Place
(2012) - rock ambient mélancolique - Label : Lifeforce Records



Un groupe inconnu au bataillon, un nom risible, des inspirations qui font très chics mais clairement inégalables (on ne citera que Anathema, A Perfect Circle ou encore Porcupine Tree) : au premier abord, The Chant ne m'inspira qu'un profond rire déjà désabusé. Puis je commençai à écouter l'album. Une fois. Puis deux. Puis trois... jusqu'à ce qu'ils se mettent à passer en boucle sur mon lecteur CD. Oups.

Après cette intro douce-amère vient le temps de présenter un peu le groupe. The Chant est un groupe finlandais formé de 7 membres possédant déjà deux albums à leur actif (A Healing Place étant leur troisième opus). Parlons maintenant de ce nouveau rejeton, parlons en bien d'ailleurs : dès les premières secondes de "Outlines", on est saisi par l'extrême mélancolie que dégage la formation nordique. Une mélancolie froide et distante qui sera présente tout au long du disque. Vous l'aurez compris, on est loin d'un album qui bouillonne de joie de vivre. Pourtant, le groupe dégage une certaine énergie, à mi-chemin entre la transe et l'énergie du désespoir.
Les compositions de The Chant rappellent beaucoup dans leur construction celles d'Alcest et consorts, le chant hurlé en moins. En effet, sur cet opus, la voix de Ilpo Paasela reste claire et agréable de bout en bout (la première partie de "My Kin" en est une très belle preuve). Les guitares sont toujours présentes, en alternance avec le clavier. Il arrive parfois qu'un saxophone vienne s'ajouter au mélange, ou que tous les instruments s'effacent, laissant la basse et la batterie crée une ambiance tribale et énergique. C'est cette diversité qui permet à A Healing Place de une certaine répétition dans les riffs et les mélodies sans pour autant lasser l'auditeur.
Cette répétition pourrait être un point négatif, mais c'est justement l'effet contraire qui se produit : sur des titres comme "Ocean Speaks" ou "Regret", une transe mélodique s'installe, salvatrice pour des morceaux dépassant tous les 6 minutes (à une exception près). Cependant, A Healing Place peut se montrer long avant de dévoiler pleinement sa saveur. Il faut pouvoir s'isoler pour apprécier pleinement le soin apporté aux instrumentations et la variété d'atmosphères qu'ont su créer le combo finlandais : il y a le sublime "Distant Drums", le surprenant "The Black Corner" et surtout... surtout le morceau de fin, qui joue pleinement sur la corde de l'émotion. Il est à l'image de l'album : un morceau un peu long, un peu sage mais surtout prenant, mélancolique... somme toute sublime.


Il y en aura certains que A Healing Place n'atteindra pas. Des auditeurs très exigeant, qui n'apprécient pas les répétitions et le manque d'audace. Il y en aura d'autres qui encenseront cet album comme une révélation, à l'égale de monuments comme Porcupine Tree ou Anathema. Pour moi, cet album est une agréable surprise, qui m'a émue et m'a fait découvrir un groupe talentueux. Et surtout, c'est un album qui vaut amplement le coup d'oreille.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6