5386

CHRONIQUE PAR ...

98
Tabris
Cette chronique a été mise en ligne le 07 septembre 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Pierre
(chant)

-Steve
(guitare)

-Gunnar
(basse)

-Chris
(batterie)

TRACKLIST

1) In the Beginning
2) Never Gona Stop
3) You Live, You Learn, You Die

4) Go to Hell
5) Changes
6) Shout Out
7) Hunter
8) Double Dealer
9) Gone
10) Torture is my Name
11) Girls
12) Got Laid

DISCOGRAPHIE

Helldorados (2012)

Helldorados - Helldorados
(2012) - hard rock sleaze metal - Label : Massacre Records



Stuttgart, ses voitures de luxe, son orchestre symphonique, sa fête de la bière, ses délicieuses spätzle (mmh, avec plein de beurre....) et maintenant, quatre gaillards qui ont la digne prétention de taper un grand coup dans la fourmilière. Voici donc la première poussée éponyme d'Helldorados, un son sleaze qui se voudrait un mélange de Metallica, Hardcore Superstar, Guns N' Roses, Scorpions et Abba ! Un mariage de la carpe et du lapin me direz-vous ? L'idée d'une alliance entre mélodies accrocheuses, riffs musclés, solos de guitare bien sentis, le tout pimenté de ce qu'il faut d'indécence pour endommager plaisamment le cerveau est toujours séduisante, mais notre jeune groupe répond-il à ses délicieuses promesses ?

L'album démarre par "In the Beginning", une intro symphonique classique et sombre destinée bien évidement à nous conduire sur une fausse piste. S'en suit alors un gros crachat venu du tréfonds de la gorge (pour annoncer élégamment le côté juteux de l'album ?) et on entre dans le vif du sujet avec un "Never Gonna Stop" quelque peu égocentrique certes (mais la moindre des politesses est de se présenter après tout !), très énergique, mené à coup de riffs bien hard rock et l'appui d'une batterie venue avec sa gracieuse double grosse caisse. L'ardeur des titres suivants "You Live, You Learn, You Die" (mais quel beau programme pédagogique !) et "Go to Hell" qui se veut un clin d'oeil au style de Metallica, présagent de forts bon augures. Pas révolutionnaire dans l'immédiat, mais on se laisserait bien volontiers entraîner quand même.
Mais c'est alors que tombe une première fausse note, "Changes" et pour le coup, le nom est assez bien trouvé. Ce qui, dès les premières secondes préfigure le souffle apaisant d'une mélodieuse ballade (rien de trop surprenant jusque là, ça arrive à des gens très biens, voyez Scorpions !), se transforme dès le refrain en une petite niaiserie qui dénote fortement avec le rythme décidé des précédents morceaux. On saluera tout de même l'appréciable prestation du guitariste qui rattrape un peu le coup. Dommage quand même, car la réitération de l'expérience avec le titre "Gone" un peu plus loin dans l'album aura pour effet que de casser quelque peu la cohérence de l'album, difficile ensuite de raccrocher au rythme avec la nonchalance initiale.
Et c'est au fur et à mesure des écoutes que l'on se rend compte que quelques autres faiblesses se font ressentir. Ainsi, un manque d'enthousiasme apparaît parfois. On a ainsi la sensation que certaines compositions comme "Hunter" par exemple, nous sont balancées dans l'assiette sans grande passion, de façon quelque peu aseptisée. D'autre part, force est de constater que malheureusement, le chanteur ne se montre pas toujours à la hauteur de l'énergie déployée par les musiciens. Le timbre de sa voix, sans être totalement désagréable, ainsi que certaines intonations prises, laissent parfois perplexe. L'image du dernier cri dans "Shout", dont la puissance brise un verre, apparaît même comme assez ridicule. Affaire de goûts ensuite, peut être que cette voix saura en séduire certains justement par sa tonalité moins attendue.


« Satan a donné tant d'inspiration à Victor Hugo que Dieu l'aurait rendu poète », mais l'inspiration doit être déjà élevée pour charrier nos âmes sur le chemin de l'extase ! Revendiquer l'inspiration de grands noms de la musique est une chose, nous aspirons tous quelque part à atteindre un certain idéal de perfection et avons chacun un modèle de réussite à l'esprit qui nous porte dans nos projets. Mais pour atteindre cet état de béatitude, encore faut-il savoir procurer cette émotion, ce grand frisson qui pousse à la reconnaissance, on ne le dira jamais assez ! Notre jeune groupe a indéniablement de bons atouts à exploiter, mais va encore devoir battre un peu le pavé pour y parvenir tout à fait.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3