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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 26 août 2012
Sa note : 6/20

LINE UP

-Jus Oborn
(chant + guitare)

-Liz Buckingham  
(guitare)

-Shaun Rutter
(batterie)

-Tas
(basse)

TRACKLIST

1) Legalise Drugs & Murder
2) Murder & Madness

DISCOGRAPHIE


Electric Wizard - Legalise Drugs & Murder



Il y a des jours avec, et il y à des jours sans. Aujourd'hui, pas de bol pour moi : je n'y suis pas. Je n'ai pas envie. De quoi ? Je n'en sais fichtre rien, mais je vais tourner en rond et retourner me coucher ; ça ira mieux demain.  Et ça tombe bien car je ne suis visiblement pas le seul à être dans cet état. Je ne sais pas ce qu'ont mangé nos fabuleux Anglais électriques hier soir, mais ça leur est visiblement resté dans les godasses. 

Il est petit, cet opus. Et sans grande prétention. Dans l'ordre d'apparition, "Legalise Drugs & Murders" viendra nous ennuyer avec ses airs de faux-jumeau, puis ce sera au tour de "Murder & Madness" de venir se la jouer. Mais tranquille hein. Pépère. Et ensuite... et bien c'est tout. C'est tout car le présent disque n'est qu'un EP. Une sucrerie pour névrosés en manque. Ledit névrosé ne sera pas plus rassasié après écoute, mais il ne sera pas non plus chamboulé. Car oui, nos joyeux petits sorciers ont jeté dans le marmiton exactement les mêmes ingrédients qu'il leur est coutume de le faire, à savoir un doom occulte dans la veine d'un Witchcult Today, crade, enfumé, analogique et descendant direct du sabbat noir. Le terrain est donc connu. Ouf. Ouf ? Oui, Ouf. Car on ne demande sûrement pas au Sorcier Électrique de se réinventer à chaque sortie, pas plus qu'on ne lui demande de renouveler un genre dans lequel il reste malgré tout l'un des maîtres, doté d'une classe supérieure à nombre d'autres formations. Mais malgré cela, quand même, le doute est permis lorsqu'il s'agit de savoir si nos Harry Potter en herbe méritent ou non de passer dans la classe supérieure...
Le premier morceau est donc "Legalise Drugs & Murder". Mais il aurait pu s'intituler n'importe comment, il n'aurait toujours été qu'une reprise de  "The Chosen Few" , présent sur le magnifique Witchcult Today de 2007. Le riff, excellent, est exactement le même. Ce n'est pas compliqué, le morceau est une redite pure et simple. Le chant d'Osborn sonne à l'identique, « children of the grave » et tout et tout. Si cette première piste n'est pas mauvaise en soi - elle procurera même la dose de poison occulte réglementaire au néophyte tombé là par hasard -, elle n'apporte en revanche strictement rien à la mixture. Avouez, vieux érudits grisonnants, que c'est gênant. Qu'il vous en faut plus. Le second morceau, lui, est une piste instrumentale dans le veine de "Night of the Shape" (sur Let Us Prey), avec une mélodie en boucle, une guitare débridée et une jolie piste de voix inversée qui, n'en doutez pas, invite sûrement au meurtre ou à quelque autre activité peu recommandable. En bref : la bande sonore d'un vieux film horrifique des années 70. Celui dans lequel le cimetière est rempli d'occulte : des tombes au caveau en passant par les baskets du gardien. Fort bien, mais sur un EP de 2 morceaux, avoir une repompe à peine voilée et un instrumental gentillet, ça fait beaucoup. Ou, au contraire, trop peu. 


On le devine, cet EP, sorti exclusivement en vinyle, est un objet de collection destiné au fan : le vrai (il s'est d'ailleurs vendu comme des petits pains). Pour nous autres, modestes adorateurs des sorciers du Dorset, il est un peu léger. Si il ne présage de rien, cet EP dévoile une recette mille fois ingurgitée, souvent avec grand plaisir d'ailleurs. Mais ici, c'est trop peu, définitivement. Deux morceaux ne suffisent pas et il ne nous reste qu'à attendre la prochaine livraison qui, elle, devra être à la fois plus copieuse et plus innovante sous peine, pour le Sorcier, de se faire détrôner.


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