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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 22 août 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Matthias Zimmer
(chant+guitare)

-Andreas Ballnus
(guitare)

-Bjorn Kluth
(basse)

-Martin Buchwalter
(batterie)

TRACKLIST

1) Regression of the Art
2) Tongues of Cleavage
3) Dead Man´s Theories
4) Incarnation
5) The Cocoon
6) The Last Day
7) Lost
8) Unfailing System
9) Tearing the Old
10) Termination
11) The End
12) Candor Hurts

13) My Fate

DISCOGRAPHIE


Perzonal War - Captive Breeding
(2012) - thrash metal - Label : Metalville



Dans la vie, il y a deux types de groupes : les bons et les mauvais (oui, ça commence lourd, je sais). Et parmi les deux catégories, il y a qui deviennent connus, d’autres non. Non, je ne donnerais pas d’exemple sous peine d’attiser la polémique et de réveiller la colère du metalleux. Des groupes de talent n’ayant pas la reconnaissance qu’ils méritent, il y a malheureusement un assez grand nombre. Perzonal War fait partie de ceux-là. Loin d’en être à leur coup d’essai puisque leur premier album date de 1998, Captive Breeding constitue leur septième album studio déjà, et ce malgré un break de quatre ans depuis leur album précédent. Cependant, si ces quatre ans ont servi à l’écriture de cet album, grand bien leur en a fait.

Car Captive Breeding, à l’image de son titre et de sa pochette, va vous amener dans un univers étrange, ou plutôt vous ramener à vos cauchemars bizarres et distordus, que vous ne comprenez pas toujours mais qui vous mettent mal à l’aise. Lourd et aérien à la fois ("Regression of the Art"), malsain et onirique ("Dead Man’s Theories"), la musicalité est différente, et les premières notes de l'album vous mettent tout de suite dans l’ambiance. Les riffs sont prolongés, donnant une texture rêveuse au son, soutenu par une voix de type basse, monotone et non saturée, parfaitement en accord au cœur de ce mélange harmonieux, ce chaos ordonné. L’ambiance a quelque chose d’onirique et de rock à la fois, et les refrains entêtants voient le jour au cœur du halo technique des couplets, et l'on a pas le temps de s'en rendre compte avant d'avoir le souffle coupé ("The End").
Tantôt soft, tantôt violent et thrash, Perzonal War nous laisse entrevoir, à l’image de sa pochette, un monde étrange, tordu et sombre, teinté cependant de touches de couleurs qui laissent imaginer une voie de sortie. Car chaque chanson, aussi dure soit-elle, proposera à un moment ou à un autre cette ouverture vers le rêve salvateur, la fuite de cette dure réalité. Cela se matérialisera souvent en un refrain aussi fin que surprenant par rapport à une ambiance générale violente aux influences thrash. Les chansons sont variées entre elles mais participent toutes à une cohérence générale plutôt crédible, le son est plein, puissant, les riffs mémorables et la voix par son coté sombre et monotone sur le son thrash/speed donne clairement à la musicalité de Perzonal War une atmosphère peu commune, étrange et addictive.
Une musicalité clairement à part donc. Il est d’ailleurs assez étonnant quand on pose l’oreille sur le son Perzonal War de se dire qu’ils n’ont jamais vraiment percé ailleurs que sur la scène underground allemande. Et si maintes fois par le passé, ils furent assimilés à un petit groupe de thrash lorgnant joyeusement sur Metallica, ils prouvent aujourd’hui si besoin est qu’ils ont leur propre personnalité. L’ambiance ici est sombre. Un côté post-apocalyptique rongé par la végétation qui reprend le pouvoir, une dystopie technologique dont on s’échappe par le mélodique. Car c’est bien là la force de Perzonal War, ce mélange équilibré de puissance technique, de violence maitrisée et de mélodique inattendue qui porte aux nues un son déjà de qualité. Le plus bel exemple de ce parfait équilibre sera peut-être le morceau "The Last Day", faible rayon lumineux au cœur d’un rêve tourmenté, magnifique passage de cet album, doté de paroles auxquelles les groupes de thrash ne nous ont pas habitué.


Perzonal War fait donc partie de ces groupes qui sont toujours restés relativement underground, mais qui méritent clairement plus de reconnaissance : leur créativité est certaine, le son différent. Captive Breeding sera peut-être l’album qui leur permettra de toucher un public enfin plus large. Ce sera largement mérité et ça vaudra bien des sorties insignifiantes beaucoup plus médiatisées.


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