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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 30 juillet 2012
Sa note : 19/20

LINE UP

-Stephen McBean
(chant+guitare)

-Amber Webber
(chant)

-Matthew Camirand
(basse)

-Jeremy Sschmidt
(claviers)

-Joshua Wells
(batterie)

TRACKLIST

1)Stormy high
2)Angels
3)Tyrants
4)Wucan
5)Stay free
6)Queens will play
7)Evil ways
8)Wild wind
9)Bright lights
10)Night walks

DISCOGRAPHIE

In The Future (2008)

Black Mountain - In The Future
(2008) - rock stoner - Label : jagjaguwar



Il était une fois un montagne noire. Depuis des siècles, elle dominait la vallée, imperturbable. Beaucoup avaient tenté d'en percer les secrets sans jamais y parvenir. Puis, un jour comme un autre, un poignée de baladins, armés de leurs lyres magiques, de leurs percussions enchantées parvinrent à pénétrer le cœur de la montagne enchantée pour y découvrir que la clé de notre futur se trouvait dans le passé. Evidemment cette expérience transcendantale ne pouvait être transmise telle quelle et  les baladins décidèrent de transcrire leur épiphanie en une longue ballade qui pourra être transmise de générations en générations. Ils l'appelèrent  « In The Future ».

Il paraît que c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes. Si ce vieil adage est vrai dans les arts culinaires, il est plus difficilement transposable en musique. Beaucoup s'y sont essayé pour des résultats peu probants... D'autres sont passés maitres dans l'exercice. C'est la cas de Black Mountain. Outre la production moderne, ce In The Future pourrait aisément passé pour un album des seventies tombé dans les oubliettes. Prenez une bande de jeunes Canadiens visiblement tombés dans la marmite Sabbath, abreuvez les de groupes psychés estampillés LSD et ajoutez une bonne grosse louche de folk version « loner » (il s'agit de Neil Young) et vous obtiendrez Black Mountain.
Si leur premier album sobrement intitulé Black Mountain laissait présager des qualités d'écriture des Canadiens, c'est réellement avec In The Future que le groupe laisse éclore son talent. Pas la peine de s'attarder sur les capacités instrumentales des musiciens, c'est des pointures, attardons nous plutôt sur l'intelligence de leurs compositions. Et que je te passe allégrement d'un morceau lourd où la fuzz fleurit à tout bout de champs (la magnifique "Stormy High" qui ouvre l'album) à une ballade champêtre guitare de hippie à la main (Stay Free, superbe). Et que je te fais un détour dans le psyché hypnotique ("Queens Will Play", voix féminine envoutante, riff circonvoluant ou encore "Bright Lights") sans omettre une incursion dans le blues-rock groovy option orgue ("Evil Ways").
Ce In The Future, n'est pas qu'un album, c'est une véritable cartographie du rock des années 70. Les musiciens se payent le luxe de faire  « penser à »  sans jamais tomber dans le plagiat putassier. Tous les morceaux sont bons, voire très bons et certains tendent même vers le génie pur et dur. Un exemple ? Volontiers : "Tyrants". L'intro part tambour battant, gros riff et tout puis c'est le calme après la tempête le morceau se construit autour d'une batterie épurée, de guitares tournoyantes (au moins autant que les interventions du clavier) et d'harmonies vocales masculin/féminin. La tension monte gentiment quand les guitares s'énervent pour venir mourir au pied d'une batterie décidée et d'un riff de guitares comme on entend peu dans sa vie. Quand on est capable de sortir un morceau comme ça, on peut mourir le sourire aux levres. 

Vous l'aurez compris, bien loin de jouer les opportunistes du revival 70's qui peuplent le rock depuis le début des années 2000, Black Mountain démontrent qu'au delà d'aimer la musique de leurs papas et mamans, ils en ont intégré toutes les ficelles, digéré tous les effets et sortent en 2008 un album essentiel. Bien fou serait l'amateur de rock qui laisserait échapper une aussi belle pépite de son tamis.


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