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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 29 juillet 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

Iason
(chant)

Polydeykis
(guitare+claviers)

Talos
(guitare)

Faethon
(basse)

TRACKLIST

1)The Warrior's Scion
2)The Bold Prince of Macedonia
3)The Battle of the Granicus (Persian in Throes)
4)Phalanx Invicta
5)Marching to War
6)Golden Shields in the Sky
7)Death Behind the Walls
8)New God Rising (At the Oracle of Siwa)
9)Before the Gate of Ishtar
10)Battlefield Aenaon
11)The Apotheosis of Alexander
12)Ride Through the Achaemenid Empire
13)Heart of the Ocean (Nearchus Advancing)
14)Macedonian Force
15)Legends Never Die

DISCOGRAPHIE

Alexandros (2012)

Sacred Blood - Alexandros
(2012) - heavy metal - Label : Pitch Black



Pour une fois que les Grecs nous proposent autre chose que de l’extrême (même s’ils le font superbement bien la plupart du temps), la curiosité est forcément de la partie lorsqu’on penche une oreille sur Sacred Blood. D’autant plus que ce groupe de heavy metal épique n’a pas sorti tant d’albums que cela, Alexandros n’étant que le second depuis leur formation en 2002. Pas forcément productif dans la quantité, les Grecs. Mais intéressons-nous plutôt au contenu qu’à la décoration.

Car Alexandros a peut-être pris son temps avant de voir le jour, mais c’est probablement pour le mieux, car le résultat est solide, fort, mais également bien produit et pas avide d’idées. Un concept album sur Alexandre le Grand, ce n’est pas forcément très inattendu dans le monde du heavy metal, mais cela n’avait pas encore était fait. Sacred Blood emprunte donc les traces épiques laissées par les albums de Virgin Steele ou encore de Symphony X avec des thèmes inspirés de la Grèce Antique, et il sera bien sûr impossible de ne pas penser au mythique "Alexander the Great" d’Iron Maiden, surtout lorsque certains passages  de l’album laissent deviner l’évidente influence du fer de lance de la NWOBHM.
Et bien que nous retrouverons les lieux commun du heavy metal en général et du metal épique en particulier, on ne pourra nier que Sacred Blood possède son ambiance, sa personnalité, chose qui fait le plus souvent cruellement défaut au jeunes groupes de heavy metal qui en essayant de faire bien ne font que ressasser en boucle les concepts du passé, qui même s’ils étaient excellents à leur création, ne marchent qu’avec leurs créateurs d’origine (Udo, Savatage, Iron Maiden, Judas Priest, Manowar ou encore Virgin Steele). Car peut importe la qualité des influences musicales, si l’on n’a pas la fibre suffisamment créative, cela se traduit souvent par la copie. Rien de cela ici. Les Hellènes ont un coté old-school il est vrai, mais leur musicalité ne fait pas penser à un groupe en particulier, et si l’on sera plusieurs fois emporté dans la vague épique, ce sera purement pour ce qu’elle apporte en elle-même, et non en référence à un groupe déjà existant.
Des morceaux comme "Ride Through the Achaemenid Empire" notamment créeront une véritable atmosphère épique avec une saveur antique. Il s’agit de la chanson homérique parfaite, à la rythmique envoutante, pleine de magie et d’énergie combative. Cet album est finalement comme un livre musical comptant les aventures d’Alexandre de Macédoine, la magie en plus, magnifiant la légende du mythique empereur. Bien sûr parfois ce sera un peu trop, mais en même temps tellement entêtant et convaincu que l’on finit par en redemander, que ce soit sur le riff old school, la rythmique cavalière ou encore les chœurs et les refrains va-t’en guerre. On a là du metal épique tellement bien assumé que pour une fois, ça fait du bien. Évidemment on ne pourra échapper à la narration « Christopher Lee-like », avec la musique « evil » en arrière-plan. On ne peut manifestement pas éviter certains clichés. Cet ajout sera d’autant plus regrettable ici lorsque l’album se finira ainsi, de façon brutale et inattendue, sans même une envolée lyrique en conclusion. Cette fin ratée sera le seul vrai point noir de cet album.


Nous ne pouvons donc que remercier Sacred Blood d’avoir mûri cet album pendant plusieurs années au lieu de sortir un énième album de heavy metal sans saveur qui aurait été oublié avec les autres. Alexandros a un son bien à lui, honorant comme il se doit la légende que le groupe a choisi de narrer. Nul doute que Sacred Blood possède les armes nécessaires afin de sortir son épingle du jeu, et une fois libéré des clichés qui commencent à sonner terriblement faux, le potentiel du groupe se révèlera avec d'autant plus d'ampleur. Ride, Ride, Alexander Ride !


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