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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 26 juillet 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Dewey Bragg
(chant)

-Mark Zavon
(guitare)

-Rex Brown
(basse)

-Vinnie Appice
(batterie)

TRACKLIST

1)War Machine
2)
Hangman
3)Voodoo Doll
4)Gates of Hell
5)Rise from the Shadows
6)We're all Gonna Die
7)Time and Time Again
8)Old Man
9)
Mysterious Ways
10)Up in Flames
11)Revenge

DISCOGRAPHIE


Kill Devil Hill - Kill Devil Hill
(2012) - stoner Sludge stoner metal - Label : Replica / NTS



Allez hop, paye ton line-up de stars. Dans le désordre : Rex Brown (que l'on ne présente plus), Vinnie Appice (même remarque), Mark Zavon (plein de trucs) et un dénommé Dewey Bragg en guise de brailleur. Résultat des courses ? Un metal qui tire vers le sludge « New-Orleans », le grunge d'Alice In Chains et le metal pur bœuf du Black Label Society. Bref, ca invente que dalle mais ca devrait envoyer des bûches.

Ce qu'il y a de bien avec les all-star bands, c'est que même quand c'est pas original pour un rond, les gars ont suffisamment de bouteille pour faire des morceaux qui fonctionnent. Comprendre par là que même si c'est pas renversant, ca se laisse écouter avec beaucoup de plaisir. Dans le cas de Kill Devil Hill, on dégagera au bout d'une écoute deux influences majeures : le Black Label Society de Zakk Wylde et le Alice In Chains deuxième mouture (celle de l'excellent Black Give Ways to Blue). Du premier, on retiendra les riffs lourds à tendance bluesy et leurs congénères « pedal to the metal » chers au gros barbu (avec deux-trois harmoniques sifflées, histoire de dire), comme l'excellent burner "War Machine" et quelques autres torpilles dissiminées dans l'album. Pour le côté Seattle, c'est plutôt du côté des morceaux mid-tempo qu'il faut regarder. Incroyable, dès que le métronome ralentit les lignes de chant, les inflexions de Dewey Bragg font immédiatemment référence au dernier album de la bande à Cantrell. Et il faut avouer que c'est plutôt bien foutu.
Malheureusement, le trop est l'ennemi du bien et il faut avouer qu'au bout de quelques écoutes on aimerait moins penser à Cantrell et un peu plus à Kill Devil Hill. Mais le choix artistique des bonhommes penche plus vers le 80 bpm que vers les missiles de croisière promis par l'opener survitaminé. Fort heureusement, Vinnie Appice n'est pas un perdreau de l'année et dans les contrées mid-tempo, il connait son affaire : bref, ca groove à mort. Du coup le guitariste (un ancien de chez Ratt m'indique mon encyclopédie en ligne préférée) développe gentiment riffs et autre joyeusetés avec le même entrain que le bûcheron. Quand à Rex... il fait du Rex ! A savoir qu'il est là, présent dans tous les compartiments du jeu : la force tranquille quoi ! Du coup les morceaux défilent sans à-coups et l'écoute intégrale de l'album se déroule paisiblement. Pas d'envie d'user et abuser du bouton flèche droite mais pas d'envie d'user du flèche gauche non plus. Et c'est bien là le problème ! Les morceaux sont bons, se laissent écouter, mais à aucun moment on a envie de réécouter inopinément et ad nauseam un morceau particuliérement jouissif (à part peut etre "Old Man" qui fait son taf).


Kill Devil Hill. Les écoutes s'enchainent et décidemment il manque quelque chose. C'est bon, ca joue, les excellents riffs pullulent, les passages bien gaulés aussi, mais cette impression de « peut mieux faire » revient encore et toujours. Un arrière goût de « je l'ai déjà entendu et mieux fait » en quelque sorte. Reste un honnête album de stoner metal, pas prétentieux pour un rond et qui comblera sans problème les kids pas trop regardant. Pour les vieux bricards à qui on ne la fait plus, ca va être un peu plus difficile.


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