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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 24 juillet 2012
Sa note : 8/20

LINE UP

-Chuck Shuldiner
(chant+guitare)

-Rick Rozz
(guitare)

-Kam Lee
(batterie)

TRACKLIST

Death By Metal (1st Version) Demo
1) Legion Of Doom
2) Evil Dead
3) Mantas
4) Death By Metal
5)Power Of Darkness

Death By Metal (2nd Version) Demo
6) Legion Of Doom
7)Power Of Darkness
8)Death By Metal
9) Evil Dead

Rehearsal Early 1984 - Rehearsal
10) Legion Of Doom
11)Mantas
12)Death By Metal
13) Evil Dead
14) Rise Of Satan

DISCOGRAPHIE


Mantas - Death By Metal
(2012) - death metal - Label : Relapse Records



Peut-être êtes-vous aussi amateur de retro-gaming ? Vous savez, ces espèces de trentenaires nourris à la Megadrive, à la NES et autres Master System qui, d’une certaine manière, sont resté coincés dans les années et les jeux qui ont bercé leur enfance en y rejouant régulièrement, nonobstant leurs graphismes hors d’âge et leurs sonorités désuètes. Pourtant, on peut, trente ans après, trouver un charme certains à cette jouabilité disparue, à ces musiques simples mais accrocheuses et à ces bons gros pixels carrés aux couleurs chatoyantes. Oui, retourner aux racines de ce qui a fait que le jeu vidéo d’aujourd’hui est ce qu’il est peut être amusant et stimulant. En est-il de même avec le metal ?

Bien évidemment, la réponse est oui. Oui, parce que même en 2012, on peut éprouver un kiff non feint à se réenvoyer dans le casque des Kill’Em All, British Steel, Black Metal et autres Ace Of Spades. Parce que ces albums, quoiqu’arrivés tôt dans l’histoire du metal et des groupes qui les ont produits, étaient des albums aboutis ayant marqué l’histoire. Le groupe Death a fait partie de ces groupes ayant forgé le metal, avec des albums cultes comme Leprosy, Spiritual Healing et même leur première vraie sortie, Scream Bloody Gore en 1987. Faut-il remonter encore avant dans la genèse de ce que Chuck Shuldiner fera des années plus tard, enchainant chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre ? Faut-il rouvrir les vieux cartons, les tout premiers pas ? Cette réédition des premières démos (avec, sur un second CD, un live de 84 que nous n'avons pas eu) de ce qui alors ne portait pas le nom de Death mais celui de Mantas est-elle indispensable ? Faut-il tout déterrer et surtout, tout vendre ?
Parce que ces démos, enregistrées dans la cave de Chuck il y a presque 30 ans, sont bien ce qu’elles sont : un témoignage de la rage qui habitait ce jeune homme, une première trace de ce qui deviendra un groupe de légende mais en aucun cas une œuvre achevée et travaillée. Spontanées et brèves comme une éjaculation, ces chansons déclinées en plusieurs versions n’ont aujourd’hui qu’un intérêt d’archive, tant les écouter est difficilement supportable. Le son est infâme, la performance approximative, Chuck hurlant comme un damné dans son micro sans vraisemblablement se douter que trente ans plus tard, il y aurait encore des gens pour l’entendre… Le fan de Death se doit bien sûr de posséder ces chansons, mais c’est sans doute déjà chose faite depuis un moment. Les autres n’ont strictement aucun intérêt à mettre la main sur cette réédition : il se produisait à cette même époque des produits bien plus aboutis. Relapse, qui réédite petit à petit les albums de Death et de Control Denied, a choisi de ne pas faire l'impasse sur les démos de Mantas. En un sens tant mieux : mais il faut répéter une fois encore qu'elles n'ont rien d'indispensables pour apprécier Death.


Le temps a souvent tendance à poser un vernis sur les choses, les rendant plus attractives qu’elles peuvent en réalité l’être. Il convient donc, en matière de retro-gaming comme en retro-metal (si vous me permettez l'expression), de bien sélectionner les choses dignes d’intérêts et de ne pas croire que, parce que c’était les débuts du phénomène, on y prendra plaisir encore aujourd’hui.


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