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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 24 juillet 2012
Sa note : 9/20

LINE UP

-Beist
(chant)

-Dreugh
(guitare)

-Kobal
(guitare)

-Dr.Horror
(basse)

-Skarstein
(batterie)

TRACKLIST

1) A Murder Of Crows
2) And A Colder Breed
3) Hearts Blood
4) Ed
5) The Great Leviathan
6) Beneath Black Waters
7) Victorious, I
8) The Gatekeeper
9) Snowfall
10) I Ly As Lyset

DISCOGRAPHIE


Krake - Conquering Death



Oui, je sais, vous aussi vous vous êtes dit : « tiens, sympa la pochette, mais ça me fait penser à celle du dernier Dimmu Borgir. » Même teinte bleutée, un visage et une texture de pierre… de loin, ça sent le racolage marketing à plein nez. Et bien sûr, Krake vient aussi de Norvège et pratique également du black métal symphonique. Hum. Oui, bon, mais si la qualité est au rendez-vous, nous sommes prêts à leur pardonner. Malheureusement…

…n’est pas Dimmu Borgir qui veut. A ce petit jeu – se frotter aux meilleurs – on ne ressort que rarement gagnant. C’est un peu la leçon que nous retiendrons de ce Conquering Death, qui à n’en pas douter a été conçu pour plaire aux amateurs de Abrahadabra. Dans les faits, rien qui ne choque : il y a des guitares, une batterie metal qui blast avec une motivation non feinte, des nappes de synthés et une voix black agressive – que demande le peuple ? Et pourtant, l’ennui est prégnant plus d’une fois durant les cinquante-cinq minutes que dure cet album, la faute à des compositions peu inspirées et franchement plates la plupart du temps. Et ce malgré le fait qu’elles ont été visiblement élaborées pour être relevées par le clavier, qui se contente malheureusement de baigner l’ensemble de nappes prévisibles, sans qu’aucun thème ne vienne jamais – ou presque – s’en détacher. Du coup, tout se ressemble, rien ne surnage et l’auditeur se détache petit à petit de son écoute.
La faute en est également à la production, qui manque cruellement d’ampleur. Là où l’adjonction de sonorités synthétiques est souvent supposée donner de la grandeur et de la puissance à l’ensemble, le tout se fond ici dans une production très compressée et sans ampleur où guitares et synthés – ne parlons même pas de la basse – peinent à se différencier et à former ce duo normalement si équilibré où chacun magnifie l’autre. Du coup, tenir presque une heure avec ce son compact dans les oreilles tient de la gageure et ne met pas en valeur les compositions – de toutes façons plutôt banales – du groupe. Les rythmes ont beau changer régulièrement, passant du blast à des patterns plus heavy, la recette semble se répéter à l’envie sans jamais convaincre, ou peut-être lors de quelques rares moments sympathiques comme sur "Beneath Black Waters" ou la lente et majestueuse "Snowfall".


Trop peu pour convaincre que Krake ait quelque chose de nouveau ou en tous cas d’original à proposer. L’ombre de Dimmu Borgir plane sur leur formation, mais pas seulement : il y a des relents de l’école polonaise (Hate, Vesania…) dans l’utilisation des synthés, mais en tout cas, à aucun moment, nous ne serions tentés d’en faire une nouvelle référence du genre. Éventuellement un groupe à suivre, au cas où, mais c’est bien tout.


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