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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 08 juillet 2012
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Allen B. Konstanz
(chant+batterie+claviers)

-Markus Stock
(guitare)

-Yantit
(guitare)


TRACKLIST

1) Heimkehr
2) Bereue Nichts
3) Staubfrei
4) Stahl Trifft Kopf
5) Morgenrot
6) Schatten
7) Schmutzengel
8) Was Bleibt
9) Dürrer Mann
10) Der Letzte Mensch
11) Mal Ehrlich

DISCOGRAPHIE

Bereue Nichts (2012)

Ewigheim - Bereue Nichts
(2012) - gothique - Label : Massacre Records



Il était une fois, une petite formation allemande inconnue dans les terres francophones, qui s'est formée en 1999. Ewigheim, que ça s'appelle, et même que dedans, il y a un mec qui vient de The Vision Bleak. Le jeune trio est ambitieux, mais, hélas, jamais succès ne vint en dehors des terres allemandes. Ils sont tristes, mais déterminés, alors pour nous faire plaisir, ils nous apportent une nouvelle offrande, et encore en allemand : Bereue Nichts.

Si le nom y ressemble, ne vous attendez pas à du dark / black à la Eisregen, ou pire, bien pire, à la Nachtblut. Ici, on évolue plutôt dans un registre rock / metal gothique, un peu à la Type O Negative, influence extrêmement présente, d'ailleurs. Si ce n'est pas un hommage flagrant à Peter Steele, on retrouve une partie du charme du combo américain. Mais pas uniquement, fort heureusement. Leur musique est aussi un peu plus variée qu'elle n'y paraît, ainsi un titre comme "Staub" lorgnera, lui, plutôt sur la scène allemande, avec ce côté germanique très prononcé, se caractérisant par des sonorités industrielles assez marquées, une influence Rammstein non dissimulée, et ce côté martial, qui, lui, est typique de cette scène. Ainsi, Ewigheim mélange tous ces éléments, et, si la formation n'est pas originale, elle reste tout à fait cohérente dans sa démarche.
Cela passe aussi par la voix d'Allen B. Konstanz, très lancinante, parfois plus glaciale mais assez linéaire, ce qui, en réalité, ici, ne dérange pas. Au contraire, ce côté froid et monotone est totalement accordé à l'ambiance, ne serait-ce qu'avec le clavier de "Stahl Trifft Kopf". Il est un atout pour la formation, et son chant assez caractéristique démarque le combo par sa maîtrise, et ce contraste entre le monolithique et, pourtant, l'émotion qu'il est susceptible de dégager. Voilà qui est assez étrange, mais prenant, car tout l'opus Bereue Nichts nous offre un aspect vraiment envoûtant, à nos dépends. Tout s'y écoute très bien, et, surtout, mention spéciale pour la plus que tubesque "Duerrer Mann", avec des touches electro bien senties.
On reprochera cependant à Ewigheim de surfer un peu sur la mode de la scène goth locale, d'aller, sans complexe, chercher l'adolescente effarouchée pour en constituer, de temps en temps, son public privilégié. Quand le groupe tombe dans la facilité, ça donne un "Schmutzengel" avec ses chœurs inutiles, son phrasé lassant et ce côté à la Rammstein qui, lui, est bien trop marqué. L'inspiration devient ligne directrice, et à ce moment, les Allemands ne sont que très peu convaincant. Tout cela est, bien sûr, oublié assez vite, par une très réussie "Der Letzte Mensch", ou un "Morgenrot" lourd et froid, qui résume parfaitement ce que le groupe est capable de faire dans ses grands moments d'inspiration.


Bereue Nichts est donc un album honnête, qui cède parfois à la facilité mais nous offre un bon moment dans son ensemble. Même si, avec cet opus, Ewigheim ne sortira pas encore du lot de la scène locale surchargée du goth rock / metal allemand, on peut penser qu'avec l'expérience des musiciens et ce qu'ils sont capables de nous offrir, ils pourraient avoir un bel avenir. Ils ont les cartes en main, à eux d'en faire bon usage.


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