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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 07 juillet 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Agata
(chant)

-Stefan
(chant)

-Robert
(guitare)

-Gregor
(basse)

-Roman
(batterie)

-Manuel
(percussions)

TRACKLIST

1) Sock ´n´ Doll
2) Falling
3) Monkey Boy
4) U Say What
5) The Butterfly Defect
6) Rasputin
7) Bad Betrayer
8) Adrenalin
9) Hocus Pocus
10) Raise Me Up
11) Hey DJ!
12) Police

DISCOGRAPHIE


Kontrust - Second Hand Wonderland
(2012) - inclassable - Label : Napalm Records



Kontrust, c'est un groupe de gens fous, fous, fouuuus, qui font une musique, elle, folle, folle, fooooolle. Oui, ça semble étrange comme ça, et, étrange, ça l'est. Alors comme ça, ça semble vague. Mais ce troisième opus des autrichiens, Second Hand Wonderland, devrait faire parler de lui assez rapidement. Se qualifiant comme un groupe de crosscover, Napalm Records nous démontre que l'avant-garde metal a encore de beaux jours devant lui.

En gros, vous mixez beaucoup de Faith No More et de Skindred, et encore, ce serait vraiment trop réducteur tant ce que propose Kontrust est éclectique, diversifié et va chercher dans tout, dans tous les sens. Des petites notes de polka, des ambiances de cirque, quelques petites notes d'electro ou encore de reggae, voilà à peu près ce à quoi vous pouvez vous attendre tant ce joyeux bordel foisonne d'idées qui surviennent de partout et nous font vivre ce cocktail déjanté et intense assez rapidement, car l'opus reste plutôt court et tout est structuré sur une durée plutôt limitée, dans les quatre minutes, généralement. C'est donc tout le défi de la formation autrichienne : parvenir à garder intact cet esprit doux-dingue dans des pistes au minutage réduit tout en ne partant pas dans le bordel.
Et comble du comble, parfois ils se prennent dans leur propre piège, en créant des structures qui semblent redondantes, ou répétitives. Tout n'y est donc pas maîtrisé sur ce point, et bien que la démarche du combo soit entièrement louable, on encouragerait Kontrust à parfois ne pas hésiter à se lâcher à étendre sa recette, pour rendre encore plus grand cet aspect déjanté. Ceci dit, tout est quand même bien foutu, et ils pêchent surtout, donc, pas cet aspect, cette volonté de tout vouloir faire passer … à la radio, si l'on peut le dire ainsi. Certes, tout y reste extrêmement bien fait, mais la folie, elle, n'est donc pas suffisamment contagieuse. Enfin, parfois, car souvent, c'est quand même assez déluré pour nous faire passer un excellent moment, et ce n'est pas un titre comme "Bad Betrayer" qui dira l'inverse.
Car en dépit des défauts qu'on peut trouver à Second Hand Wonderland, tout fonctionne comme sur des roulettes. L'opus est joyeux, et sa joie est plus que communicative. Elle irradie littéralement, en démontre "Sock'n'Doll" et son refrain au yodel, et "Monkey Boy", très simiesque. Sa rage aussi, comme sur "Hey DJ!", ou un peu plus de mélancolie comme sur "Falling" Diversité de la musique, mais aussi des atmosphères et des émotions, voilà une recette fonctionnelle, ultra-intelligente et qui ne nous épargne pas quelques tubes à l'instar de"U Say What", "Rasputin" ou "Hocus Pocus". Les refrains restent en tête longuement, ils sont souvent le point d'orgue, ce moment qu'attends Kontrust pour lâcher toute la folie furieuse dont ils peuvent faire preuve et nous entraîner dans cette valse folle, exception sur les deux titres faibles : "Raise Me Up" et "Police".
Une très grande partie de l'intérêt est, elle aussi, portée par les voix de Stefan et d'Agata. Bien sûr, la jeune polonaise surpasse son collègue masculin, dont le chant typé reggae peut s'avérer assez irritant sur la longueur, n'atteignant pas des sommets. Là où, à l'inverse, la chanteuse est beaucoup plus intéressante et versatile, et possède une bien meilleure technique, avec plus d'assurance. Son chant pop, acidulé, convient totalement à ce que nous offre Kontrust, et même si elle ne peut faire reposer tous les aspects uniquement sur ses frêles épaules, elle parvient néanmoins à rattraper, quand il le faut, les quelques erreurs et approximations du chanteur, qui, s'il n'est pas mauvais, reste de temps en temps encore dispensable.


Second Hand Wonderland est un opus fou, fou, complètement fou, taré même, frappé, mais en même temps assez raisonnable et cohérent. S'il manque encore ce petit quelque chose qui fait toute la différence, nul doute qu'il nous fera aussi passer de très bons moments, pour une durée de vie, elle, loin d'être éphémère. Et tant mieux. Car nos autrichiens sont capables de faire encore mieux ! C'est vous dire l'étendue de leur potentiel.


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