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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 04 juillet 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Thomas Wouters
(chant+guitare)

-Bram Hilhorst
(guitare)

-Mathieu Westerveld
(basse)

-Quint Meerbeek
(batterie)

TRACKLIST

1) Trapped
2) The Butcher
3) Iced
4) Sleep Terror
5) Demons of the Cross
6) Charlatan Messiah
7) Tombstone Crusher
8) Malevolence
9) I Am the War
10) Cryptic Realms

DISCOGRAPHIE


Bodyfarm - Malevolence
(2012) - death metal Old school de manuel - Label : Cyclone Empire



Madame, Monsieur, la musique qu’écoute votre enfant est un facteur important de son développement inetellectuel et moral, et vous avez raison de vous préoccuper de ce sujet. Les laboratoires Bodyfarm ont mis au point Malevolence, premier album à remplir toutes les conditoins de l’exigeante norme OSDM 1000, « Old School Death Metal 1000 », certifiée par l’Institut Winter pour le Death Metal de Qualité (ISWDMQ). Avec Malevolence, votre bambin écoutera une musique qui remplit toutes les conditions garantissant une qualité optimale du produit. En provenance directe de Hollande, la marque Bodyfarm est élaborée par les meilleurs spécialistes. Les riffs sont soumis à un exigeant processus de sélection pour maintenir le produit dans la grande lignée des références du début des années 90.

Le détail de la norme OSDM 1000 est le suivant : une structure couplet-refrain, et une absence de passages techniques et de shred sont garantis pour une meilleure lisibilité de la musique. Les solos sont simples et ne durent pas plus de 30 secondes et six dixièmes, afin que l’auditeur ne perde pas le fil de la chanson. Bien entendu, les claviers, instruments non-conformes et autres voix féminines sont consciencieusement éliminés, dans le cadre du renforcement viril de la jeunesse. Autre point important de la norme : les passages en blast sont rigoureusement annoncés par les progressions d’accord en usage chez les grands anciens (Morbid Angel époque Altars of Madness ou Napalm Death période Harmony Corruption). Les vocaux sont totalement death-metal, toute tentative de chant clair est rigoureusement éliminée, édification masculine de l’auditeur oblige. Néanmoins, la norme prévoit l’introduction d’une dose de chant suraigu « à la Deicide », inférieure, dans tous les cas, à 10,24% du total du chant.
Les paroles, quant à elles, se limitent exclusivement à dire que la religion ce n’est pas bien et à décrire les fléaux de ce monde. Par leur côté insignifiant, elle ne troublent pas l’auditeur dans l’écoute de la succession de riffs bien choisis et excellemment exécutés. Tous les morceaux sont autant d’odes au vieux death d’autrefois et Malevolence ne possède aucun temps faible. S’il fallait quand même faire ressortir quelques titres phares, on pourrait citer le superbe accueil que nous réserve "The Butcher", ou le très heavy "Demons of the Cross", au passage en blast bienevenu, ainsi que les trois derniers morceaux de l’album. Le son rampant et la puissance toute suédoise de "Malevolence" sont un hommage saisissant aux grands noms du passé. De son côté "I Am the War" aux relents épiques et mélodiques propose un contraste final assez bienvenu avec le reste de l’album. Enfin, pour clore l’album en beauté, quoi de mieux qu’une reprise des mythiques Massacre, réputés pour leur death dépouillé et couillu, avec Monsieur Rozz en personne au micro ? D’autant plus que "Cryptic Realms" est loin d’être leur pire création…


Vous l’aurez compris, avec Malevolence, Bodyfarm n’invente ab-so-lu-ment rien. Rien du tout. Il s’agit purement et simplement du death metal tel qu’on le pratiquait il y a vingt ans. Rien d’autre (même la pochette est aussi peu insipirée que celle d’Altars of Madness). Mais par contre, quelle succession de passages savoureux ! Quelle précision dans l’exécution ! Il n'y a aucune baisse de régime à déplorer, au contraire, la fin de l’œuvre est presque meilleure que le début. Les Hollandais nous déversent une musique, que certains qualifieront peut-être d’obsolète, avec une conviction très contagieuse. Ancrées dans le passé ou non, toutes les personnes porteuses du virus death metal devraient pouvoir pousser quelques growls de satisfaction à l’écoute de l’album.  « Vous aussi, testez la puissance Bodyfarm ! Achetez Malevolence, maintenant ! »


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