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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 21 juin 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Joakim Broden 
(chant) 

-Rikard Sunden 
(guitare) 

-Oskar Montelius 
(guitare) 

-Daniel Myhr 
(claviers) 

-Pär Sundström 
(basse) 

-Daniel Mullback 
(batterie) 

TRACKLIST

1) Dominium Maris Baltici
2) The Lion from the North
3) Gott mit uns
4) A Lifetime of War
5) 1 6 4 8
6) The Carolean's Prayer
7) Carolus Rex
8) Killing Ground
9) Poltava
10) Long Live the King
11) Ruina Imperii

DISCOGRAPHIE


Sabaton - Carolus Rex
(2012) - heavy metal - Label : Nuclear Blast



Pendant la dernière campagne présidentielle, la stratégie de l'UMP a été de faire passer François Hollande pour un parfait bouseux jamais sorti de sa Corrèze, et par conséquent incapable de peser sur la scène internationale. Aujourd'hui, on a la preuve éclatante du contraire : je ne parle de son petit concours de blague avec Obama, mais de l'immense influence de son célèbre slogan « le changement, c’est maintenant ». En effet, il a réussi l'incommensurable exploit de convaincre Sabaton de se renouveler un peu. Après ça, je vous garantis qu'au prochain sommet européen, la Merkel, elle va pas ramener sa mouille…

En revanche, les Suédois, ne l'ont pas tous compris de la même façon : pour certains, c'était plutôt « le changement de line up, c’est maintenant », puisque depuis l'enregistrement de l'album, pas moins de 4 des 6 membres du groupe se sont fait la malle ! Pour le moins étonnant de la part d'un groupe jusque là réputé pour sa stabilité. En revanche, Joakim Broden, l'incontestable leader et unique compositeur de Sabaton, l'a pris comme une incitation à faire (un peu) évoluer une formule qui commençait à manquer sérieusement de fraîcheur. Bien sûr, ce n'est pas la révolution totale, et on retrouve quelques schémas de composition habituels de la part de Sabaton : dans la famille titre opener chargé en chœurs et en claviers à la Attero Dominatus, je voudrais "The Lion from the North" ; dans la famille mid tempo costaud à la "Cliffs of Gallipoli", je voudrais "The Carolean's Prayer" ;  dans la famille heavy / speed explosif à la "We Burn", je voudrais "1 6 4 8" ; dans la famille heavy up tempo avec refrain qui va droit au but à la "Nuclear Attack", je voudrais "Poltava"… Autant de figures imposées qu'on retrouve sur tous les albums de Sabaton, mais qui sont cette fois beaucoup plus réussies que sur Coat of Arms, qui manquait singulièrement de souffle à deux ou trois exceptions près.
Alors du coup, qu'est-ce qui a bien pu changer ?  Un titre sort du lot par son côté inédit : "Gott mit uns". Ce morceau nous propose une petite ambiance folk loin d'être désagréable, entraînante sans tomber dans les claviers tsoin tsoin. Broden y chante de façon plus douce et le tout fait penser à ce que donnerait du Amorphis version heavy metal. Pour le reste, sans se montrer aussi étonnant, Sabaton innove en poussant plus loin qu'il ne l'a jamais fait les éléments « symphoniques » (ça me chiffonne toujours d'utiliser ce terme pour causer heavy metal) : les chœurs sont plus fouillés qu'à l'accoutumée, y compris sur les morceaux les plus directs comme "The Lion from the North", avec un break qui affiche tout de suite ces nouvelles intentions ; Daniel Myhr dispose également de davantage de place, comme sur la ballade "A Lifetime of War" dont le côté épique ressemble à ce que Manowar essaie désespérément de faire depuis des années. Dans cette nouvelle optique, le morceau le plus abouti est incontestablement "Carolus Rex", qui réussit à sonner de façon à la fois grandiloquente et dramatique sans tomber dans le kitsch. Et pour ne pas trop bousculer sa fanbase, Sabaton n'oublie pas de caser dans la foulée un morceau heavy on ne peut plus classique, avec les fameuses rythmiques tagada. Bien vu !


Alors là, voilà la véritable surprise de ce premier semestre 2012. Tel un patineur artistique qui peut réussir son programme à la perfection sur une compétition et le planter complètement la fois suivante, Sabaton continue de s'appuyer sur ses fondamentaux mais en tire cette fois un bien meilleur résultat que sur Coat of Arms ; parallèlement, les Suédois instillent enfin cette petite touche de nouveauté qu'on leur réclame depuis des années et à laquelle on ne croyait plus à force de les voir faire du surplace. Au final, rien de moins que leur meilleur album à ce jour, un cran au-dessus des références qu'étaient jusque là Attero Dominatus et The Art of War. Incroyable !


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