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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Karsten "Jagger" Jäger
(chant)

-Jochen "Joe" Trunk
(basse)

-Tommy Fritsch
(guitare)

-Olly Lenz
(guitare)

-Kai Bergerin
(batterie)

TRACKLIST

1)66 (Intro)
2)Sick
3)Floating On High
4)For God?
5)Continue From This Point
6)Crawl
7)Rewind It All (Death Or Glory)
8)Lost In Time
9)Try
10)Edges
11)Mental Signpost
12)To Atone For All

DISCOGRAPHIE

66Sick (2005)
Heal ! (2010)

Disbelief - 66Sick
(2005) - death metal doom metal - Label : Nuclear Blast



Fier d’une bonne poignée d’albums marquant pour chacun une nouvelle étape dans sa progression musicale, Disbelief propose son nouvel album 66Sick, de qualité très marquée, pour une musique lourde et puissante. Design et compositions sobres sont les remparts de la forteresse Disbelief qui renferment de nombreuses qualités faisant de ce groupe une valeur sûre et intègre du death/thrash aux influences hardcore. Suite au très convaincant Spreading The Rage sorti en 2003, 66Sick s’adresse à un public avide de musique intense dans son expression, simple dans sa composition et lourde dans son approche sonore et rythmique. Le reste se joue sur les nuances instrumentales et le registre assez varié du chanteur.

Si Karsten aborde la chose avec violence pour les vocaux hardcore/death, le registre chant extrême/mélodique sur "Floating On High" et "Rewind It All" se veut aussi particulièrement convaincant. Il devient même parlé sur "Continue From This Point", composition la plus intimiste de l’album avec son mid tempo et ses mélodies posées dégageant un trait général de nostalgie. Lors de ces moments où les lignes mélodiques demeurent l’âme du morceau, je ne peux m’empêcher de penser aux italiens de Novembre, qui abordent – au chant près - les compositions avec la même sensibilité. Et comme ce dernier combo, l’utilisation de guitares acoustiques qui soutiennent la ligne harmonique globale accordent aux murs de guitares saturées une dimension plus profonde encore.

Ainsi chaque titre a sa part mélodique, soit soutenue principalement par le chant ("Lost In Time"), soit par l’instrumentalisation ("Crawl"). L’intensité de cet album vient de la capacité à dessiner des titres forts d’harmonies, lourds, interprétés par des guitares grasses érigées en mur de force. On en vient à penser que Disbelief est loin d’être le groupe de death brutal attendu, mais plutôt un groupe de death/doom faisant appel aux composantes les plus extrêmes pour déployer une agressivité chargée de lourdeur. "Rewind It All" et "Try" ont une approche plus simple et directe. Les transitions sont bonnes et la batterie respecte la teinte et la puissance imposée dès les premières notes de 66Sick. Plus mélancolique et torturé, "Edges" se déploie très naturellement et en impose grâce aux vocaux intenses écrasant l’atmosphère déjà lourde, prise d’assaut dans les breaks par une basse imposante. Pour finir la galette, Disbelief offre "Mental Signpost", intermède ambiant des plus glauques, avant d’imposer "To Atone For All" dans la lignée de "Lost In Time". À remarquer notamment que le combo poursuit l’effet pervers de sa musique en s’attachant à la fin de ce titre aux accords de l’intro de l’album. Finalement on ne se rend pas compte lorsque le CD repart dès le début après s’être terminé, et l’on reste indéfiniment suspendu au monde de Disbelief.


Bref, les fans de doom, de death et de hardcore trouveront ici leur compte, et se pencheront sur les albums précédents si ce n’est déjà fait. Vraiment, les teutons méritent le respect pour cette offrande, qui n’a pas la prétention de bouleverser un quelconque style mais plutôt celle de se poser comme un pavé de marbre dans la flaque virevoltante du doom death.


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