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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 12 juin 2012
Sa note : 10.5/20

LINE UP

-Pierre
(chant)

-Ben
(guitare)

-Tony
(guitare)

-Thomas
(claviers+violon) 

-Audrey
(basse)

-Jef
(batterie) 

TRACKLIST

1) Tomorrow, at Dawn
2) On the Heights of Despair
3) Under the Cross
4) Meshiha
5) Good Mourning Child
6) Insomniac Animal
7) An Ode to Myself
8) Trismegistus King
9) Leave Scars
10) Diving Bell and Butterfly
11) I.N.R.I 

DISCOGRAPHIE


Memories Of A Dead Man - V.I.T.R.I.O.L
(2012) - postcore ambient - Label : Klonosphere



Parmi les milliers d'albums promos qui circulent dans la sphère métallique, il y a pour un chroniqueur deux classes d'albums: ceux qu'il retiendra et ceux qu'il ne retiendra pas. On est ici au comble du subjectif il est vrai, mais c'est pourtant la dure réalité. Surtout que ceci se fait bien souvent au détriment de la qualité intrinsèque de l'album en question… Voici donc le paradoxe que pose le dernier bébé de Memories Of A Dead Man (MOADM pour la suite) intitulé V.I.T.R.I.O.L : comment un album plein de qualités peut-il être aussi poreux ?

 MOADM pratique un style casse-gueule: le postcore à tendance ambiant, pensez à Cult Of Luna par exemple. Le schéma émotionnel est simple: violence d'un côté, sombre et dépressive, accalmies de l'autre, plus lumineuses et mélancoliques. Un classique qui a fait ses preuves avec les cadors que sont Tool, Neurosis, Deftones ou encore Opeth, influences affichées du groupe. On peut clairement admettre que l'on retrouve ces sonorités, avec l'agressivité  du chant hardcore, la lourdeur des riffs et la mélancolie des passages calmes. Tout semble bien rodé, trop rodé… MOADM se veut ambiant, enivrant, envoûtant, lancinant, il tombe malheureusement dans le panneau d'un carcan dont il n'arrive à se défaire.
On s'ennuie. Voilà, c'est dit. C'est très beau, c'est très bien fait, mais il manque cette pointe de folie et ce souci de l'efficacité qui fait sortir du lot. On veut y croire mais on n'y arrive pas. Tout semble bridé: les rythmiques sont fortes là où on les voudrait dévastatrices, le chant est écorché là où on le voudrait hargneux, les mélodies sont belles là où les voudraient magnifiques. Un problème d'intensité en somme. La conséquence directe est que les titres passent et l'attention s'échappe. Pourtant quelques titres retiennent l'attention à l'image de l'opener "Tomorrow, At Dawn" pour le coup efficace tant dans les couplets que les refrains.
L'intro de "Good Morning Child" est particulièrement poignante, tout comme le dernier titre "INRI", piano à l'appui, qui développe une structure moins conventionnelle. Ce dernier est à l'image de "Leave Scars" et "Diving Bell And Butterfy", les morceaux qui le précèdent, moins lancinents et plus appliqués. On notera à cette occasion la participation du chant féminin de la bassiste fort bienvenu. Dans une moindre mesure, "An Ode to Myself" se détache par une progression intéressante du morceau. Plus généralement, c'est la fin de l'album qui apporte une lueur (noire) d'espoir pour la suite, après une première moitié plus convenue et soporifique.


Il y a à boire et à manger sur ce V.I.T.R.I.O.L, clairement pas aussi décapant que de l'acide sulfurique. Le problème du groupe vient sûrement de sa volonté de coller à certains plans, à l'image des refrains qui sont bien souvent trop répétés. Si le groupe parvient à gagner en efficacité de composition et en originalité, on peut s'attendre à un passage au niveau supérieur. Un album pas déplaisant, mais qui risque de prendre la poussière sur une étagère.


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