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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 11 juin 2012
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Christian Älvestam
(chant)

-Jani Stefanovic
(guitare)

-Marcus "Skägget" Bertilsson
(guitare)

-Christian Lundgren
(basse)

-Oscar Nilsson
(batterie)

TRACKLIST

1) Stepping Stone Agenda
2) Children Of The Flames
3) Ghost Barrier
4) Ciniphes
5) Hill Of The Poison Tree
6) Disaster Cage
7) On Wings Of Brimstone
8) White Light / Black Rain
9) Tomb Of Tephra
10) Waylayer

DISCOGRAPHIE


Miseration - Tragedy has Spoken
(2012) - death metal - Label : Lifeforce Records



Il chôme pas Christian Alvestam. Entre Solution.45, Torchbearer, Unmoored et Miseration sans oublier sa longue liste de featuring, son CV rivalisera bientôt avec celui de son compatriote Dan Swano. Pour ceux qui se demanderaient encore qui est ce cher Christian, il est de ceux qui maîtrisent à la perfection 2 styles vocaux opposés en tous points : le growl profond du death metal pur et dur, ainsi que le chant mélodieux à l’extrême qui fait pousser des cris d’admiration à la gente féminine adepte de pop. Un talent dont il a plus qu’abusé chez Scar Symmetry, le groupe qui l’a fait connaître et qu’il a continué à exploiter,souvent aux côtés de son compère Jani Stefanovic.  Pour l’album qui nous intéresse aujourd’hui,c’est la facette la plus malfaisante de sa voix qui nous intéresse. Après un essai moyennement convaincant dans le death classique il y a 3 ans, il est temps de voir si sa bande a retenu la leçon.

Les nouveautés du jour sont : guitares 8 cordes, esraj (instrument à corde indien), mandoline, piano, orgue hammond, chant diphonique mongole. On s’enflamme pas, Miseration ne s’est pas reconverti dans le folk/prog. Sur le papier de telles expérimentations ont déjà dû illuminer le regard de l’extrêmeux moyen, las de déguster toujours la même sauce. Malheureusement, toutes ces belles promesses sont très (trop ?) maigrement disséminées sur l’ensemble de la galette, les grattes mises à part qui sont extrêmement dissonantes, sinon à la limite de l’audible. « Ouais on a eu des 8 cordes, on va s’en servir toutle temps !! » Le sous accordage est ici parole d’évangile. Littéralement fusionnées avec la basse, on n’entend presque pas les guitares, tant elles sonnent grave.
On sent chez Miseration une volonté de complexifier leur musique dans le mauvais sens et pas toujours très subtilement. Prenez "Stepping Stone Agenda" qui démarre vraiment sur les chapeaux de roue. Tant d’énergie déployée qui semble partir dans le vide parce que les musiciens ont décidé de jouer aussi vite et fort qu’ils le peuvent, en plaçant aléatoirement  des notes d’instruments folk. Négligeant la cohérence et la musicalité au passage, ils vont ainsi enchaîner pendant quelques titres les morceaux brutaux mais dépourvus de substance. Ne resteront que des « moments » relevant un peu le niveau mais bien trop souvent isolés du reste au point qu'on ne peut pas les rater (un riff, un break et surtout les outro). On relèvera très peu de solis, dommage, car ça aurait pu apporter une dimension un peu plus riche à Tragedy has Spoken.
Puis survient "Ciniphes", le morceau simple qui suffisait pour rappeler une des vertus de la musique brutale : faire headbanger. Un titre sans prétention aucune, agressif juste comme il faut, efficace, où le phrasé de Christian a enfin l’air de ne pas avoir été mixé au hasard. Sans aucun doute le meilleur de l’album,  se concluant dans une atmosphère post-apocalyptique à base de claviers aériens. On s’y sent tel un cadavre abandonné après le massacre de la bataille. Et c’est reparti pour une nouvelle leçon de death à la suédoise avec "Hill of the Poison Tree".
Intro martiale dévastatrice,des blasts-beats, en veux-tu, en voilà. Dommage, c’est un petit peu court, mais suffisamment bon pour faire remonter Miseration dans mon estime. Le supersonique  "White Light / Black Rain" est dans la même veine, sauf qu’il est encore plus speedé, uniquement tempéré par son refrain plus lent. On regrettera encore quelques coups de mou ("Tomb Of Tephra") mais c’est déjà un cran au dessus du début d’album. Ah, c’est plus fort que lui, ce bon vieux Christian n’a pas pu s’empêcher de pousser la chansonnette sur "On Wings of Brimstone", c’est pas plus mal d’ailleurs. Sa voix claire n’a aucun besoin d’être mise à l’épreuve,alors pourquoi ne pas donner un peu de contraste à son growl du démon ? Le plus posé "Waylayer" conclut ce troisième opus dans une ambiance qui n’est pas sans rappeler le diabolique "Cry my Name" de Bloodbath.


C’est donc un petit peu mieux que le précédent. Juste un petit peu. Pas encore assez pour faire de Miseration un groupe avec lequel on doive compter, mais en tout cas suffisant pour les inciter à persévérer. Après tout, les classiques du metal extrême n’ont pas forcément tous été écrit dans les années 80-90…


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