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CHRONIQUE PAR ...

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Mayou
Cette chronique a été mise en ligne le 29 mai 2012
Sa note : 16/20

LINE UP

-Alexander Otto
(chant)

-Erik Gaßmus
(guitare)

-Henrik Tschierschky 
(guitare)

-Nils Urginus
(basse)

-Leo Wichmann
(claviers)

-Jonas Wübbe
(batterie) 

TRACKLIST

1) Project : Daybreak
2) Ever After
3) End Of Transmission
4) On Second Thought
5) Auriga
6) The Great Escape
7) Urban Panorama
8) Sorae
9) Vagrant Story
10) Sundown Serenade

DISCOGRAPHIE


Words Of Farewell - Immersion
(2012) - death metal mélodeath Goteborg - Label : AFM Records



Quand on pense à du metal allemand, on aurait plutôt du genre à se tourner vers le thrash agressif typé 80s et orienté houblon à la Tankard. Seulement voilà, tous les allemands ne sont pas des alcooliques notoires complètement ivres de violence (on nous aurait donc menti ?). Certains arrivent à réfléchir, à se prendre la tête avec des mélodies compliquées et des structures alambiquées. Cela m’a donc surpris lorsque j’ai écouté Words Of Farewell (oui je suis plein de préjugés) et son ambiance presque posée (non je ne suis pas du tout relatif. Ma vérité devrait être la vôtre, d’ailleurs c’est pour ça que vous me lisez non ?).

Et j’aime être surpris. La musique est elle si originale que ça ? Bon, il est vrai qu’elle descend directement de Göteborg et de ses fidèles représentants, Dark Tranquility en tête… Mais tout de même, ce style cristallin, ces mélodies aériennes et cette production qui semble s’envoler, tellement elle parait légère, apportent une ambiance toute particulière au skeud. Des riffs entêtants, un synthé au meilleur de sa forme et des arpèges délicats permettent une écoute des quarante-huit minutes rapide, et s’écoulant sans aucune possibilité de revenir en arrière, comme l’eau claire que vous essayez de garder prisonnière de vos mains, en vain. Toutefois, un certain aspect direct et très "death" persiste. La saturation, la construction des riffs, le growl rappelant celui d’Amon Amarth, tout cela nous fait (re)penser à la bonne vieille époque et aux Jester Race ou Slaughter Of The Soul. Du moins, la comparaison avec ce dernier sera moins de mise ici, puisque Immersione semble apporter un message plus positif que le puissant et rageur album d’At The Gates. Ce message positif se traduit à la fois par ces mélodies incisives, mais raffinées, et cette ambiance brumeuse, à l’image de la pochette.
Puisqu’on en parle, l’homme seul au monde qui apparait dessus doit percevoir sa situation comme cette musique : dramatique mais pleine de possibilité, et si la personne correspond, alors il ne s’agit que d’un des meilleurs évènements depuis longtemps. Dramatique comme un "Sorae", où la déstructuration s’oppose parfaitement avec les notes presque subjectives de synthé, ou porteuse d’espoir comme "The Great Escape" et son refrain qui vous laissera sur place, effrayant d’efficacité. Que dire de plus sur ce Immersion ? Et bien, il ne s’agit ni plus ni moins du premier album de nos allemands. Cela nous laisse donc présager de beaux jours pour le groupe qui, s’il se débrouille bien, arrivera très vite en haut du podium mélodeath et pourra profiter de l’avenir pleinement, tout comme nous de leur musique s’ils continuent sur cette lancée. On pourra tout de même noter un petit manque de personnalité, car la musique reste très influencée par la scène death mélodique suédoise et le power à la Amorphis. Toutefois, Words Of Farewell a réussi à instaurer cette ambiance particulière, faite de lumière et de clarté, qui pourrait faire penser aux progueux de Kalisia, et même certains riffs en mesure composées pourront contenter les fans de Dream Theater et compagnie.


Un album pour tous, donc, et plutôt facile d’accès, grâce à des riffs mélodiques du plus bel effet, mais qui se révèle tout de même au fil des écoutes grâce à une ambiance qui s’impose du début à la fin des quarante-huit minutes que composent l’album. Vivement la suite !


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