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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 28 mai 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Mandy Andresen
(chant+claviers)

-Gregg Williamson
(chant)

-Stuart Prickett
(tous les instruments)

TRACKLIST

1) The Long March
2) Empty Places
3) To Your Fate
4) Reflections in Shattered Glass
5) Reclaimed by Dust

DISCOGRAPHIE

II (2012)

(2012) - doom metal gothique funeral doom à tendance gothique - Label : Autoproduction



Einstein a démontré avec la théorie de la relativité que si des personnes voyagaient à une vitesse proche de celle de la lumière, elles vieilliraient moins vite car leur temps se dilaterait.  Elles-mêmes ne remarqueraient rien et penseraient bouger à une vitesse normale, mais le commun des mortels verrait leur rythme vital se ralentir. Les musiciens des groupes de funeral doom auraient-ils trouvé le moyen de se déplacer aussi vite que la lumière ? Ont-ils l’impression de jouer de l’ultra-brutal death-metal et de composer des morceaux de quelques minutes seulement ? Il faudrait poser la question aux membres de The Slow Death, dont le deuxième album, II, suit à la lettre les conseils du dicton « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ».  Cinq morceaux : le premier de vingt-cinq minutes, les autres de dix à douze minutes. Et on s’ennuie ? Pas trop, non. 

Pas trop, mais attention : les (nombreux) metalheads allergiques à la pesanteur du doom funèbre, à ses riffs éléphantesques et répétitifs, et à ses vocaux d’outre-tombe peuvent passer à la chronique suivante. Les membres de The Slow Death ne font  aucune concession aux normes du genre. Ils se contentent de les embellir. Comment s’y prennent-ils ? C’est assez simple, ils ajoutent à leur doom-death extrême une bonne dose de musique gothique. Pour créer cette ambiance, en plus de savoir bien insérer de longues (forcément longues…) parties harmonieuses de guitares claires et de claviers, ils ont à leur disposition une carte maîtresse : la chanteuse Mandy Andresen. Officiant également dans d’autres groupes assez peu connus comme Murkrat ou The Dust and The Howling Wind, cette demoiselle est assez envoûtante. Mandy possède le timbre typique des ensorceleuses goths : agréable et douce en surface, sa voix possède en profondeur la pointe de dureté et de menace de celles qui savent lancer des incantations.
L’alchimie entre la Belle sorcière et la Bête caverneuse fonctionne bien durant les trois premiers titres. Sur "The Long March", le dialogue entre les deux voix se transpose aux niveaux des instruments et les mélodies cristallines répondent aux riffs lents et sépulcraux, et les vingt-cinq minutes sont bien remplies. "Empty Places" est le morceau speed de l’album, puisque sa seconde partie est jouée sur un bon mid-tempo... Les mélodies sont alors servies par une rythmique heavy un peu plus traditionnelles et l’on apprécie de sortir pendant quelques minutes de la lenteur funèbre. Quant à "To Your Fate", majestueux, ses nappes de claviers mettent en valeur une nouvelle fois le fascinant dialogue entre Mandy et Gregg, le chanteur.  Les deux derniers morceaux sont, quant à eux, plus fades, comme si le groupe avait laissé toute son énergie dans la profondeur abyssale des trois premiers titres. Les mêmes ingrédients sont utilisés, mais le charme s’est un peu rompu. Avec "Reflections in Shattered Glass", les musicos introduisent des guitares noisy qui ne cadrent hélas pas trop avec le reste de l’album, et la chanson tourne globalement à vide. "Reclaimed by Dust" est également un peu terne, mais les deux derniers morceaux ne gâchent quand même pas vraiment un opus globalement réussi.


Si Ahab noie l’auditeur dans les eaux agitées des océans, la Mort Lente condamne l’auditeur à une longue marche, éprouvante, que l’on imagine facilement devoir s’effectuer sous la chaleur accablante du désert australien. II ne propose pas de révolution musicale, mais l’album a le mérite d’allier funeral doom et mélodies gothiques avec habileté. The Slow Death ne vient pas pour rien du pays de groupes comme Disembowelment ou Dead Can Dance… Si la fin de l’album est plus poussive, les trois premiers morceaux sont de haute volée et le dialogue proposé entre la pesanteur noire et mélodies éthérées devraient satisfaire les amateurs de gothic doom-death, tout comme le premier album (éponyme) du groupe avait déjà su le faire il y a quatre ans. Le groupe est autoproduit mais il mériterait bien qu’une maison de disques s’occupe d’eux. Croisons les doigts pour eux.


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