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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mai 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Guillermo Izquierdo 
(chant+guitare) 

-David Alvarez 
(guitare) 

-Jose Izquierdo 
(basse) 

-Victor Valera 
(batterie) 

TRACKLIST

1) You Are Next
2) At the Gates of Hell
3) Violent Dawn
4) It's Rising !
5) Blood on the Snow
6) Killer Instinct
7) The Hope is Gone
8) Fresh Pleasure
9) Still Corrupt
10) Reborn

DISCOGRAPHIE


Angelus Apatrida - The Call
(2012) - thrash metal - Label : Century Media



Après son premier album Clockwork, on avait rangé Angelus Apatrida aux côtés des Megadeth et autres Annihilator, adeptes d'un thrash véloce mais pas foncièrement violent. Alors qu'a-t-il bien pu se passer depuis ? Ils ont choppé une intoxcation alimentaire avec un bout de chorizo pas frais ? Ce sont des fans du Barça qui n'ont pas supporté la perte du titre? Sont-ils tout simplement au chômage, comme 1 de leurs compatriotes sur 4 ? Toujours est-ils qu'en 2012 ils reviennent, et ils sont vraiment, mais alors vraiment pas contents…

Le style du groupe n'a peut-être pas fondamentalement changé, mais l'intensité est toute autre. Déjà, en raison de la production : les guitares sont tranchantes, ce qui était déjà le cas sur Clockwork, mais cette fois la batterie bastonne méchamment. Ensuite, le jeu s'est durci : les riffs se font vraiment très agressifs, et Victor Valera a tendance à avoir le pied lourd sur la double pédale, même si fort heureusement, il n'oublie pas de varier un minimum ses plans pour casser un peu le rythme et ne pas sonner trop monotone. A un moment, on a presque peur que le groupe y perde son âme : un titre comme "Violent Dawn" a beau être surpuissant (je m'en couperais bien une pour entendre Slayer sonner à nouveau aussi méchant), il n'en reste pas moins un titre à la portée de n'importe quel groupe de thrash revival à la Suicidal Angels. Il aurait été dommage de ne suivre que cette voie-là quand on connaît les autres atouts dans la manche d'Angelus Apatrida, mais il n'en est rien. Les Espagnols ont plus d'une corde à leur arc et nous en font une nouvelle démonstration.
La première moitié de l'album est tout simplement parfaite. On y trouve tout ce qu'on aime dans le thrash. Pour remplir le quota de frontal bien bourrin, on a déjà évoqué "Violent Dawn", mais on peut citer aussi l'opener "You Are Next", très agressif  lui aussi mais qui relâche un peu la pression sur le break taillé sur la scène et sur le solo, qui permet aux musiciens de démontrer toute leur dextérité. Entre temps, on a aura eu droit au mid tempo de rigueur avec "At the Gates of Hell" : ce titre, dans un style à la Testament, aurait pu être très bon mais Angelus Apatrida a voulu y incorporer des éléments plus techniques et une influence melodeath. Malheureusement pour eux, tout le monde n'a pas le talent de Sylosis pour mixer avec maestria autant de facettes différentes. Speed mais un peu moins portée sur l'agressivité, "It's  Rising !" permet de renouer avec le style de Clockwork, très inspiré par Megadeth, tandis que "Blood on the Snow", qui donne dans le thrash moderne agrémenté d'un break très old school, aurait parfaitement pu figurer sur le dernier Anthrax.
Après ce début tout simplement parfait, la seconde moitié n'est clairement pas du même acabit. Comme si les Espagnols pensaient avoir fait la différence en prememière mi-temps, et qu'ils se contentaient de gérer en seconde… Les premiers symptômes apparaissent sur "Killer Instinct", un titre pas forcément raté, mais qui fait penser au Megadeth d'Endgame : ça tricote sévère, mais sans parvenir pour autant à sortir du bon riff. Idem plus loin avec "Reborn", un titre un peu plus mélodique que les autres, très correct mais pas non plus impérissable. Moins d'indulgence en revanche pour "Still Corrupt", peu intéressant hormis la partie musicale pas piquée des vers à la Annihilator, et "Fresh Pleasure", sur lequel Guillermo Izquierdo, déjà pas forcément un grand chanteur à la base, prend une voix hardcore carrément à côté de la plaque. Cette seconde partie est tout de même sauvée par la présence de "The Hope is Gone", un excellent mix de thrash et de heavy qui fait penser à du Savage Messiah (tiens donc, j'avais pas déjà fait ce rapprochement la dernière fois ?).


« Et si la relève finissait enfin par arriver », vous disais-je la dernière fois ? Là, il est fort possible que la question n'ait plus à se poser. Tout en conservant sa capacité à revisiter toutes les facettes du thrash, Angelus Apatrida a encore augmenté son niveau d'écriture, réduit la voilure pour limiter le nombre de fillers, pour au final nous offrir au final un album très costaud. Qu'est-ce que ça donnera quand ils arriveront enfin à serrer le jeu quand l'inspiration se fait moindre ! Evile peut d'ores et déjà trembler pour sa place de favori pour l'accession au trône une fois tous les vieux crabes à la retraite…


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