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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mai 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Elizabeth Schall
(chant+guitare)

-Juan Ramirez
(basse)

-Mike Caffell
(batterie)

TRACKLIST

1) Wake
2) Midnightmares
3) Overlord
4) Corpse Mountain
5) In Memoriam
6) Lapse
7)
Into the Depths
8) Exile
9) Departure

DISCOGRAPHIE

Midnightmares (2012)

Dreaming Dead - Midnightmares
(2012) - death metal - Label : Autoproduction



Le petit monde du death metal regorge parfois de surprises un peu inattendues, bonnes ou mauvaises. Et les plus machos verront avec amertume que ce milieu est de plus en plus peuplé par les femmes, Angela Gossow d'Arch Enemy ayant fait des heureuses, et des émules. Dreaming Dead, notamment, groupe américain porté au chant et à la guitare par une jeune femme, qui sort Midnightmares.

D'ailleurs, on remarquera que l'influence du groupe suédois est parfois présente dans les rythmiques virulentes et les mélodies endiablées, autant que dans les solos, rondement menés. Pas de doute, la formation possède une certaine technique, et si l'ombre des aînés est encore présente, ils savent néanmoins mener leur barque comme des grands, et nous offrir un bon vieux souvenir à Wages of Sin, inspiré et efficace. Les leads sont bien amenés, le propos est diversifié et surtout, très musclé. Ils prennent souvent le taureau par les cornes, et la rapidité montre leur envie de buter, de devenir l'équivalent de la formation suédoise d'outre-Atlantique. Mais aussi d'aller récupérer les déçus en reprenant aux heures de gloire d'Arch Enemy.
Seulement, résumer Dreaming Dead à un simple clone serait une erreur, et au niveau inspiration, on peut également penser à Detonation ou Death. La sauce est mélodique, mais n'hésite pas à se faire plus féroce, et bien incisive sans tomber dans l'excès, comme sur le très bon "Overlord", qui secoue bien là où il passe, avec une mélodie très variée incluant même un passage acoustique. C'est ce qui fait la force du groupe : la variété des influences leur permet à la fois une réelle variété dans la musique, tout en gardant une cohérence élémentaire. Ils ne s'encombrent pas dans les détails, mais ne se limitent pas à du bourrin bête et méchant. On retrouve une réelle volonté de bien faire, et de respecter des bonnes vieilles traditions du death.
D'ailleurs, Elizabeth Schall évoquera parfois Angela Gossow, mais dans sa version non-truquée et retouchée, celle qui est brute, agressive mais convaincante. Pas d'effets superflus, ni de retouches à tout va, juste une simplicité de voix et un naturel des plus jouissifs. La demoiselle sait gueuler, et se révèle comme une frontwoman extrêmement compétente. Enfin, pour ménager, il y a une intro instrumentale, et une instrumentale, "In Memoriam", dont on se demande si elle n'est pas dédiée à Chuck Schuldiner, le côté progressif évoquant le regretté combo Death. Dreaming Dead n'hésite pas à montrer qu'ils veulent prendre une place, et qu'ils peuvent montrer les crocs. Et ils sont très prometteurs.
"Corpse Moutain", par exemple, est un titre tout ce qu'il y a d'excellent : à la fougue de leur death hargneux et sans compromis se calque des riffs typés black metal surprenants mais efficaces, et des passages prog' bien amenés, et maîtrisés. Et c'est comme ça que bien souvent, ils arrivent à nous emmener là où ils veulent. "Exile" vient prendre aux tripes avec un côté mélodique en contraste avec Elizabeth plus violente et gutturale. "Lapse" ne serait certainement pas reniée par Holy Moses, le côté thrash rendant parfaitement bien. En plus, plutôt que d'utiliser l'effet papier calque, eux préfèrent bâtir leur musique dans le but d'en mettre plein la vue sans se compromettre ni tomber dans la copie conforme. C'est carré, c'est adroit, même si ça verse parfois dans un expérimental de bon aloi, et ça fait plaisir !


Dreaming Dead et son Midnightmares ne révolutionnent rien, mais apportent une pierre à l'édifice du death. Pas dans le genre révolutionnaire, mais ils portent quand même la marque des groupes à surveiller d'urgence, car on ne sait jamais où ils vont aller, et le potentiel présent dans cette formation américaine est très grand. A eux de trouver leur style à présent, mais ils méritent bien plus que l'anonymat.


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