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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 14 mai 2012
Sa note : 10/20

LINE UP

-The Wizard 
(chant+guitare)

-Count Elric the Soothsayer
(basse)

-Krolg Splinterfist, Slayer of Men
(batterie)



TRACKLIST

1) Astaroth
2) Misery Wizard
3) Quest
4) Masters of the Sky
5) Adventurer
6) Forsaken Man

DISCOGRAPHIE

Misery Wizard (2012)

Pilgrim - Misery Wizard
(2012) - doom metal traditionnel - Label : Metal Blade Records



Il paraît que le doom traditionnel est revenu à la mode. Retour de Pentagram, Saint Vitus, reformation de Black Sabbath même! Face aux jeunes formations –core qui ne jurent qu'à coup de blasts beats et salves de double pédale, la lenteur des pionniers du metal serait-elle redevenue salvatrice ? C'est en tout cas le pari pris par Pilgrim, jeune trio de Rhode Island qui livre ici une œuvre qui répond méthodiquement au cahier des charges du doom traditionnel.

Votre serviteur doit pourtant vous faire une confidence, il n'y connaît quasiment rien en doom. Ce qui ne l'empêche pas d'apprécier un peu de lenteur et d'ambiance glauque, il est d'ailleurs le premier à critiquer tous ces groupes de death marteau-pilon qui font déshonneur à toute cette tradition héritée du doom. Il faut cependant dire qu'à écoute distraite, Pilgrim ça paraît assez chiant (normal c'est du doom!) et pour peu que vous soyez un peu fatigué le soir en rentrant du boulot, vous risquez de piquer du nez ferme ("Masters Of The Sky" dans la voiture et c'est le carton assuré!). Un minimum de concentration est requis, le mieux étant de préparer un rituel satanique avec bougies et grimoires à l'appui pour s'immerger pleinement dans la chose. Le problème c'est qu'à l'instar de l'album de doom moyen, vous avez peu de chance d'écouter ce Misery Wizard en boucle pendant une semaine et ce pour plusieurs raisons.
La première c'est que vous allez ralentir sérieusement votre horloge interne et devenir ainsi épileptique à l'écoute de n'importe quel groupe de death technique (et c'est plutôt triste). La suivante, c'est que votre rythme de parole risque faire peur à votre entourage. Enfin la dernière (et pas des moindres) c'est que vous allez finir par haïr cet album (et il ne le mérite pas forcément). Les morceaux sont  en effet loin d'être mauvais. Les riffs sont lourds et malsains, le chanteur est possédé par le Malin, la basse gronde comme les Enfers et chaque coup de caisse clair résonne comme le glas. Le doom, c'est avant tout une ambiance. Et qui dit ambiance, dit long développement. Long développement dont on ne voit pas toujours la fin ("Masters Of The Sky ou le final "Forsaken Man"). La lenteur a en cela quelque chose de frustrant, c'est qu'une fois que l'ennui pointe le bout de son nez, le craquage n'est jamais bien loin. Hormis le très stoner "Adventurer" qui redonne un peu de punch, il n'y a guère d'endroit pour reprendre un peu d'air dans cette poussière crasseuse à perte de vue.


Que faut-il retenir de ce premier effort de Pilgrim ? Que les gars sont bons, mais pas assez pour nous faire saliver ? Que le doom old school, c'est cool mais à petites doses et c'est sans doute d'autant plus dur que pas mal de groupes semblent débarquer sur le créneau quand les plus anciens ont déjà tout écrit ? A vous de choisir.


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