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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mai 2012
Sa note : 9/20

LINE UP

-Wino
(chant)

-Dave Chandler
(guitare)

-Mark Adams
(basse)

-Henry Vasquez
(batterie)

TRACKLIST

1) Let Them Fall
2) The Bleeding Ground
3) Vertigo
4) Blessed Night
5) The Waste of Time
6) Dependence
7) Withdrawal

DISCOGRAPHIE

Lillie: F-65 (2012)

Saint Vitus - Lillie: F-65
(2012) - doom metal - Label : Season Of Mist



Saint Vitus nous vient des États-Unis, et a été absent très, très longtemps car figurez-vous que leur dernier brûlot date de 1995 ! Donc, après 17 ans, ils se sont dit qu'il était temps de se réveiller et hop un nouvel album, comme quoi les miracles arrivent parfois. Le bébé s'appelle Lillie: F-65 et tout ce que l'on espère, c'est qu'après tant d'absence, ils ne prennent pas la rouille.

Malheureusement, les craintes se confirment au fur et à mesure des écoutes. Pourtant, le combo nous avait habitué à un doom metal de qualité, riche en émotions et bien amené. Il faut croire qu'à force de rester tellement de temps sans pondre une nouvelle offrande, les quatre hommes ont perdu l'habitude de composer quelque chose de percutant, et de majestueux : résultat, une très courte durée de vie (l'opus fait environ 30 minutes ce qui est franchement décevant après une si longue attente, proche du foutage de gueule), et une énorme perte d'intérêt à chaque fois. La raison : des compositions fortement en-dessous de leurs capacités, qui, en plus, sont pourvues de quelques longueurs, et terminent en devenant fortement monotones.
Et pourtant, cela commence bien : "Let Them Fall" est un bon morceau d'introduction, et donne espoir pour la suite. On retrouve aussi de la qualité un peu plus tard avec "The Waste of Time", qui, assurément, n'en est pas une, de perte de temps. A part ça ? Rien. Des pistes plates, une atmosphère étouffante, pour une production qui, même si elle n'est pas mauvaise, renforce cet aspect oppressant, mais pas dans le bon sens, car cela donne uniquement envie d'abréger tout cela, et de passer à autre chose. Ainsi, on s'ennuie sur des morceaux à l'intérêt très limité, qui passent sans qu'on se rende compte qu'ils sont terminés, le fait d'un manque cruel d'inspiration et d'émotion, un point pourtant crucial quand on fait du doom.
Voir de tels maîtres du genre chuter est un constat douloureux, et le chanteur Wino aide parfois à remonter la pente, mais parfois, pas vraiment. Sur "The Bleeding Ground", par exemple, sa prestation expressive semble carrément trop en décalage par rapport à la monotonie et à la linéarité de l'instrumentale et au son dégueulasse des guitares, et le contraste prend mal. On se retrouve donc à se demander de quelle façon notre quatuor a façonné le tout, pour donner un tel rendu, qui peine sérieusement à emporter l'adhésion. "Blessed Night" et "Dependence" finissent de nous achever par une facette redondante et surjouée sur l'aspect mélancolique. Pas la peine d'en faire un théâtre quand parfois, un peu de simplicité suffit à toucher.
Pire, le plaisir est souvent le grand absent de Lillie: F-65, qui passe distraitement, sans capter l'attention, et peine à trouver un soupçon d'intérêt. De plus, les schémas utilisés, les structures, les formules, tout est dans un terrain déjà vu et revu, classique à outrance. La formation souhaite jouer la carte du revival, mais perd en intérêt, tant ce qu'ils nous offre peut se trouver déjà ailleurs, mais en mieux. Et forcément, de la part de vétérans comme eux, ça fait mal. Auraient-ils mal vieilli ? Il faut croire que oui. Et puis, la faible durée de vie n'arrange rien, entendre ainsi tellement de fois les mêmes choses sur de si courtes minutes enfonce le couteau dans la plaie. Mention spéciale à une guitare qui peine à changer de lignes (surtout sur "Blessed Night" ou "The Bleeding Ground").


Un goût amer en bouche à la fin de cette écoute. Être un groupe âgé et expérimenté n'excuse en rien une inspiration défaillante, et un vieillissement qui n'est pas très bien négocié. Là où leur retour aurait pu être un succès, il est un peu à l'image de celui de Running Wild : décevant. Il n'atteindra donc pas le statut d'un classique du groupe, et on comprend tout à fait pourquoi.


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