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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 20 avril 2012
Sa note : 18/20

LINE UP

-Hakim Hietikko
(chant)

-Ville Suorsa
(guitares)

-Jyri Helko
(basse)

-Tuomas Raunhala
(batterie)

TRACKLIST

1) Ignition
2) Creator
3) Hero
4) Until The End
5) DieDead
6) Working Class Heroine
7) Pike River
8) Österbotten
9) Elisa
10) Seek For Help

DISCOGRAPHIE


For The Imperium - For The Imperium
(2012) - barré pop punk rock metalcore prog - Label : Lifeforce Records



« La vie c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber » nous disait ce bon vieux Forrest Gump. For The Imperium c’est exactement ça, on n’est jamais sûr de ce qui nous attend. Ce dont on peut être sûr en revanche, c’est que ces mecs sont complètement fous. Mélanger tout et n’importe quoi, ils ne seront pas les premiers à le faire. Les combinaisons improbables faites avec talent, on en a eu beaucoup. Le décor est planté : allergiques aux croisements des genres, oubliez-les. Les autres par contre…

Avenged Sevenfold, Faith No More, Guns’n Roses, Protest The Hero, Iwrestledabearonce …quelques noms qui vous viendront peut-être à l’esprit en cours de route. La liste exhaustive serait bien trop longue. For The Imperium nous propose un joyeux bordel que l’on savoure comme on le ferait pour une grosse tarte aux limaces. Catchy, virtuose, épique, parfois (tout le temps ?) ridicule, ils mixent sans retenue toutes les formes existantes du rock/metal, et c’est étonnamment réussi.Ca commence assez gentiment, mais très vite la folie prend le dessus. A commencer par leur chanteur qui part dans tous les sens. Son ton moqueur, exagérément maniéré, ses envolées grandiloquentes et ses hurlements de gobelin (oui tout ça en même temps) font qu’il rappelle vaguement un certain Mike Patton. Il a une certaine affection pour les refrains kitsch à en vomir. Et le pire, c’est que cet excès de mauvais goût assumé en devient agréable au final ! Le refrain pop et complètement gay de “Pike River” (single judicieusement choisi) devient orgasmique, porté par sa batterie survitaminée.
Quand il s’agit d’envoyer la purée, Hakim frappe très fort aussi. Le déjanté “Diedead” pour preuve, qui regroupe à peu près tous les instants les plus agressifs du disque. A des couplets hyper-burnés metalcore viennent s’enchaîner du black symphonique sorti de nulle part puis ce passage débile mais qui reste inévitablement en tête « Die-die-d-d-dead » et sert aussi d’outro. Attention, le délire général n’empêche quelques exercices plus sérieux : “Österbotten”et ses couplets au piano tout en délicatesse mais surtout le classieux “Until the End” qui n’aurait pas fait tâche sur la bande originale d’un péplum. Sur “Elisa”, il adopte un style vocal rappelant Speed (Soilwork) quand il se la joue crooner. Et alors qu’on les imagine déjà partis pour un virage 100 % épique, Hakim bascule en mode pop punk digne d'un Blink 182. A défaut d’être hyperoriginal, ce garçon maîtrise quand même une chiée de styles vocaux.
Il n’est pas seul, bien sûr : à chanteur fou, musiciens tout aussi fous. Ville Suorsa nous balance sur “Working Class Heroine” un solo de gratte rock’n roll survolté suivi d’un refrain imparable à la My Chemical Romance.Chapeau bas à quiconque n’aura pas une envie irrésistible de reprendre en chœur « She is the one for me!! My only one!! Working class hero ». Et malgré toute la folie omniprésente, For The Imperium est facile d’accès. Il est court déjà, on y revient donc sans difficulté. Jamais d’immobilisme avec eux, leurs incontrôlables pulsions barrées finissent à un moment ou un autre par reprendre le dessus. Que peut-on leur reprocher en fin de compte ? Trop fourre-tout ? On a vu pire et le mélange est cohérent à chaque fois. Pourtant, il est vrai qu’à force de toucher à tout, on a du mal bien définir leur identité. Le chant bien qu’extrêmement varié rappelle souvent certains monstres sacrés (Mike Patton, Devin Townsend, M. Shadows pour ne citer qu’eux). Mais est-ce bien grave ? Pas tant que ça, c’est quand même leur premier album !


Leur discours promo est résumé en ces mots : « The catchiest chaos ever ». Fuck yeah leur répondrais-je. Qu’un tel concentré d’éléments disparates puisse donner un résultat aussi jouissif me surprend toujours. Encore un petit-effort et ils seront incontournables, et pour l’instant en tout cas, ils sont déjà à surveiller de près. Et ils ont déjà repris les chemins des studios à ce qu'il paraît. Premier coup de coeur de 2012, j'espère pouvoir en dire autant de leur prochain méfait, sinon mieux.


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