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CHRONIQUE PAR ...

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Malice
Cette chronique a été mise en ligne le 20 avril 2012
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Miss E.
(violon I)

-Scarlett
(violon II)

-Viola
(alto)

-Helena
(violoncelle)

TRACKLIST

1) Wonderful Life (Hurts)
2) In the End (Linkin Park)
3) New Moon Theme
4) Home (Depeche Mode)
5) Cry Me a River (Justin Timberlake)
6) Cloudbusting (Kate Bush)
7) Paparazzi (Lady GaGa)
8) Run (Snow Patrol)
9) Mumbai Theme
10) Clocks (Coldplay)

DISCOGRAPHIE


Eklipse - A Night In Strings



« Sois belle et tais-toi » : voilà une maxime des plus agaçantes, mais qui peut parfois se révéler salvatrice lorsqu'elle s'adresse à certaines artistes préférant user de leur plastique plutôt que de leur talent. Les quatre nymphes sado-chic d'Eklipse ont fait de ce principe un des leurs en bannissant la voix de leurs compositions. Peu connues mais commençant à se faire connaître (elles font actuellement la première partie de Nightwish), ce quatuor reprend des tubes pop et rock à la sauce boyaux de chats. Une idée peu originale, pour un résultat ô combien élégant.

Inutile de s'attarder sur le concept du groupe. En effet, Apocalyptica ont fait de même à leurs débuts, de même que - sans doute - d'autres groupes moins connus. Le choix des dix reprises qui constituent A Night In Strings est déjà plus intéressant, oscillant entre rock ("Run", "Wonderful Life" et le célebrissime "In the End") et hits des années 80 ("Cloudbusting") en passant par la musique de deux films : Bombay et... Twilight. Difficile de savoir si c'est l'audace qui marque ces choix ou... l'envie de vendre. En effet, si l'on regarde la longueur des reprises de plus près, on peut constater qu'elles sont à chaque fois plus courtes que leurs originels (à une exception près : "Clocks" de Coldplay), comme tronquées en version single. De plus, le baratin fait autour de ces demoiselles et leur image de groupe ne trompe personne : Eklipse pue le marketing à plein nez. Dans ces cas-là, l'album vaut-il vraiment la peine qu'on s'aventure plus loin ?
Oui, pour la simple et bonne raison que nos quatre damoiselles sont bonnes (musiciennes) et que leurs reprises respectent la règle d'or de l'exercice : respecter l'intention primaire du compositeur tout en y apportant sa touche personnelle. C'est chose faite, et certaines chansons s'en retrouve magnifiées. C'est le cas pour "Run" : ce qui était au départ une jolie ballade un peu longuette se transforme en air magnifique, sublimé par les violons. Même constatation pour "Wonderful Life" et "In the End" qui se voient dotées un côté épique fort plaisant. Malheureusement, ce n'est pas le cas pour tous les morceaux : le violon suave ne convient pas vraiment au chant articulé de "Cry Me a River", de même que pour "Cloudbusting" qui devient vite ennuyeuse sans les intonations propres à la très grande Kate Bush. Quant aux thèmes de bandes originales, ils sont sans grande surprise très bien interprétés.


Malgré un talent et des qualités d'arrangement certains, le premier album d'Eklipse peine à tenir au fil des écoutes. Certes, les airs sont variés et interprétés avec finesse et élégance, mais cela ne suffit pas à faire de A Night In Strings une révélation : on ne peut s'empêcher de rester sur sa faim en le terminant. Cependant, l'effort des quatre musiciennes reste honorable et l'album s'écoute très facilement : d'ici le prochain album, il y a fort à parier que le groupe se sera déjà fait une réputation...


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