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CHRONIQUE PAR ...

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Mayou
Cette chronique a été mise en ligne le 18 avril 2012
Sa note : 19/20

LINE UP

-Alexi Laiho
(chant+guitare)

-Alexander Kuoppala
(guitare)

-Janne Wirman
(clavier)

-Henkka Seppälä
(basse)

-Jaska Raatikainen
(batterie)

TRACKLIST

1) Needled 24/7
2) Sixpounder
3) Chokehold (Cocked 'n' Loaded)
4) Bodom Beach Terror
5) Angels Don't Kill
6) Triple Corpse Hammerblow
7) You're Better Off Dead
8) Lil Bloodred Ridin Hood
9) Heate Crew Deathroll

DISCOGRAPHIE


Children Of Bodom - Hate Crew Deathroll
(2003) - heavy metal mélodeath - Label : Spinefarm record



Children Of Bodom a, en 2012, sorti 7 albums, 2 lives, un E.P. et une compilation. Le groupe a séduit de plus en plus de metalleux, que ce soit le confirmé en quête de fraicheur ou le novice se cherchant encore. Des tournées mondiales en compagnie des plus grands témoignent pour dire que la bande d’Alexi Laiho est l’un des plus grand groupe metallique actuel. Sans aucun doute, les générations futures écouteront ces albums en se remémorant cette époque bénie, tel le cinquantenaire écoute Metallica ou Iron Maiden. Chapitre 4 : l’album charnière.

Oubliez tout ce que vous connaissez de Children Of Bodom. Car aujourd’hui, le groupe a changé. Fini les mélodies à la limite de la pop et du classique, et bonjour les riffs heavy à souhait. Alexi Laiho signe ici son album le plus culotté. Par où commencer ? Par la production, plus qu’écrasante et se mariant à merveille avec le nouveau style arboré fièrement ici ? Celle qui donne ce son lourd et épais, infranchissable et contre laquelle toute résistance est inutile ?  Ou encore par les riffs… Plutôt CES riffs, uniques en leur genre, qui alliés à la rapidité des tempi s’enchainent magnifiquement sans jamais perdre de leur impact. On pourrait aussi citer les duels de soli, devenus marque de fabrique du groupe, et seul élément nous prouvant que l’on a encore à faire avec le même groupe. On pourrait aussi faire un descriptif track-by-track, aussi long qu’ennuyeux, mais pourtant nécessaire, tant cet album présente une diversité impressionnante, tout en restant dans le même registre. Et pourquoi pas présenter tous les musiciens chacun leur tour ? Alexi qui se surpasse autant niveau composition que technique, et dont même la voix se fait moins insupportable que d’habitude, Janne avec ses claviers ambiants apportant à ce heavy oppressant une touche mélodique absolument nécessaire, Henkka et sa basse ronronnant doucement mais surement, Jaska et sa double pédale sachant se faire tantôt ultra-rapide, tantôt groovy à souhait… Tous ces éléments font de cet album un inoubliable et un classique du nouveau millénaire.
Et pourtant, ce n’est par ces aspects que cet album m’a séduit. Du moins en parti, mais c’est principalement grâce au culot dont il fait preuve. Alors que CoB évoluait dans un power néoclassique mélangeant death et black (cette recette aurait pu suffire au groupe pour de nombreuses années encore), il change ici complètement de bord et nous propose un tout nouveau style. De nombreux groupes s’y sont essayés : Metallica, Megadeth… Tous, ou presque, ont échoués. Mais là où les plus grands sont tombés, Alexi Laiho et sa bande réussissent à non seulement sortir un album sans précédant, mais en plus probablement un de leur meilleur ! Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter n’importe lequel des titres qui le composent. L’hymne "Hate Crew Deathroll" et son refrain taillé pour le live, "Needled 24/7" et ses passages techno, le son écrasant de "Sixpounder", le solo de "Bodom Beach Terror", le mid tempo "Angels Don’t Kill", le groovy "Triple Corpse Hammerblow"… Tout y est pour se prendre la baffe de sa vie. Le rythme effréné de la chose augmente considérablement sa puissance, et l’on ressort de l’écoute complètement épuisé d’avoir assisté à un tel spectacle de vitesse et de maitrise. Que vaut Hate Crew Deathroll par rapport à ses prédécesseurs ? La question ne se pose même pas, tellement ils sont différents. On ne parle même plus du même groupe, et le renouvellement est maitrisé de toutes parts.


Un changement radical pour ce groupe qui aurait pu continuer sur sa lancée et devenir, avec le temps, un Motörhead ou un AC/DC nouvelle génération. Mais Children Of Bodom ne choisira jamais la facilité, et réussi son pari haut la main, en sortant l’un de ses meilleurs albums. Malheureusement, la suite ne sera pas aussi joyeuse.


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