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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 15 avril 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Mickael Kiske
(chant)

-Mandy Meyer
(guitare)

-Kai Hansen
(guitare)

-Dennis Ward
(basse)

-Kostas Zafiriou
(batterie

TRACKLIST

1) Unisonic
2) Souls Alive
3) Never Too Late
4) I've Tried
5) Star Rider
6) Never Change Me
7) Renegade
8) My Sanctuary
9) King for a Day
10) We Rise

11) No One Ever Sees Me

DISCOGRAPHIE

Unisonic (2012)

Unisonic - Unisonic
(2012) - heavy metal - Label : earMusic



Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, Kai Hansen et Mickael Kiske jouaient ensemble au sein d’une formation nommée Helloween, qui connaissait alors son âge d’or, et la Galaxie était en paix. Malheureusement, l’infâme Dark Weikath, usant du côté obscur du heavy speed, réussit à diviser nos deux héros. L’un choisi l’exil et lutta pour ne pas sombrer dans les ténèbres, l’autre continua à porter haut les couleurs des forces Jedi, bien que ses alliés furent de plus en plus rares et que ses forces s’amenuisèrent avec le temps.

Mais aujourd’hui, afin d’empêcher la chute définitive de la Rebellion Mélodique, dont tous les bastions furent défaits l’un après l’autre, ces deux légendes doivent à nouveau unir leur force pour vaincre le Mal et faire triompher la Lumière. Mais les années ont passé, les forces maléfiques sont puissantes et contrôlent le monde d’une main de fer. Nos héros n’arrivent-ils pas trop tard, trop faibles, trop peu nombreux pour sauver la Galaxie? Un avenir proche nous le dira, sous la forme d’une nouvelle formation, Unisonic, qui ressemble à s’y méprendre au chant du cygne du heavy speed mélodique, à une tentative désespérée de prouver que, hey, les gars, on n’est pas encore finis. Enfin avant de parler de chant du cygne, attendons de juger de la qualité de l’album, mais il faut reconnaitre qu’attirer autant d’attention sur une sortie traitant de speed mélo en 2012, c’est déjà un bel exploit.
Tout cela ne doit cependant pas nous faire occulter l’état des forces en présences. Kai Hansen n’a plus pondu grand chose de bien depuis 7 ans, et il faut remonter à 13 ans pour trouver trace du dernier vrai bon album de Gamma Ray. Mickael Kiske, lui, n’a jamais fait l’unanimité en solo, loin de là, et seuls ses guests de luxe ici et là (merci Tobi), ainsi que son aura de chanteur de l’âge d’or d’Helloween lui permettent encore d’exister dans l’esprit des fans. Ajoutons à ça un soupçon de Pink Cream 69 et vous obtenez Unisonic. Et pour que ce mariage accouche de quelque chose de bon, il faut ou un miracle, ou un miracle, en gros. Le single "Unisonic", qui entame les hostilités, montre pourtant que le père Kai à retrouvé un enthousiasme et une fougue que l’on ne lui connaissait pas ces dernières années, avec un riff classique, efficace et percutant, sur une rythmique qui donne furieusement envie de se tonifier le cuir chevelu.
Malheureusement, il n’a pas non plus perdu ses mauvais tics, puisque le refrain est pompé sur "Solid" (No World Order)... qui lui même était déjà pompé sur "Rapid Fire" de Judas Priest. Ouch. Et même si cet exemple reste assez tolérable, ce qui gêne plus, c’est que l’évènement n’est pas isolé, loin de là, et sans vouloir se lancer dans une liste aussi exhaustive que stérile, plus d’un refrain, riff, ou ligne de chant sent le poisson pas frais. Mais contrairement aux derniers albums de Gamma Ray, il semble possible de passer à travers ces repompes pour apprécier les titres à leur juste valeur. D’autant qu’il y en a une poignée qui valent le détour, et pas seulement composés par le père Hansen. A part le pêchu morceau titre, on retiendra "I’ve Tried" et son riff hymnesque, la lourde "King for a Day", ou encore "We Rise", à la ligne de chant plus osée, plus surprenante. En revanche, la composante speed du style pratique est assez peu présente, puisqu’on est plus souvent sur un rythme mesuré que dans la déferlante de double. L’effet Pink Cream, sans doute.
Cela à pour effet de donner un résultat à l’ambition finalement très limitée. Le groupe se contente d’aligner les mid-tempos, avec certes un savoir-faire qui n’est plus à démontrer, mais qui contribuent à installer un sentiment de lassitude à l’écoute, une monotonie qui n’est brisée qu’en fin d’album avec "No One Ever Sees Me", sucrerie signée Kiske, sur laquelle celui-ci semble - forcément - comme un poisson dans l’eau, mais qui s’étire sur 6 minutes finalement assez longues... Dans l’ensemble, l’ancien blondinet devenu chauve ne semble pas vraiment habité d’une volonté de convaincre qui que ce soit et se contente de faire le taff, avec un talent naturel immense, certes, mais sans non plus y mettre les tripes. Seul Kai semble voir retrouvé un semblant de seconde jeunesse et agresse ses cordes avec enthousiasme.

Mais un seul homme ne peut tenir cette barque seul, et Unisonic donne l’impression étrange d’être quasiment un bon album, mais que quelque chose cloche. Qu’il manque en fait un élément essentiel à l’équation pour que l’ensemble soit cohérent. N’y allons pas par quatre chemins : il manque Michael Weikath, en clair. En attendant, on se contentera de retrouver un Hansen plus à l'aise que dans un rôle de leader qui semble devenir trop lourd pour lui, et un Kiske efficace. Bref, l’Empire est loin d’être vaincu.


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