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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 13 avril 2012
Sa note : 6/20

LINE UP

-Stefano Silverstrini
(chant)

-Leonardo Filace
(guitare)

-Adriano Colombo
(guitare)

-Santino Talarico
(basse)

-Matteo Tommasini
(batterie)

TRACKLIST

1) The Man Among Two Worlds
2) Vainglory
3) Sailing Like the Gods of the Sea
4) Soliloquy of the Sentenced
5) In Sign of Brenno
6) Victimula's Stone
7) Solstice of Burning Souls
8) L'Eresiarca
9) The Oak and the Cross
10) Under Flag of Seprium

DISCOGRAPHIE


Aeternal Seprium - Against Oblivion's Shade
(2012) - heavy metal speed metal - Label : Nadir Music



Dans le sympathique milieu du power metal, on est en mesure de s'attendre à tomber sur tout et n'importe quoi, pour le meilleur, comme pour le pire. Certains noms nous restent en mémoire grâce à des opus particulièrement soignés et alléchants, d'autres, eux, on préfère s'en souvenir pour tout le ridicule et le mauvais goût qu'ils contiennent. Débarque, pour son premier album Against Oblivion's Shade, Aeternal Seprium, en provenance d'Italie, un pays exportateur de power en grand nombre, qui a su nous donner des noms cultes de nos jours et de beaux petits poulains, mais également d'innombrables seconds couteaux oubliables. Devinez où va se situer la formation du jour ?

Pourtant, au début, on pouvait entrevoir quelques jolies choses, avec des rythmiques qui sont, dans leur globalité, plutôt efficaces, avec des petits instants qui donnent envie de continuer. L'intro légèrement martiale de "The Man Among Two Worlds", par exemple, prévoyait du bon, mais c'est sans compter sur une piste qui, par la suite, ira se fourvoyer avec un air de déjà vu et entendu, une partition instrumentale qui manque sincèrement de pêche malgré l'énergie (ça fait donc un peu cache-misère tout ça …), et un refrain qui tombe à plat comme ce n'est pas permis. Et, bien sûr, comme notre cher groupe italien n'est pas (encore) doté d'un éclair de génie comme certains de leurs confrères, ils ont tendance à répéter les mêmes erreurs : morceaux d'apparence énergique qui s’essoufflent rapidement, et font disparaître le peu d'intérêt qui se présentait à nous avant l'écoute de cet ensemble désespérément vide.

Pas gâtés par une production et un mixage pas forcément très gracieux, notre petite troupe peut toujours compter sur son chanteur … ou non. Stefano Silvestrini est, en grande partie, responsable de la mauvaise tenue de ce disque convenu et banal. Sa voix est tout ce que vous pouvez imaginer si on vous demande de décrire les pires vocalistes du milieu, c'est à dire : constamment coincée dans les aigus, et bien sûr, il ne sait pas encore comment moduler son chant, ce qui n'aide pas à rendre tout cela plus supportable, évidemment. Sauf que la modulation, ce n'est pas le seul cours qu'il a séché, car au niveau de la justesse, ce n'est pas ça non plus, et forcément, ces défauts cumulés n'aident pas à faire passer les longues minutes qui défilent, sans que le plaisir d'entendre leur power metal teinté de heavy n'apparaisse. Il faut croire que finalement, nos pauvres Italiens n'ont pas grand chose pour les aider.

Et le clou n'est pas encore complètement enfoncé, car, en plus de nous coller dans la tronche des morceaux peu inspirés, et à la monotonie écrasante, ils ont le « bon goût » de nous affubler de pistes qui, elles, tirent dans les 5-6 minutes. Hé oui, en plus, Aeternal Seprium décide de prolonger le plaisir, de nous tenir en haleine un bon petit moment, pour nous faire constater finalement que le constat reste quasiment sur tout le long la même chose : un échec cuisant. Impossible de retenir en mémoire un "Vainglory" un peu plus heavy, avec un solo peu inspiré, "Soliloquy on the Sentenced" d'une platitude et d'une médiocrité qui feraient fuir l'amateur moyen du genre, ou encore "The Oak and the Cross", aux chœurs râtés, dont l'effet sonne plus ridicule qu'épique sur le refrain. En fait, deux pistes se démarquent. La première c'est "Under Flag of Seprium", qui est la moins pire de tout le lot, et presque potable (oui car le chanteur, voilà …). C'est plus enjoué, avec des guitares plus affirmées et affûtées, même si le tout manque encore un peu de recherche. La seconde, c'est l'extrême inverse : "L'Eresiarca" est ponctuée d'intonations grotesques, d'une ligne de chant incroyablement laide, et accumule tous les clichés, en plus d'être faiblarde. Aux oubliettes !


Pas la peine de s'éterniser sur le cas d'Aeternal Seprium, qui nous offre donc un Against Oblivion's Shade qui serait partant pour les concours du plus mauvais chanteur de 2012. Quelques bonnes idées ici et là, mais surtout trop de faiblesses (la voix en premier lieu) qui pénalisent lourdement cette formation d'Italie, qui existe quand même depuis 1999, et avec autant de temps, on aurait pu s'attendre à bien plus de maturité, un point qui, décidément, manque totalement à l'appel. Recalé, donc, on attendra (peut-être) le prochain pour voir des améliorations. Si elles viennent. Et du chanteur, les doutes sont légitimes.


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