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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 13 avril 2012
Sa note : 17/20

LINE UP

-Joris Boghtdrincker
(chant)

-Mark Bockting (aka Splintervuyscht)
(chant)

-Reamon Bloem (aka Bomenbreker)
(guitare)

-Rowan Middelwijk (aka Roodbaert)
(basse)

-Joost Westdijk (aka Vellenknotscher)
(batterie)

TRACKLIST

1) Een Nieuw Begin
2) Als Ons de Ttoekomst Lonkt
3) Het Verbond Met Rome
4) Wapenbroeders
5) In Het Woud Gezworen
6) Veleda

7) Als de Dood Weer Naar Ons Lacht
8) Einde der Zege
9) Vrijgevochten

DISCOGRAPHIE

Batavi (2012)

Heidevolk - Batavi
(2012) - folk - Label : Napalm Records



Heidevolk est un groupe de pagan hollandais relativement jeune puisqu’il a commencé ses activités seulement en 2002. Pour autant, le groupe peut se vanter de ne pas être un fade produit de la vague pagan qui a sévi sur le metal dans les années 2000, Heidevolk jouissant d’une personnalité intéressante un brin teinté d’une identité nordique, certes usée jusqu’à l’os, mais qui on le verra, récupère un peu de sa fraicheur à travers la musique très personnelle de ces Bataves.

Comme la plupart des groupes de ce genre, Heidevolk s’était jusqu’à présent contenté de thèmes pagan et folk basiques et populaires, autant visuellement que musicalement (les cornes dans le logo, les vikings et la forêt), conservant cependant dès leur début l’originalité non négligeable de chanter en néerlandais, leur langue maternelle. Ce dernier album marque cependant un virage sensible et intéressant dans leur discographie, puisque Batavi, comme son nom l’indique, concentre l’attention sur les antiques Bataves, peuples germaniques répartis dans l’europe continentale du nord, du nord de l’Allemagne à l’actuelle Belgique. Les Bataves sont donc un peu aux Hollandais et aux Belges ce que les Vikings sont aux Norvégiens et aux Suédois, les drakkars en moins. Cette attention portée à leur racines n’en ressort dans la musique que de la plus belle des façons, puisque on assiste ainsi là au plus pur et au plus authentiques des pagans, Heidevolk ayant réussi à donner quelque chose d’antique et de particulièrement réel à la musique de Batavi.
Parlons-en de la musique. Batavi a donc une musicalité relativement peu commune dans le vaste monde du pagan metal, puisqu’ils utilisent relativement différemment les outils que la plupart des groupes ont potentiellement à leur disposition. Première chose, peu d’accordéon ou de violon, Heidevolk privilégiant une musicalité plus brute, plus ancestrale également, mais toujours à grand renfort de guitare. La grande force du groupe sera donc la voix, ou plutôt les voix, notamment grâce à un usage massif de la polyphonie, qui donnera un côté majestueux et impressionnant, pour une musicalité qui donne l’impression d’avoir traversé les âges pour parvenir jusqu'à nous. Les exemples les plus frappants seraient peut-être "Wapenbroeders", que ce soit dans son intro marquée de chœurs ou dans le couplet, lent et solennel, ou encore "In Het Woud Gezworen", dont le refrain est beau à pleurer. On est loin de mixtures de death et de celtique ou autres compositions étranges ne correspondant pas forcément à la musique traditionnelle de base. Ici, même les passages que nous pourrons appeler « extrêmes » (la fin de "Het Verbond Met Rome" entre autres) semblent totalement ancrés dans cette sorte d’ambiance figée dans le passé, comme à travers la contemplation d’un tableau triste et épique.
Ce côté ancestral donne donc un aspect éternel à la musique d’Heidevolk, et il nous semble connaître les chants que nous découvrons sur cet album. Des images furtives de cérémonies païennes ou de guerriers nordiques et celtes vous traverseront peut-être l’esprit, tant la musique de ce groupe est imagée et inspiratrice. Les voix graves, bien que chantant en hollandais, semblent raconter d’anciens mythes hantant les peuples depuis des millénaires, et ces voix vous hanteront également. Heidevolk ne joue pas du metal épique, cela va au-delà de cela. Et il s’agit peut-être d’un des groupes qui méritent et même définissent le mieux l’appellation pagan metal, tant ils ont réussi à créer une musique qui incarne l’histoire de leurs ancêtres. On en oublie de toute façon qu’il y a une appellation derrière, ou même qu’il s’agisse de metal ou non. On a juste le sentiment de se retrouver là-bas, avec eux, empli d’une force intérieure grandissante. Au final, Batavi donne envie de vivre une vie épique, malheureusement pas dans le monde dont nous disposons.

Heidevolk prouve encore une fois sa capacité à se démarquer de la masse que constitue désormais la scène pagan, qui a pullulé ses dernières années sans forcément apporter quelque chose à la recette de base. Car avec Heidevolk, exit les casques et les cornes en plastiques. Batavi est troublant de réalisme, empreint d’éternel et dépasse les frontières du metal à travers des ambiances qui vous emmèneront ailleurs. Très loin.


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