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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 02 avril 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-Mem Von Stein 
(chant) 

-Ray Mensch 
(guitare) 

-H.K. 
(guitare) 

-T. Schiavo 
(basse) 

-Matthias Kassner 
(batterie) 

TRACKLIST

1) Fire & Damnation
2) Vermin Of The Sky
3) The Weakest Limb
4) New Morality
5) Waking The Fire
6) Fallen Saint
7) Crushing Point
8) Devil Chaser
9) I Dare You
10) Tribal Furies
11) Destructive Solutions (live)
12) A Mortal In Black (live)
13) Xiron Darkstar (live)

DISCOGRAPHIE


Exumer - Fire And Damnation
(2012) - thrash metal - Label : Metal Blade Records



En général, quand on dit thrash allemand, on pense tout de suite au brelan d'as Kreator, Sodom et Destruction. Certains partent plutôt sur Tankard mais en général, ce sont ceux qui ne tremblent pas à l'idée d'associer cinéma d'auteur et Steven Seagal. Mais derrière ces têtes d'affiche se cachent d'autres groupes qui n'ont pas eu la même réussite et qui ont vite lâché l'affaire malgré des qualités évidentes, comme Paradox ou Assassin. Exumer fait partie de cette seconde catégorie et, comme ses camarades de jeu, a lui aussi décidé de tenter un come back.

C'est peut-être un peu idiot, mais j'ai toujours estimé que le moteur du thrash, c'était cette rage un peu juvénile qui finit forcément par s'estomper avec l'âge. Voilà pourquoi je suis toujours étonné de voir des quadras remettre le couvert après 20 ou 25 ans de silence, comme pour renouer avec un passé qu’ils ne rattraperont de toute façon jamais. Enfin bon, visiblement, je me trompe, parce que dans le genre énervé, ce nouvel album d’Exumer se pose là… Sur ce point, Fire & Damnation n’a rien à envier à ses deux aînés. Dans un sens, c’est plutôt logique, car s’il y a bien une chose qui n’a pas changé, c’est l’amour immodéré que porte Exumer aux premiers Slayer. L’ironie du sort, c’est que si on compare à cet album à Christ Illusion ou World Painted Blood, on peut en conclure qu’Exumer a davantage réussi à revenir aux sources de Slayer que Slayer lui-même ! Des titres courts et frontaux, des riffs tranchants comme des lames de rasoir, des tempos supersoniques, des solos bordéliques en pagaille et même de temps en temps des petits coups de cymbales à la Dave Lombardo : la panoplie est complète. En fin de compte, seul le chant n'a pas grand-chose à voir, mais on soulignera que Mem Von Stein se montre bien plus convaincant que sur Possessed By Fire, où il apparaissait un peu léger dans cet exercice.
Et mine de rien, le résultat est foutrement convaincant. Déjà, parce qu’Exumer peut s’appuyer sur une production de tout premier ordre signée Waldemar Sorychta, qui sait s’y prendre pour faire sonner un skeud de thrash. Mais surtout, parce que les Allemands n‘ont pas oublié de faire le plein de munitions avant de signer le retour : "Fire & Damnation", "Vermin Of The Sky", "New Morality", "Waking The Fire" et j'en passe… Si avec ça vous ne choppez pas une irrépressible envie de pousser le volume à fond et de headbanger comme un taré, je ne sais pas ce qu'il vous faut ! Place ensuite à une drôle d'initiative, et je ne fais pas référence à ces trois titres live casés à la fin de l'édition limitée pour éviter de sortir un album de moins de 35 minutes : je veux parler plutôt du double réenregistrement "Fallen Saint" / "I Dare You". La nouveauté, qui donne tout son sel à cette démarche ? Von Stein, qui chantait uniquement sur le premier album, s'attaque à un extrait du second et inversement pour Paul Arakari. Le résultat s'apparente à un simple lifting pour "I Dare You", mais pour "Fallen Saint", c'est une véritable métamorphose : plus rapide, plus puissante, la version Arakari lorgne vers un hardcore / thrash méchant à la Sworn Enemy. Derrière un tel déchaînement de fureur, l'inoffensive "Crushing Point" fait un peu de la peine…


Je vous avoue que je n’aurais pas parié grand chose là-dessus, mais ce nouvel album d’Exumer vaut carrément le déplacement. De l’originalité ? Allons, faut pas déconner, on parle d’un groupe allemand qui joue du thrash, difficile de faire plus conservateur ; mais de l’adrénaline, bon Dieu, ça oui, et pas qu’un peu ! Peut-être pas très copieux cet album, mais il s'avale d'une traite, tel un bon shot de Jägermeister, avec le même goût de reviens-y. C’est bien simple, si vous aimez le thrash avec 0% de subtilité (le meilleur donc), vous pouvez y aller les yeux fermés.


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