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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 16 mars 2012
Sa note : 17/20

LINE UP

-Vlasis Ziouvas
(chant)

-Vangelis Labrakis
(guitare)

-Stamos Koliousis
(guitare)

-Kostas Alatas
(basse)

-Bertrand Rothen
(batterie)

TRACKLIST

1) Phosphorus
2) CCC
3)
Elders
4) Hounds
5)
Beheading
6)
Pyrophoric
7)
Invocation
8) The Dead

DISCOGRAPHIE


Mencea - Pyrophoric
(2012) - death metal Death "à ambiance" - Label : Indie Recordings



Il n’y a pas forcément besoin d’utiliser tout un orchestre ou des samples du tonnerre pour créer une ambiance. Le début de "The Lotus Eater" d’Opeth en est un bon exemple : un simple fredonnement peut être plus évocateur que des douzaines d’instruments. Sur Pyrophoric, les Grecs de Mencea l’ont parfaitement compris. Leur death-metal direct, un tantinet indus par moment, est coloré par des sonorités diffuses et simples, qui donnent à l’œuvre une atmosphère atypique, étrange et bien prenante. Autour de nous, il y a les beautés tapageuses que tout le monde remarque, et puis il y a aussi les personnes dont le charme plus discret s’impose petit à petit. Si Pyrophoric était une femme, elle ferait partie de la seconde catégorie.

Il n’y a pourtant pas lieu d’hésiter pour coller une étiquette à l’album, Mencea produit du death-metal, sans aucun doute. Le chant est death du début à la fin et les instruments utilisés n’ont rien de bien exotique. La section rythmique, implacable sans être extrêmement rapide, est l’excellente charpente de tous les morceaux, et, si l’on cherche des comparaisons, on pense facilement à Gojira ou l’Opeth de Deliverance, pour ce qui est des groupes connu, et au défunt Orphanage, pour les références plus confidentielles. Là où le groupe se démarque de ses influences et propose quelque chose d’assez peu courant est dans l’utilisation de petites mélodies simples, dont le son parfois étouffé et légèrement dissonant, donne une impression d’éloignement et d’étrangeté. Comme si de classiques morceaux de death-metal étaient visités par un musicien venu d’ailleurs. L’effet n’est pas immédiat et il faut bien quelques écoutes pour commencer à vivre pleinement cette ambiance austère, mais quand même poétique.
Les points culminants de cet album sont peut.être "CCC" (la chanson la plus directement accessible et certainement une référence à un éminent membre des Eternels…), "Hounds" et "The Dead". Ce sont les morceaux où l’alchimie entre les rythmes appuyés, et ces sons entêtants et un tantinet malsains est la plus aboutie, la fin de "Hounds" étant un grand moment : la mélodie lancinante s’amplifie et prend une dimension grandiose. Il est de toute façon difficile de trouver une faille à l’album qui ne connaît aucune baisse de régime notoire. On en regretterait même la durée un peu réduite de l’opus. Tous les morceaux combinent ce côté rude d’un death assez technique et peu clinquant avec quelques notes éthérées qui éclairent d’une lumière inquiétante l’ensemble. Cette atmosphère pourra-t-elle être reproduite en live ? Pas forcément évident, les veinards qui verront Mencea sur scène pourront juger…


La musique que nous offre Mencea sur Pyrophoric est de celle qui se découvre petit à petit, et se savoure tranquillement. Il n’y a pas de refrains facilement mémorisables ou de riffs extraordinaires, les adeptes de mélodies faciles doivent passer leur chemin. Pyropohoric est un album austère, pas forcément engageant à premier abord. Les amateurs de musique ultra-brutale ne risquent pas non plus de verser des larmes de bonheur à l’écoute de l’opus. Non, cet album s’adresse aux death-métalleux qui, sans renier les fondements agressifs de leur musique, sont sensibles aux atmosphères et aux sonorités atypiques. A ceux qui aiment de creuser un peu sous la couche de brutalité sonore pour trouver quelques diamants. Ceux-ci ne devraient vraiment pas être déçus.



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