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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 mars 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Aggressor
(chant+guitare)

-Apollyon
(chant+basse+batterie)

-Blasphemer
(guitare)

TRACKLIST

1) Trenches
2) Fed To The Flames
3) Abbadon
4) The Grin From The Gallows
5) Withheld
6) Priest's Hellish Fiend
7) Deathwish
8) Out To Die

DISCOGRAPHIE

The Merciless (2004)
Out To Die (2012)

Aura Noir - Out To Die
(2012) - thrash metal Black thrash - Label : Indie Recordings



Est-ce que jouer de nos jours une musique en tout point semblable à celle que proposaient Possessed et Venom dans les années 80 est une ringardise ou une aberration ? Pas du tout, tous les groupes de métal actuel ne peuvent pas inclure dans leur compos des nappes de claviers omniprésentes, des chants clairs et/ou féminins et de la cornemuse ou du luth. Aussi, Aura Noir, le groupe dont le nom fait frémir les membres de l’Académie Française (aïe ce « e » qui manque…), est en tout à fait en droit de rendre par sa musique un hommage appuyé aux pionniers du death et du black metal. Si la question de la légitimité de la démarche ne se pose donc pas, en revanche, celle de la qualité de l’œuvre est, comme toujours, primordiale. Et c’est à ce niveau qu’il y a un petit problème…

Et pourtant… tout commence si bien ! Les deux premiers morceaux sont deux véritables odes à ce que Possessed a fait de mieux. Dans "Trenches" et "Fed to the Flames" tout y est : le son brut et cru, ces guitares menaçantes qui donnent l’impression que le morceau est un monstre rampant (le début de "Fed to the Flames" est à tomber par terre…). La voix est à l’unisson, hargneuse, possédée et sans aucune fioriture, on a l’impression que Jeff Becerra en personne est venu pousser la chansonnette. Bref, tout amateur de thrash direct (pas d’intros ni d’effets de style destinés à amuser la galerie) et bien noir est servi, et espère que le reste de l’album reste à ce niveau. Hélas. Le problème de ce style extrêmement fruste, c’est qu’il n’y a guère de place pour des morceaux moyens. Ou bien le morceau possède cette flamme si particulière et l’on exulte devant une telle débauche de sauvagerie et d’exhibition d’entrailles, ou bien elle ne la possède pas et là…
A partir du troisième morceau, l’intensité baisse de plusieurs nouveaux, comme si les musiciens avaient besoin de souffler. Le chant se fait moins précis, la progression dans les morceaux se fait un peu plus hésitante et on passe d’avoir la sensation d’écouter "The Exorcist" ou "Beyond The Gates" à celle d’écouter des morceaux plus banals, voire des chansons de Venom, et pas forcément "Black Metal" ou "Countess Bathory". Certains passages ont même un petit côté sautillant, pour ne pas dire rock’n’roll ("Abbadon"ou "Withheld") qui nuisent au propos tout en noirceur de l’album, et donne à l’œuvre un petit goût rance dont on se serait bien passé. Certes, l’incantatoire "Priest’s Hellish Fiend" essayent de raviver la flamme perdue, mais l’intensité est moindre qu’au début de l’album, et la même chose se produit avec "Out To Die" qui, après un début intéressant nous laisse un peu sur notre faim.

En conclusion, on pourrait presque dire que sur huit morceaux, six sont de trop. Six chansons bien pâles en comparaison de l’excellence des deux compositions initiales qui devraient tout de même combler tout fan de Possessed qui se respecte, pour leur caractère authentiquement bestial et délicieusement obsolète. On pourra toujours dire, non sans raison, que deux c’est mieux que rien, et qu’il y a des albums (et pas qu’un peu…) qui ne proposent aucun morceaux de la trempe des deux premiers. Toujours est-il que le reste de l’opus semble réservé aux nostalgiques de Cronos, Mantas et Abaddon et aux pourfendeurs de blast-beats, échaudés par les rythmes insoutenables de Fleshgod Apocalypse et consorts, qui sauront peut-être apprécier ces tempos « rapides » tels qu’on les concevait jadis…  


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