5100

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 06 mars 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Meyhna'ch
(chant)

-Six
(guitare)

-James Prick
(basse)

-PLCD
(batterie)

TRACKLIST

1) Aut Caesar, Aut Nihil
2) Conference Catastrophe
3) Exquiris
4) Dead Whore Fragrance
5) The Average, The Ordinary
6) Phoenix 999 et des poussières
7) Faded
8) 2///18///
9) To Dead Ends, With Holes in your Pockets
10) Low Spread

DISCOGRAPHIE


Sektemtum - Aut Caesar, Aut Nihil
(2012) - black metal - Label : Osmose



Sektemtum c'est un peu le Arcturus à la française ou les Ov Hell de Montpellier. Voilà 2 directions diamétralement opposées pourtant, et il va bien falloir en choisir une car les groupes ubiquitants, ce n'est pas possible. Evidemment, chacun a sa petite préférence, et votre chroniqueur que voilà aurait plutôt envie de voir l'inventivité et la classe intersidérale d'Arcturus que le conformisme vieillard de Ov Hell. Mais ne nous trompons pas, il s'agit de la France et pas de la Norvège, notre beau pays n'est pas un terreau de black metal aussi fertile, donc nous pouvons probablement nous attendre à la 3e voie.

Effectivement, quand on ouvre sur Aut Caesar, Aut Nihil, on entend la différence. Tube par excellence, plutôt syncopant et très porté sur la rythmique, il donne envie de taper du pied et de banguer la tête à gauche à droite. Et de haut en bas aussi. Surprise, d'autant que le titre est accompagné d'un clip montrant de jeunes donzelles aguichantes en pleine décadence. Et mince ... groupe à groupie ? Ce serait décevant de la part de membres (ou ex-membres) d'Arkhon Infaustus, Mütilation et Hell Militia. On attend plus et autrement plus intègre de la part de telles personnalités de la scène black metal française. Et ... effectivement ! Sektemtum ne leurre pas et ne se fourvoie pas. Le groupe sait envoyer des blasts sur fond de riffs typiquement black metal le tout porté par une production puissante, claire et froide. On a droit a de bons titres typiques du genre, pourtant enrobés d'un habit moderne. Car ce Aut Caesar, Aut Nihil sonne indubitablement moderne. Au-delà d'un son d'une résolution numérique palpable et malgré tout organique, ce sont des compositions contemporaines qui font appel à quelques mélodies (un peu), des montées en puissance implacables ("Faded"), des tourbillons de guitare et des interventions sorties de nul part ("2///18///" très Forgotten Tombisante). Grâce à tout ceci on sent dans Sektemtum une volonté d'en découdre couplée à une volonté de déballer ses tripes.
Car voilà une autre conclusion hâtive aisée à faire, les sudistes font preuve d'une certaine intégrité dans leur art en ne se laissant pas aller à la facilité et en donnant clairement l'impression d'avoir livré le bout de leurs idées sans réel compromis pour parler à un plus grand nombre. Même en agissant de la sorte, il reste une musique qui justement peut plaire à plus de personnes que les simples adorateurs de black metal car elle porte en elle les germes de la modernité et de la diversité. Difficile à croire les déclarations du groupe qui dit que tout l'album a été composé et enregistré en un laps de temps écourté quand on fait face à des chansons qui semblent parfaitement construites, pensées et abouties. Cette sensation est renforcée par le jeu des membres du groupe (assez mystérieux au demeurant) propre, carré et tout en maîtrise des différents rythmes qui s'enchaînent sur la galette ou au sein d'une même chanson. En effet, le mid tempo bien que maître sait s'effacer (régulièrement heureusement) pour la violence crue. Des influences ? Pas vraiment qui sautent à la gueule, et c'est peut-être là la marque la plus évidente de la personnalité affirmée du groupe. On pourrait vouloir les rapprocher un peu du Beherit moderne. Et au final, on obtient un album sans vrai défaut apparent qui malgré tout possède ses temps morts (la longuette "The Average; The Ordinary").


Une belle surprise, voilà ce qui résume ce Aut Caesar, Aut Nihil d'une troupe de français dont on ne savait trop quoi penser. Des membres mystérieux mais pourtant sommités de la scène black hexagonale qui se réunissent pour faire un album de black metal moderne et facile d'accès, voici ce qui résume le mieux ce premier album qui en appelle d'autres. Des pistes d'améliorations ? Encore plus de folie black metal, toujours autant de modernité et ne pas hésiter à aller encore plus loin dans les expérimentations pour se débarrasser des passages un peu inutilement longs. Mais la base de travail est déjà excellente.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1