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CHRONIQUE PAR ...

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Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 04 mars 2012
Sa note : 9/20

LINE UP

-Micky Satiar
(chant)

-Smeth
(guitare)

-Milton "Stewy" Gunns
(guitare)

-Amadeus
(basse)

-Benj (aka The Minge)
(batterie)

TRACKLIST

1) Damned Religion
2) Change Yesterday
3) Last Rites
4) Our City Sleeps
5) Anthem to My Life
6) Turn to Dust
7) Sirens
8) Tomorrow
9) Glitter Just Like Gold
10) Crystallized

DISCOGRAPHIE


Dear Superstar - Damned Religion
(2011) - metalcore - Label : Blast Records



Dear Superstar est un très jeune groupe qui a pourtant tourné avec d’énormes noms de la scène Métal, d'Aerosmith à Duff McKagan en passant par Buckcherry. Il doit bien y avoir une raison, me direz-vous. Hé bien non. Tout comme Avenged Sevenfold qui tourne en première partie de Iron Maiden, Black Rain avec Alice Cooper ou Patrick Sébastien avec Marduk, cela n’a aucun sens. Dear Superstar sort cette année son troisième album, Damned Religion, et voyons tout de suite en quoi ils n’auraient jamais dû tourner avec Aerosmith.

L’album commence tout de suite et le contenu est vif, le rythme est soutenu et sans temps mort, les guitares saturées au possible et le son engloutit totalement l’auditeur. L’énergie de la rythmique et du chant couplés à la saturation des guitares participe à l’aspect frais et facile à écouter de ce que l’on appelle désormais le « modern metal », pour ne pas dire metalcore, un style dans lequel on a tendance à classer pas mal de nouveaux groupes entre le neo metal, le hardcore et l’emo sans trop savoir si l’appellation correspond bien. Il sera toutefois difficile pour un metalleux d’y voir là un quelconque rapport avec le metal. Le côté jeune rebelz a d’ailleurs rapidement tendance à agacer ceux qui ont passé l’âge, comme l’intro et la rythmique générale de "Turn to Dust", la voix du chanteur, si caractéristique de ce style, le côté garage rock qui sonne complètement fake au début de "Sirens", et en règle générale les thèmes des chansons, qui au mieux feront OST japonaise, au pire The Offspring, mais avec des guitares (ou l’inverse selon votre préférence).
 Les refrains de Dear Superstar rappelleront étrangement le « punk rock pour jeunes » ("Damned Religion", "Last Rites"), comme si des groupes comme MXPX ou Thrice aurait évolué en groupe de metal tout en gardant leur style. Absurde ? Peut-être. Ce qui est certain, c’est que Dear Superstar couvre enfin un segment musical laissé désert depuis trop longtemps et qui manquait de toute évidence cruellement à l’univers metal : le punk rock metal (j’espère que je ne vais pas avoir besoin de sortir mon panneau « sarcasme » pour celle-là.) Le tout manque donc naturellement d’une grosse dose de maturité musicale dans l’ensemble, et l’on atteindra probablement l’apogée de cette musicalité teenage dans la ballade "Tomorrow", évidente d’un bout à l’autre, attendue dans ses moindres détails et pas surprenante pour un sou, une chanson qu’on aura juste l’impression d’avoir écouté des dizaines de fois.
Pour revenir un instant sur les thèmes auparavant cités, vous cernerez vous-même assez rapidement le côté pré-pubère de l’ambiance des chansons de Dear Superstar. Nous aurons donc droit à beaucoup de révolte contre le monde entier, mais surtout contre Jésus et ses copains ("Damned Religion", "Turn to Dust" et ses paroles finement ciselés, ou le chanteur nous informe qu’il ne priera pas même s’il y a une invasion de zombie), contre le fait que c’est pas cool la vie et que du coup il faut déprimer, comme dans la troisième chanson de l’album "Last Rites" : « ton cri n’est qu’un murmure », « ceci est à propos de toi, ceci est à propos de ta mort ». Apparemment le suicide (mais plus principalement les petites scarifications bien voyantes sur les bras) a encore de beaux jours devant lui grâce à tous ces jeunes gens à mèche. On aura également droit aux si peu conventionnels cris contre la société passive, qui feront, sans aucun doute, changer les choses. Le pire, c’est de se dire que de tels thèmes passeraient très bien dans un autre style et écrit autrement.


Dear Superstar est un groupe qui peut évidemment trouver son public, notamment dans le segment de population des rebelles de 11 à 15 ans qui font la transition entre Green Day et Cradle of Filth. Il suffit de voir à quel point les groupes de metalcore se reproduisent à une vitesse record pour ne pas s’inquiéter quand à l’avenir de ces jeunes anglais. Il n’est cependant pas certain que ce groupe remplisse des salles de fans de Dio ou d’Iron Maiden.


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