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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Skull
(chant)

-Alex
(guitare)

-Olivier
(guitare)

-Ben
(basse)

-Flo
(batterie)

TRACKLIST

1)Mer:dei Ktusi L'mut
2)Killed In Kaptivity
3)Stain Remover
4)Bodies Thrash
5)KYN
6)Ultimate Suffering State
7)The Black Emperor Viktory
8)Tribes Ok Khenda
9)Designed To Be Blind
10)Inkutaneus Pakt
11)Apokalust
12)Zhong-ma Unit

DISCOGRAPHIE

Barbarism (2007)

Fatal - Barbarism
(2007) - brutal death - Label : Rupture



Auteurs de 4 mini-CD entre 1997 et 2003 - date de sortie d’Eskhaton leur premier full length -, le combo havrais Fatal réalise ici son deuxième album. Vu l’ancienneté du groupe, il apparaît assez normal de ressentir la veine old school de leur musique. Barbarism ne fait pas de concession à la scène death actuelle et assène des compositions brutales et techniques, mêlées parfois de thrash, et réalise la performance de revenir aux sources sans copier le passé en plaçant précisément des plans instrumentaux et des mélodies incisives. Du bon vieux gros death metal qui tape intelligemment là où cela manquait.

La première écoute de Barbarism n’est pas aisée, en ce sens que les compositions, bien que directes, n’en restent pas moins touffues. Cette impression vient probablement d’un son très puissant (mention spéciale à la production claire, lourde et équilibrée) et d’une technicité musicale avérée. Ce n’est que par l’enchaînement des écoutes que l’opus se dévoile plus, laissant apparaître plus distinctement de forts bons soli et des mélodies brutes, mais aussi une mise en place des titres judicieuse : l’album est plutôt bien articulé, avec un premier tiers intéressant et progressif – pas au sens musical, soyons clairs - un milieu plus direct et brutal et un dernier tiers ultra intéressant et plus accessible (lire plus « mélodico-brutal » à partir de l’instrumental "Tribes Of Khenda"). Ecouter "Apokalust" suffit à s’en convaincre facilement, ce titre étant une vraie réussite, dans la même veine que le "Stain Remover" du début.

Peut-être le terme «mélodico-brutal» mérite-t-il un développement. Souvent, le death metal actuel associé au mot « mélodique » renvoie à la scène Gothenburg ou metalcore, de même que le mot « brutal » renvoie à des groupes n’intégrant pas le mot mélodie dans leur vocabulaire, groupes pour qui le blast beat et la rapidité sont une religion. Pour Fatal, les deux mots ont une signification imbriquée, en ce sens qu’ils arrivent parfaitement à allier les deux. Les gimmicks de la brutalité se traduisent, outre par la puissance, les blasts beats et la rapidité technique des guitares, par la voix, sorte de growl très agressif à la limite du grunt – fort bien maîtrisé par ailleurs -, qui s’autorise une incursion vers le timbre black le temps de "Stain Remover". Le tout bercé par un son old school parfois thrash (intro de "Ultimate Suffering State" par exemple) suffit à mettre très vite en évidence l’obédience brutale du combo.

Mais là où Fatal se distingue, c’est dans la manière de composer, d’amener et d’insérer la mélodie dans cette agressivité exacerbée. Les portions mélodiques sont intégrées sur fond de blasts, entrecoupent des soli rapides sur le début du CD, et finissent par « devenir » des titres entiers après le doomesque "Tribes Of Khenda". Il est rare, à ma faible connaissance du milieu du brutal death, de savoir gérer les passages catchy au milieu des blasts sans que cela vienne comme du sirop de fraise dans un grand cru de Puligny-Montrachet. C’est là aussi une grande part de la réussite de cet album, et un gage de promesses indéniables pour l’avenir si le prochain album sait se débarrasser des parties dispensables de son sein (style la phrase : « C’est bizarre, j’ai les mains qui sentent la viande » au début de "Zhong-Ma Unit", qui cède à l’imagerie… folklorique ?).


Tant les plans brutaux que les diverses incursions vers la mélodie sont vraiment de qualité, et montrent de surcroît une réelle capacité de composition intègre : la brutalité n’est pas laissée de côté pendant la déclinaison des mélodies. L’opus n’en ressort que plus compact et puissant, d’autant que la production est efficace. Je ne saurais que trop vous engager à vous faire une opinion par vous-même, en espérant que les plus brutaux d’entre vous ne restent pas sur leur faim, et qu’à contrario les plus calmes ne passeront pas leur chemin apeurés. En plus, c’est français, alors…


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